Les communautés Ecclesia Dei, un sas qui fonctionne dans les deux sens

sas newUn sas.
Cela sert à passer d’un milieu à un autre quand on ne veut pas mélanger les deux milieux. Par exemple, pour entrer ou sortir d’un sous-marin sans faire pénétrer l’eau dans le sous-marin, ou pour passer d’une zone contaminée à une zone saine sans contaminer la zone saine.
Comme je viens de le dire, cela sert à sortir ou à entrer. Cela dépend du sens dans lequel on l’utilise… et du point de vue où l’on se place.
En soi, un sas n’est pas un lieu de vie, mais un lieu de passage. Si l’on y vit, ce n’est que temporairement. La vie, la vraie, se déroule en dehors du sas. On ne reste pas enfermé dans un sas : sinon on y meurt, peut-être pas tout de suite, mais à la longue.
Cette description me semble bien s’appliquer aux divers regroupements de catholiques qui se réclament du motu proprio « Ecclesia Dei afflicta ». Le sas dont il s’agit est un sas entre deux milieux incompatibles : le milieu de la foi catholique et le milieu des erreurs modernes, le milieu de ceux qui se battent pour la défense de la foi et celui de ceux qui acceptent les erreurs.
Initialement, ce sas a été mis en place pour être un sas de sortie : la sortie du combat de la Foi. Il s’agissait de vider le mouvement traditionnel de ses troupes avec un épouvantail et une carotte. L’épouvantail du schisme et de l’excommunication et la carotte de la Tradition protégée par Rome. Seulement voilà : s’ils pouvaient garder la Tradition, les ‘catholiques affligés’ n’avaient pas le droit de se battre, de combattre les erreurs. Ils devaient, soit réintégrer les rangs officiels, soit cesser le combat en restant dans ce sas qui devint bientôt une sorte de ghetto, une réserve pour les indiens de la Tradition.
Comme nous l’avons vu, un sas n’est pas un lieu de vie. Même si le sas a été aménagé pour prolonger l’attente de ceux qui s’y sont enfermés, il n’est, de par sa nature, qu’un lieu de passage. En ce sens, le sas Ecclesia Dei est une impasse. Aussi, l’attente dans ce sas a, on le conçoit, quelque chose de désespérant. Il reste alors un moyen pour se consoler : faire nombre, se dire que ce lieu est un bon endroit de vie puisque beaucoup de monde s’y retrouve. Il n’y a qu’à voir l’ardeur de ceux qui cherchent à constituer partout des ‘groupes stables’ pour le motu proprio de Benoît XVI, en oubliant que les groupes vraiment stables existent depuis longtemps et vivent de leur belle vie en menant le bon combat de la Foi.
Mais l’accroissement numérique ne reste que quantitatif. Il ne peut pas changer l’inactivité en combat. Le sas reste un sas, et il faut tôt ou tard en sortir, d’un côté ou de l’autre. « Nul ne peut servir deux maîtres » : c’était l’évangile de dimanche dernier.
Et là, les choses deviennent intéressantes ! Car, pour faire nombre, les « catholiques affligés » avaient du recruter . y compris chez les modernes. Et parmi ces derniers, nombreux sont ceux qui sont entrés dans le sas et ont pris goût à la Tradition. Et comme ils comprenaient bien qu’on ne vit pas indéfiniment dans un sas, certains ont fini par rejoindre les rangs du bon combat de la Foi. On peut imaginer le dépit de ceux qui avaient conçu le sas pour vider la Tradition : voilà que ce sas fonctionnait dans les deux sens !
Est-ce là l’explication de ce qu’on a appelé « l’ultimatum » ? Il s’agissait de nous interdire de combattre les erreurs quand elles étaient proposées par le pape. Etait-ce un rappel que le combat des erreurs était prohibé par le Vatican ? Une tentative pour mettre un sens unique à l’entrée du sas ? Je n’en sais rien : je ne connais pas le secret des cœurs.
Ce qui est sûr, c’est que nos « catholiques affligés » sont vraiment dans une triste situation. Ils pensaient pénétrer l’Eglise de l’intérieur pour la ramener à sa Tradition et voici que les portes du sas commencent à se refermer.
Jadis, du temps de leurs combats pour la Tradition, ils étaient au cœur de l’Eglise et accumulaient victoires et mérites. Maintenant, ils se retrouvent en marge de l’Eglise officielle, considérés avec méfiance par ceux là même avec qui ils sont censés travailler. et tout cela, sans avoir rien gagné quant à leur place dans l’Eglise. Au contraire : ils ont perdu leur place d’honneur, au cœur du combat de la Foi et de la Tradition.
Parmi ces catholiques affligés, certains ont trahi en abandonnant consciemment le bon combat : nous les confions à la miséricorde de Dieu ; d’autres ont abandonné le combat par aveuglement : nous prions Dieu de les éclairer ; d’autres enfin se sont faits piégés et – peut-être – n’osent pas faire marche arrière : nous prions Dieu de leur donner le courage de faire amende honorable et de reprendre le bon combat.
Abbé Jean-Baptiste Frament – FSSPX (2008) – Source
Publié dans Autres abbés, Vatican II

De l’importance du devoir conjugal

russia10124 Le conjoint qui, sans raison valable, refuserait à l’autre l’acte conjugal commettrait-il une faute grave ?
Oui, celui qui, sans raison valable, refuse l’acte conjugal à son conjoint qui le sollicité sérieusement, commet un péché grave contre la justice, auquel s’ajoute souvent un péché grave contre la charité.
Péché grave contre la justice, puisque ce refus va contre l’essentiel du mariage.
L’Apôtre saint-Paul est formel sur ce point : « Qu’à l’égard de sa femme le mari remplisse son devoir, et que la femme agisse de même envers son mari. La femme ne peut disposer de son propre corps : il appartient à son mari. De même, le mari ne peut disposer de son propre corps : il appartient à sa femme. Ne vous soustrayez pas l’un à l’autre. » (1 Co 6-20)
Péché grave contre la charité. En effet, la meilleure preuve d’amour, la principale charité consiste pour chaque époux à faire tout ce qu’il peut pour éviter que l’autre ne tombe dans quelque péché. Or, très souvent, celui qui se refuse met l’autre en danger prochain de péché solitaire ou d’adultère, et c’est déjà un péché grave contre la charité que d’exposer quelqu’un sans raison adéquate, au risque d’une faute mortelle.
De plus, si le conjoint, frustré de son droit, tombe dans l’impureté, il conserve, bien sûr, toute sa responsabilité, mais l’autre, qui a commis l’injustice de se refuser est, lui aussi, responsable de cette faute dont il aura à rendre compte et qu’il devra confesser.
Donc, péché grave contre la justice, péché grave contre la charité et grave responsabilité dans le péché impur commis par le conjoint lésé, voilà de quoi se rend coupable celui qui, sans raison valable, refuse à son conjoint l’acte conjugal.
Femme catho123 Dans quel cas un conjoint peut-il se refuser à l’autre pour l’acte conjugal ?
En plus des cas prévus par la Question 122 (onanisme), où l’acte conjugal doit être refusé, il y en a d’autres où, sans être obligatoire, le refus est simplement permis.
Ainsi :
  1. Chaque fois que l’un ou l’autre a l’excuse d’un motif de santé sérieux, il peut se refuser à cet acte sans pécher.
  2. L’épouse peut également se refuser sans pécher :
    a) chaque fois que le mari, paresseux ou égoïste, ne prend pas raisonnablement sa part des charges de famille ;
    b) pendant ses règles ;
    c) vers la fin de sa grossesse, si elle craint pour l’enfant qu’elle porte ;
    d) durant les deux ou trois semaines que suivent les couches.
  3. L’un des époux peut sans pécher se refuser à l’autre qui s’est rendu coupable du péché d’adultère. Mais dès que l’innocent a pardonné sa faute au coupable, il ne peut plus lui refuser l’acte conjugal.
Enfin, on peut aussi, sans pécher, refuser l’acte conjugal si la demande est répétée trop souvent en un laps de temps assez restreint ; ou si l’autre, par ivresse ou autrement, a perdu l’usage de la raison.
Remarque importante :
L’acte conjugal est appelé par saint-Paul, devoir. Devoir si grand, écrit saint François de Sales, que l’apôtre ne veut pas qu’un des époux s’en puisse exempter sans le libre et plein consentement de l’autre, non pas même pour les exercices de la dévotion.
Refuser les relations sous prétexte de dévotion prouverait, au moins, qu’on a une fausse idée de cet acte qui, voulu par Dieu, est saint. Deux êtres ne peuvent s’unir entre eux selon Dieu, disait Mgr Gay, sans s’unir davantage à Dieu.
Abbé Barbara – Catéchèse catholique du mariage (1963)
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La merveilleuse invention du « Halal test »

Dommage que le ridicule ne tue pas… Source
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Paul VI Bienheureux ?

1101630628_400Après la reconnaissance de « l’héroïcité des vertus » du pape Paul VI par Benoît XVI le 20 décembre 2012, le dimanche 19 octobre 2014 a eu lieu à Rome sa prétendue béatification par le pape régnant François accompagné du pape sortant Benoît XVI. Après les fausses canonisations des papes Jean XXIII et Jean-Paul II, nous avons une fausse béatification.
En effet le pape Paul VI ne peut pas être présenté comme un modèle pour les chrétiens. Pour être béatifié ou canonisé, un pape doit avoir exercé des vertus chrétiennes héroïques non seulement comme chrétien, mais comme pape. Or, loin d’avoir exercé des vertus exemplaires, le pape Paul VI est un de ceux qui ont le plus fait, avec les papes Jean XXIII et Jean-Paul II, pour l’auto-démolition de l’Église.
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Publié dans Autres abbés, Paul VI, Vatican II

Ebola, l’idéologie et le bon sens

pc-140906-ebola-liberia-mn-1050_f3a0febfd3e2fd689b919385c5d00a81Ayant grandi à Washington dans les années 1930-1940, notre maison était régulièrement placée sous quarantaine. Une affiche était clouée sur la porte indiquant la présence d’une maladie contagieuse : la rougeole, les oreillons, la varicelle, la scarlatine.
Aucun de nous ne croyait que nous étions victimes d’une sorte de discrimination injuste contre les familles nombreuses catholiques. Il allait de soi que les autorités de santé publique essayaient de contenir la propagation d’une maladie qui menaçait la vie des enfants. C’était alors le jeu de Monopoly.
La polio, ou paralysie infantile, était la plus terrifiante de ces maladies. Les deux premiers rassemblements nationaux de Boy Scouts, qui devaient se tenir à Washington en 1935 et 1936, furent annulés par proclamation présidentielle en raison d’une épidémie de polio dans la ville.
Franklin Roosevelt, qui avait apparemment contracté la polio en 1921 – le privant définitivement de l’usage de ses jambes, en mesurait le danger. Dans les années 1930, 1940 et au début des années 1950, il y eut plusieurs épidémies de polio à Washington D.C. Les piscines furent fermées.
La « Génération grandiose » possédait un bon sens qui manque cruellement aujourd’hui.
Nous lisons que 5 nouveaux cas d’Ebola se déclarent chaque heure au Libéria, en Guinée et au Sierra Leone, que des milliers de personnes sont déjà mortes, que des milliers d’autres sont sur le point de mourir, et que, avant décembre, il pourrait y avoir jusqu’à 10 000 nouveaux cas de cette terrible maladie mortelle chaque semaine.
Pourtant, les appels pour l’annulation des vols commerciaux en provenance des nations affectées vers les Etats-Unis sont décrits comme racistes, comme un abandon des responsabilités américaines envers l’Afrique, comme une menace pour les économies du continent le plus pauvre de la planète.
Comment devons-nous considérer cela ? Nous souffrions autrefois de paralysie infantile, nous souffrons à présent de paralysie idéologique. Et il n’y a semble-t-il aucun vaccin pour nous guérir de notre condition.
« Exposition A » est la justification embrouillée de certains membres du service public dans le cas de Amber Joy Vinson. L’infirmière Vinson était l’un des 75 professionnels de santé qui traitaient Thomas Eric Duncan, le Libérien qui a introduit Ebola aux Etats-Unis. A l’Hôpital Presbytérien de Santé du Texas où Duncan était soigné, Vinson était l’une de celles ayant les contacts les plus rapprochés avec le patient.
Deux jours après la mort de Duncan, Vinson fut autorisée à s’envoler pour Cleveland pour rendre visite à des proches. Elle s’apprêtait alors à retourner à Dallas. Mais avant d’embarquer, elle appela le Centre pour le Contrôle des Maladies (CCM) et indiqua souffrir d’un début de fièvre.
Feu vert lui fut tout de même donné pour revenir à Dallas, où elle fut admise à l’hôpital avec les symptômes de la maladie. Elle est la deuxième infirmière de cette hôpital à contracter le virus.
Selon le docteur John LaPook, correspondant médical de CBS, « l’infirmière Vinson appela en réalité le CCM plusieurs fois avant de prendre ce vol et affirma avoir une fièvre de 37,5 °C ; l’interlocuteur du CCM consulta un graphique et, parce que la température n’excédait pas 38 °C, considéra qu’elle ne rentrait pas officiellement dans la catégorie à haut risque. »
Le bon sens n’aurait-il pas du dicter à cet apparatchik du CCM d’empêcher Vinson de prendre ce vol ? de rester à Cleveland ? de garder le contact avec le CCM ? de signaler tout symptôme suspect permettant de s’assurer qu’elle n’avait pas contracté la maladie qui venait de tuer son patient ?
ebola2Lorsqu’on est confronté à des maladies contagieuses et mortelles, le bon sens nous invite à se ranger du côté de la sécurité. La protection du public doit s’imposer avant le politiquement correct. Les intérêts de la nation et du peuple américain sont prioritaires par rapport à ceux des peuples de l’Afrique de l’Ouest. N’est-ce pas en effet le premier devoir du Gouvernement des Etats-Unis de protéger les vies, la liberté et la propriété des citoyens des Etats-Unis ?
Il y a plusieurs décennies, les Américains voyageant en Afrique devaient être vaccinés pour éviter de contracter des maladies locales. Les voyageurs du Tiers Monde arrivant aux Etats-Unis étaient interrogés au sujet de maladies auxquelles ils auraient pu être exposés.
Désormais, nous avons un Gouvernement qui considère comme discriminatoire le fait de mettre des troupes aux frontières pour stopper les millions d’envahisseurs franchissant la frontière mexicaine, et comme la marque d’un peuple cruel et froid le fait de renvoyer des criminels dans leur pays d’origine.
Les deux infirmières qui ont contracté la maladie après un contact avec Duncan sont mises en quarantaine, tout comme l’équipage de la compagnie NBC, dont l’un des membres a lui aussi contracté le virus. Cela est justifié. De même, les aides-soignants américains travaillant en Afrique sont héroïques. Mais avant de rapatrier ces bons et braves compatriotes à la maison, nous devons nous assurer qu’ils ne ramèneront pas avec eux Ebola, ce virus qu’ils combattent là-bas.
Si cela signifie 3 semaines de quarantaine, qu’il en soit ainsi. Si cela implique l’annulation de tous les vols commerciaux en partance des 3 pays à risque vers les Etats-Unis, si cela implique l’interdiction d’entrée sur le territoire américain de tout voyageur dont le visa indique qu’il s’est rendu dans ces pays au cours des précédents jours, cela doit être fait.
Dans le cas contraire, le politiquement correct tuera beaucoup d’entre nous.
Pat Buchanan – 17/10/2014 – Source (traduction : BDC)
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Le « monde culturel » en guerre contre la France [vidéo]

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Pierre Teilhard de Chardin, le plus grand hérétique du XXè siècle

TeilhardLe relativisme moral et l’utilitarisme sont les philosophies dominantes de l’Occident moderne. La plupart de nos dilemmes politiques publics sont directement ou indirectement liés à l’acceptation généralisée de ces constructions post-Lumières. Une partie du blâme pour notre situation actuelle peut être jeté aux pieds du père Pierre Teilhard de Chardin, un prêtre jésuite qui a tenté d’imposer une « nouvelle religion » en combinant l’évolution darwinienne avec sa vision peu orthodoxe du théisme.
Comme Wolfgang Smith l’a écrit, Teilhard de Chardin eut pour but de démarrer une nouvelle religion. [1] Il l’a dit très clairement à plusieurs reprises. Dans une lettre à Léontine Zanta il écrit :
« Comme vous le savez déjà, ce qui domine mon intérêt et mes préoccupations est l’effort pour établir et répandre autour de moi une nouvelle religion (vous pouvez appeler cela un christianisme amélioré) dans laquelle le Dieu personnel cesse d’être le grand propriétaire néolithique d’autrefois, afin de devenir l’âme du monde ; notre scène culturelle et religieuse appelle à ce changement.» [2]
Dietrich von Hildebrand et Wolfgang Smith considèrent qu’une grande partie de l’hétérodoxie de Vatican 2 consiste en la circulation des conceptions scientifiques teilhardiennnes. [3] (en particulier en ce qui concerne l’évolution biologique) et par dérivation, des vues de Teilhard sur la religion.
Teilhard semble avoir rendu le transformisme [4] de l’évolution biologique acceptable pour certains théologiens catholiques qui souhaitaient embrasser ce qu’ils percevaient comme la science moderne de l’évolution. Traditionnellement, toute la notion avait été jugée hérétique, notamment ce qui concernait l’évolution biologique des êtres humains. Grâce à sa nouvelle religion, Teilhard a donné une patine de légitimité à l’ensemble du concept de l’évolution en théorisant l’existence du «point Oméga», qu’il finit par identifier avec Jésus-Christ.
Il semble que de nombreux théologiens catholiques furent dupés faute de différencier la réalité de la science biologique de la philosophie naturaliste qui prévaut (naturalisme métaphysique) qui à la suite des affirmations d’éminents biologistes, était pratiquement inséparables. [5] Cela les rendait « mûrs » pour le projet d’introduction de Teilhard de l’évolution dans le Christianisme.
La nouvelle religion de Teilhard était donc en grande partie dans l’esprit de certains des participants du Concile, certains explicitement et d’autres de manière plus implicite. On pourrait dire que cette doctrine était devenue à la mode. Malheureusement, aucune réfutation systématique de la théorie de Teilhard était disponible en 1962 avant le commencement de Vatican II. Le travail de Wolfgang Smith ne sera disponible qu’en 1988.
Dans un sens, quand le Pape Jean XXIII a appelé à un « aggiornamento » (une mise à jour, NdT), que ce soit reconnu à l’époque ou non, non seulement a-t-il ouvert les fenêtres de l’église catholique traditionnelle sur le monde, mais également pour tout ce que Teilhard avait promulgué de la nouvelle religion. C’est à ce dernier qu’incombent les effets désastreux post-Vatican 2 que les chrétiens déplorent. Malheureusement, l’hérésie de la Nouvelle Religion de Teilhard a été adoptée en partie ou en totalité par plusieurs générations de catholiques post-conciliaires étant donné que les notions erronées de Teilhard n’ont jamais été formellement désavouées. [6]
Le teilhardisme a effectivement sapé le principe de Création du catholicisme orthodoxe, la Chute et avec elle le concept de péché originel, la mort expiatoire de Christ sur la Croix et ainsi tout le principe du Salut / de rachat qui se fonde sur la crucifixion du Christ et sa résurrection corporelle littérale. On peut y voir l’effet du teilhardisme sur le principe de Création dans le Catéchisme de l’Église catholique de 1993 par exemple. Ce qui subsite après Teilhard ne comporte pratiquement aucune ressemblance avec le christianisme orthodoxe ; au mieux, il a créé une sorte de théisme panthéistique entrecoupé par des éléments hindouistes. [7]
Par ailleurs, il est surprenant que Teilhard n’ait jamais été défroqué étant données ses évidentes assertions hérétiques. L’idée selon laquelle il pourrait continuer à se présenter lui-même comme un prêtre catholique de l’ordre des Jésuites régulier est particulièrement déconcertante. La hiérarchie et les fidèles catholiques sont facilement égarés lorsque les membres de leur clergé restent en service malgré que leur hérésie ou apostasie soit avérée. Bien que le Vatican ait interdit à Teilhard d’enseigner la théologie et de diffuser ses opinions officiellement, il n’a jamais été contraint de les répudier comme hérésies.
Plaque_Teilhard_de_Chardin,_15_rue_Monsieur,_Paris_7Clairement ses écrits établissent que, à tout le moins, Teilhard fut l’hérétique sans doute le plus célèbre du 20e siècle. [8] Étant donné qu’il a essentiellement institué  une nouvelle religion, il était également un apostat de la foi. On se serait logiquement attendu à ce que Teilhard soit excommunié et défroqué pour ses seuls écrits n’ayant jamais paru prêts à se rétracter publiquement.
Il ne semble pas illégitime de se demander si en fonction de l’aveu même de Teilhard, ses vues ont été d’inspiration satanique :
«L’homme marchait dans le désert, suivi de son compagnon, quand la CHOSE fondit sur lui. Puis, soudain, un souffle d’air brûlant passa sur son front, franchi la barrière de ses paupières closes, et pénétra dans son âme. L’homme sentit qu’il cessa d’être simplement lui-même, un ravissement irrésistible s’empara de lui, comme si toute la sève de tous les êtres vivants, circulant à un seul et même moment, dans les limites trop étroites de son cœur, eut puissamment remodelé les fibres affaiblies de son être. Et dans le même temps l’angoisse de certains périls surhumain qui l’opprimaient, un sentiment confus que la force qui l’avait balayé était équivoque, trouble, l’essence combinée de tout mal et de toute bonté. Tu m’as appelé : me voici lassé des abstractions, des atténuations, de la verbosité de la vie sociale, vous vouliez vous opposer à  la Réalité entière et sauvage. Je vous attendais pour être sanctifiés. Et maintenant, je suis établi sur vous pour la vie ou pour la mort … Celui qui m’a vu une fois ne pourra jamais m’oublier: Il doit soit se damner avec moi ou me sauver avec lui-même. O vous qui êtes divin et puissant, quel est votre nom? Parlez. ». [9]
De l’avis de l’auteur, il ne fait aucun doute que le theilardisme soit d’origine satanique – une véritable « religion de l’homme ». Il est clair à partir des écrits de Wolfgang Smith en 1988 qu’il partageait cet avis mais a pris grand soin de l’exprimer de la manière la plus respectueuse et oblique possible.
Pourtant, en ces temps troublés, il apparaît qu’une certaine franchise devienne nécessaire fut elle presque grossière.
Une quantité importante de la confusion théologique d’aujourd’hui dans les milieux catholiques, y compris l’adoption généralisée du relativisme moral et l’utilitarisme dans l’Occident développé est sans doute due à l’enseignement de Teilhard de Chardin. [10]
À cet égard, il est heureux que Wolfgang Smith produise une réfutation systématique du teilhardisme sur des principes scientifiques ainsi que des motifs théologiques. [11] Il a démontré que la théorie de Teilhard repose sur de la science-fiction et n’a rien à voir avec la réalité ni ne reflète la compréhension scientifique du XXème et XXIème siècle. [12]
Les développements théologiques résultant de ces affirmations erronées sont tout aussi logiquement illégitimes. L’adage biblique que « vous les reconnaîtrez à leurs fruits » (Mt 7,16) est également applicable ici aussi. Seuls des « mauvais fruits » seront récoltés à partir de l’acceptation des idées de Teilhard, que ce soit d’un point de vue religieux ou strictement laïque.
Ainsi le teilhardisme se voit répudié face à l’histoire et le Christianisme traditionnel (orthodoxe) reste intact malgré les tentatives de l’homme pour le détruire. Les Chrétiens souhaitant se réclamer de l’orthodoxie devraient purger les enseignements de Teilhard de Chardin de leurs croyances. Cela est particulièrement vrai pour les catholiques romains. Teilhard était pour eux un loup dans la nuit, un cheval de Troie envoyé pour leur voler leur salut.
Source

NOTES :
[1] Wolfgang Smith. Teilhardism and the New Religion: A Thorough Analysis of the Teachings of Pierre Teilhard de Chardin. (Rockford, Ill., Tan Books and Publisher’s Inc., 1988), pp. 209-210. .
[2] Lettres à Léontine Zanta (Paris: Desclée de Brouwer, 1965), p. 127; cité par von Hildebrand-Trojan Horse in the City of God (Chicago: Franciscan Herald Press, 1967), p. 239.
[3] Qui était empétré dans les conceptions baconiennes de la science et acceptait entièrement le bifurcationnisme de Descartes
[4] On parle aussi de « Macro-évolution », dans lequel les grands plans d’organisation des animaux se seraient développés lentement et progressivement au cours d’ères totalement différentes, par exemple, les amphibiens et poissons, les oiseaux et les reptiles, etc…, dans la biologie évolutionniste c’est ce qu’on appelle « origine commune » avec modification. Il n’existe aucune preuve convaincante que cela s’est produit au-dessus du niveau du genre ou de l’espèce si froidement envisagé. Rappelons aussi que le Père Stanley Jaki a fait valoir que « origines » des questions par leur nature même, ne sont pas scientifique, mais philosophique au sens que la question de ce qu’on appelle macro-évolution est non-scientifique dès le départ depuis l’origine et le développement de la vie terrestre est scientifiquement irremplaçable.
[5] Ils ont également omis de suivre les implications théologiques de teilhardisme à leur conclusion logique(s).
[6] En outre, de nombreux documents conciliaires et post-conciliaires sont extrêmement difficiles à comprendre en ce sens qu’elles semblent représenter un amalgame disparate de vues-compromis. La clarté verbale qui était traditionnellement associée aux documents conciliaires dogmatiques manque clairement.
[7] Comme Wolfgang Smith l’a démontré, il n’existe aucune preuve de la science physique moderne que le « Point Oméga » existe dans la réalité. Il s’agit d’une fabrication complète. Teilhard n’a que faire de Dieu le Père ou le Saint-Esprit pour cette question.
[8] Toutes les conditions suivantes sont techniquement précises : Roman Imposter catholique, Extraordinaire Heretic, Subverter de la Foi.
[9] Pierre Teilhard de Chardin. Le coeur de la matière. (Traduction en anglais par William Collins Sons & Co. Ltd, et Harcourt Brace Jovanovich, Inc., 1978), pp 61 et 68, décrivant une « expérience mystique » personnelle en 1918 par lequel il avait récemment adopté. La « chose » que Teilhard placé en lettres capitales présente une ressemblance frappante avec quelque chose d’origine démoniaque bien qu’il l’appelle divin et puissant !
[10] Évidemment, beaucoup d’autres ont contribué notamment Jeremy Bentham, John Stuart Mill et leurs disciples.
[11] Teilhard a présenté à plusieurs reprises et de manière cohérente sa théorie scientifiquement vérifiable qui est manifestement absurde que Wolfgang Smith a bien décrit dans son livre.
[12] Teilhard suppose que Macroevolution (transformisme) est un fait établi sur la base du manque de preuves existant à l’époque. Alors que Microévolution est un fait (au niveau des espèces et éventuellement genre), «macroevolution » même en 2008 l’est pas. Il s’agit d’une inférence inductive (a posteriori) et un pas très bien reliée à la terre à celle basée sur toutes les preuves à la fois pour et contre qui existe actuellement (y compris le Cambrien soi-disant «explosion» ou biologique « Big Bang »). Rappelons également que la découverte de l’ADN a été faite après que Teilhard a développé sa théorie.
Publié dans Darwinisme, Vatican II