Pourquoi le socialisme ne résoudra jamais la question sociale

VallsCertains hommes professent l’opinion, et elle se répand parmi le peuple, que la question sociale, comme on dit, n’est qu’une question économique.
Il est très vrai, au contraire, qu’elle est avant tout une question morale et religieuse, et que, pour ce même motif, il faut surtout la résoudre d’après les règles de la morale et le jugement de la religion.
Admettons, en effet, que le salaire des ouvriers soit doublé, que la durée du travail soit réduite ; admettons même que les denrées soient à bas prix. Eh bien, si l’ouvrier, selon l’usage, prête l’oreille à des doctrines et s’inspire d’exemples qui le poussent à s’affranchir du respect envers Dieu et à se livrer à la dépravation des mœurs, il est inévitable qu’il voie ses ressources et le fruit même de ses travaux se dissiper.
L’expérience et la pratique montrent que, malgré la durée assez courte de leur travail et le prix assez élevé de leur salaire, la plupart des ouvriers de mœurs corrompues et sans principes religieux mènent une vie gênée et misérable. 
Enlevez aux âmes les sentiments que sème et cultive la sagesse chrétienne ; enlevez-leur la prévoyance, la tempérance, la patience et les autres bonnes habitudes naturelles, vains seront vos plus laborieux efforts pour atteindre la prospérité.
Tel est précisément le motif pour lequel Nous n’avons jamais engagé les catholiques à entrer dans des associations destinées à améliorer le sort du peuple ni à entreprendre des œuvres analogues, sans les avertir en même temps que ces institutions devaient avoir la religion pour inspiratrice, pour compagne et pour appui.
Pape Léon XIII – Encyclique « Graves de communi re » – 1901
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Je hais mon époque de toutes mes forces !

LITTERATURE-SAINT-EXUPERY-AVIATIONQue faut-il dire aux hommes ?
Je viens de faire quelques vols sur P. 38. C’est une belle machine. J’aurais été heureux de disposer de ce cadeau-là pour mes vingt ans. Je constate avec mélancolie qu’aujourd’hui, à quarante trois ans, après quelques six mille cinq cents heures de vol sous tous les ciels du monde, je ne puis plus trouver grand plaisir à ce jeu-là.
Ce n’est plus qu’un instrument de déplacement – ici de guerre. Si je me soumets à la vitesse et à l’altitude à mon âge patriarcal pour ce métier, c’est bien plus pour ne rien refuser des emmerdements de ma génération que dans l’espoir de retrouver les satisfactions d’autrefois.
Ceci est peut-être mélancolique, mais peut-être bien ne l’est-ce pas. C’est sans doute quand j’avais vingt ans que je me trompais. En octobre 1940, de retour d’Afrique du Nord où le groupe 2 – 33 avait émigré, ma voiture étant remisée exsangue dans quelque garage poussiéreux, j’ai découvert la carriole et le cheval. Par elle l’herbe des chemins. Les moutons et les oliviers. Ces oliviers avaient un autre rôle que celui de battre la mesure derrière les vitres à 130 km à l’heure. Ils se montraient dans leur rythme vrai qui est de lentement fabriquer des olives. Les moutons n’avaient pas pour fin exclusive de faire tomber la moyenne. Ils redevenaient vivants. Ils faisaient de vraies crottes et fabriquaient de la vraie laine. Et l’herbe aussi avait un sens puisqu’ils la broutaient.
Et je me suis senti revivre dans ce seul coin du monde où la poussière soit parfumée (je suis injuste, elle l’est en Grèce aussi comme en Provence). Et il m’a semblé que, toute ma vie, j’avais été un imbécile…
Tout cela pour vous expliquer que cette existence grégaire au coeur d’une base américaine, ces repas expédiés debout en dix minutes, ce va-et-vient entre les monoplaces de 2 600 chevaux dans une bâtisse abstraite où nous sommes entassé à trois par chambre, ce terrible désert humain, en un mot, n’a rien qui me caresse le coeur. Ca aussi, comme les missions sans profit ou espoir de retour de Juin 1940, c’est une maladie à passer.
Je suis "malade" pour un temps inconnu. Mais je ne me reconnais pas le droit de ne pas subir cette maladie. Voilà tout. Aujourd’hui, je suis profondément triste. Je suis triste pour ma génération qui est vide de toute substance humaine. Qui n’ayant connu que les bars, les mathématiques et les Bugatti comme forme de vie spirituelle, se trouve aujourd’hui plongé dans une action strictement grégaire qui n’a plus aucune couleur.
On ne sait pas le remarquer. Prenez le phénomène militaire d’il y a cent ans. Considérez combien il intégrait d’efforts pour qu’il fut répondu à la vie spirituelle, poétique ou simplement humaine de l’homme. Aujourd’hui nous sommes plus desséchés que des briques, nous sourions de ces niaiseries. Les costumes, les drapeaux, les chants, la musique, les victoires (il n’est pas de victoire aujourd’hui, il n’est que des phénomènes de digestion lente ou rapide), tout lyrisme sonne ridicule et les hommes refusent d’être réveillés à une vie spirituelle quelconque. Ils font honnêtement une sorte de travail à la chaîne. Comme dit la jeunesse américaine, "nous acceptons honnêtement ce job ingrat" et la propagande, dans le monde entier, se bat les flancs avec désespoir.
De la tragédie grecque, l’humanité, dans sa décadence, est tombée jusqu’au théâtre de M. Louis Verneuil (on ne peut guère aller plus loin). Siècle de publicité, du système Bedeau, des régimes totalitaires et des armées sans clairons ni drapeaux, ni messes pour les morts.
Je hais mon époque de toutes mes forces. L’homme y meurt de soif.
2009_Memoire_1_96pppAh ! Général, il n’y a qu’un problème, un seul de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien. On ne peut vivre de frigidaires, de politique, de bilans et de mots croisés, voyez-vous ! On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour.
Rien qu’à entendre un chant villageois du XVème siècle, on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (pardonnez-moi). Deux milliards d’hommes n’entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot, se font robots.
Tous les craquements des trente dernières années n’ont que deux sources : les impasses du système économique du XIXème siècle et le désespoir spirituel.
Pourquoi Mermoz a-t-il suivi son grand dadais de colonel sinon par soif ? Pourquoi la Russie ? Pourquoi l’Espagne ? Les hommes ont fait l’essai des valeurs cartésiennes : hors des sciences de la nature, cela ne leur a guère réussi. Il n’y a qu’un problème, un seul : redécouvrir qu’il est une vie de l’esprit plus haute encore que la vie de l’intelligence, la seule qui satisfasse l’homme.
Ca déborde le problème de la vie religieuse qui n’en est qu’une forme (bien que peut-être la vie de l’esprit conduise à l’autre nécessairement). Et la vie de l’esprit commence là où un être est conçu au-dessus des matériaux qui le composent. L’amour de la maison – cet amour inconnaissable aux Etats-Unis – est déjà de la vie de l’esprit.
Et la fête villageoise, et le culte des morts (je cite cela car il s’est tué depuis mon arrivée ici deux ou trois parachutistes, mais on les a escamotés : ils avaient fini de servir). Cela c’est de l’époque, non de l’Amérique : l’homme n’a plus de sens.
Il faut absolument parler aux hommes.
A quoi servira de gagner la guerre si nous en avons pour cent ans de crise d’épilepsie révolutionnaire ? Quand la question allemande sera enfin réglée, tous les problèmes véritables commenceront à se poser. Il est peu probable que la spéculation sur les stocks américains suffise au sortir de cette guerre à distraire, comme en 1919, l’humanité de ses soucis véritables. Faute d’un courant spirituel fort, il poussera, comme champignons, trente-six sectes qui se diviseront les unes les autres. Le marxisme lui-même, trop vieilli, se décomposera en une multitude de néo-marxismes contradictoires. On l’a bien observé en Espagne. A moins qu’un César français ne nous installe dans un camp de concentration pour l’éternité.
Ah ! quel étrange soir, ce soir, quel étrange climat. Je vois de ma chambre s’allumer les fenêtres de ces bâtisses sans visages. J’entends les postes de radio divers débiter leur musique de mirliton à ces foules désoeuvrées venues d’au-delà des mers et qui ne connaissent même pas la nostalgie.
On peut confondre cette acceptation résignée avec l’esprit de sacrifice ou la grandeur morale. Ce serait là une belle erreur. Les liens d’amour qui nouent l’homme d’aujourd’hui aux êtres comme aux choses sont si peu tendus, si peu denses, que l’homme ne sent plus l’absence comme autrefois. C’est le mot terrible de cette histoire juive : "tu vas donc là-bas ? Comme tu seras loin ! " – Loin d’où ? Le "où" qu’ils ont quitté n’était plus guère qu’un vaste faisceau d’habitudes.
Dans cette époque de divorce, on divorce avec la même facilité d’avec les choses. Les frigidaires sont interchangeables. Et la maison aussi si elle n’est qu’un assemblage. Et la femme. Et la religion. Et le parti. On ne peut même pas être infidèle : à quoi serait-on infidèle ? Loin d’où et infidèle à quoi ? Désert de l’homme.
Qu’ils sont donc sages et paisibles ces hommes en groupe. Moi je songe aux marins bretons d’autrefois, qui débarquaient, lâchés sur une ville, à ces noeuds complexes d’appétits violents et de nostalgie intolérable qu’ont toujours constitués les mâles un peu trop sévèrement parqués. Il fallait toujours, pour les tenir, des gendarmes forts ou des principes forts ou des fois fortes. Mais aucun de ceux-là ne manquerait de respect à une gardeuse d’oies. L’homme d’aujourd’hui on le fait tenir tranquille, selon le milieu, avec la belote ou le bridge. Nous sommes étonnamment bien châtrés.
Ainsi sommes-nous enfin libres. On nous a coupé les bras et les jambes, puis on nous a laissé libres de marcher. Mais je hais cette époque où l’homme devient, sous un totalitarisme universel, bétail doux, poli et tranquille. On nous fait prendre ça pour un progrès moral !
Ce que je hais dans le marxisme, c’est le totalitarisme à quoi il conduit. L’homme y est défini comme producteur et consommateur, le problème essentiel étant celui de la distribution. Ce que je hais dans le nazisme, c’est le totalitarisme à quoi il prétend par son essence même. On fait défiler les ouvriers de la Ruhr devant un Van Gogh, un Cézanne et un chromo. Ils votent naturellement pour le chromo. Voilà la vérité du peuple ! On boucle solidement dans un camp de concentration les candidats Cézanne, les candidats Van Gogh, tous les grands non-conformistes, et l’on alimente en chromos un bétail soumis.
Mais où vont les Etats-Unis et où allons-nous, nous aussi, à cette époque de fonctionnariat universel ? L’homme robot, l’homme termite, l’homme oscillant du travail à la chaîne système Bedeau à la belote. L’homme châtré de tout son pouvoir créateur, et qui ne sait même plus, du fond de son village, créer une danse ni une chanson. L’homme que l’on alimente en culture de confection, en culture standard comme on alimente les boeufs en foin.
C’est cela l’homme d’aujourd’hui.
antoine-de-saint-exupery_copyright-2011_benjamin-wheatley-800x524Et moi je pense que, il n’y a pas trois cents ans, on pouvait écrire "La Princesse de Clèves" ou s’enfermer dans un couvent pour la vie à cause d’un amour perdu, tant était brûlant l’amour. Aujourd’hui bien sûr les gens se suicident, mais la souffrance de ceux-là est de l’ordre d’une rage de dents intolérable. Ce n’a point à faire avec l’amour.
Certes, il est une première étape. Je ne puis supporter l’idée de verser des générations d’enfants français dans le ventre du moloch allemand. La substance même est menacée, mais, quand elle sera sauvée, alors se posera le problème fondamental qui est celui de notre temps. Qui est celui du sens de l’homme et auquel il n’est point proposé de réponse, et j’ai l’impression de marcher vers les temps les plus noirs du monde.
Ca m’est égal d’être tué en guerre. De ce que j’ai aimé, que restera-t-il ? Autant que les êtres, je parle des coutumes, des intonations irremplaçables, d’une certaine lumière spirituelle. Du déjeuner dans la ferme provençale sous les oliviers, mais aussi de Haendel. Les choses. je m’en fous, qui subsisteront. Ce qui vaut, c’est certain arrangement des choses.
La civilisation est un bien invisible puisqu’elle porte non sur les choses, mais sur les invisibles liens qui les nouent l’une à l’autre, ainsi et non autrement. Nous aurons de parfaits instruments de musique, distribués en grande série, mais où sera le musicien ? Si je suis tué en guerre, je m’en moque bien. Ou si je subis une crise de rage de ces sortes de torpilles volantes qui n’ont plus rien à voir avec le vol et font du pilote parmi ses boutons et ses cadrans une sorte de chef comptable (le vol aussi c’est un certain ordre de liens).
Mais si je rentre vivant de ce "job nécessaire et ingrat", il ne se posera pour moi qu’un problème : que peut-on, que faut-il dire aux hommes ?
Antoine de Saint-Exupéry - Lettre au Général X – 30 Juillet 1944 – dernière lettre, écrite la veille de sa mort
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Najat Vallaud-Belkacem, un suppôt de Satan à l’Education anti-nationale

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40 règles pour l’action contrerévolutionnaire (2/5)

bibliotheque-etudeRappel : règles 1 à 8
9. L’art de convaincre
Il ne suffit pas de parler, d’affirmer. Il faut convaincre. Il est bon, par conséquent, de s’appliquer à l’étude autant qu’à la pratique de cet art.
Individuellement, nous ne saurions trop nous efforcer de montrer cette sérénité, cette aménité qui sont la marque d’une conviction tranquille parce que solide.
On se heurte le plus souvent à des esprits faux ou devenus débiles par manque de réflexion rigoureusement conduite. Les pires erreurs sont ainsi professées, sans conscience claire de leur malice. Raison de plus pour rester calme. Ces êtres, qui sont fréquemment des sensitifs, se ferment irrémédiablement à la première riposte un peu froide. En ce cas, s’emporter ne sert à rien.
10. Parler simplement
Il ne saurait être question d’imposer un style. Ce qui n’empêche pas de recommander partout, toujours, une extrême simplicité.
Etre le plus clair, le plus direct, le plus vivant. Jamais pédant. Jamais prétentieux. Un ton sentencieux, académique nuit trop souvent à la diffusion des meilleures idées.
Prendre soin pourtant de respecter et utiliser les mots importants et justes qu’aucun terme ne peut remplacer. Ils sont rares. Dieu merci. Hors le cas de ces formules majeures, la suite du discours doit être simple et familière.
11. Se méfier des cérébraux
Bien que certaines références philosophiques puissent être indispensables, ne pas croire que ce soit pour lancer nos amis dans l’étude des différents systèmes signalés. S’il est nécessaire de citer quelques philosophes, c’est uniquement pour faire sentir combien le rappel de données de base est important aujourd’hui. Non pour faire des savants. Comme le dit Gustave Thibon :
« Nous ne manquons pas de savants. Nous en avons même de plus en plus grâce à la multiplication des écoles ; nous manquons de sages.
« Qu’est-ce donc la sagesse ?
« C’est l’art de faire passer la théorie dans la pratique, de « trouver le joint » par où, dans chaque cas particulier, le savoir abstrait peut s’articuler à la réalité concrète, de prendre et d’exécuter les décisions exigées par des circonstances nouvelles et imprévues. Ce qui exige du « flair », de l’intuition, du bon sens et du courage – qualités qui ne s’apprennent dans aucune école, mais qui sont des dons de la nature et qui se développent par l’action et par l’expérience des choses et des hommes (…).
« Car la science n’est qu’un moyen. Si nous n’en faisons pas un instrument de l’action, elle reste aussi stérile que le trésor d’un avare ».
12. Travailler
Cela dit, gardons-nous d’oublier qu’il n’existe pas de moyens faciles pour apprendre les choses difficiles. La seule méthode est de se mettre courageusement au travail.
Ne dites pas qu’il n’y a rien à faire dans votre coin. Cette formule indique qu’il y a plus à faire qu’ailleurs puisque tout y est à faire !
13. Noyau mou = pépin
Avoir une confiance invincible. Essayer. Recommencer. Changer de tactique. C’est là où nous avons le plus d’adversaires qu’il faut s’acharner à « percer le trou » et former un militant, puis deux, etc.
Noyautage, dira-t-on ? Si l’on veut. Rappelons seulement qu’il n’est pas de noyautage possible si l’on n’est pas « dur » soi-même. La formule est bien connue : noyau mou = pépin.
14. Il faut oser
La preuve est faite qu’en France plusieurs dizaines de milliers de personnes souhaitent trouver une formule de travail et d’action efficace… Elles n’en adoptent aucune. Par manque de volonté, mais aussi parce que personne ne leur en présente. Il faut oser parler. Il faut oser entraîner. Il faut oser pénétrer dans tous les milieux. Les réponses positives seront plus nombreuses qu’on le croit.
Sous prétexte que « nul n’est prophète en son pays », on n’ose présenter le travail aux membres de sa famille, à ses propres enfants. Les difficultés peuvent être réelles. Les fameuses « oppositions de générations » portent presque toujours sur des apparences, des formes extérieures, beaucoup plus rarement sur « l’essentiel ». Il faut donc, sans hésiter, lancer ses enfants dans cette action fondée sur une formation méthodique. Excellent moyen de leur donner les habitudes d’un solide jugement. Jugement qui ne manquera pas d’être précieux dans leurs études.
15. Diffuser les ouvrages
Autre forme d’action individuelle : la diffusion d’ouvrages, plaquettes, brochures, vraiment formateurs. En imposer la lecture, voire l’étude, à son entourage n’est pas nécessairement impossible.
Bien noter… qu’il est préférable de les vendre que de les distribuer gratuitement. D’abord parce que les bourses se vident promptement à ce jeu. Parce que l’expérience prouve surtout que l’on s’attache plus à la lecture du livre qu’on s’est donné la peine d’acheter, alors qu’on tend à sous-estimer l’ouvrage distribué comme un objet de publicité ou propagande. Pour s’assurer qu’il sera lu, proposer : nous en reparlerons la prochaine fois.
16. Ecrivez à vos amis
Certains nous disent assez souvent :
« Adressez donc telle publication, tel article à Y ou à X… et envoyez-moi la facture. Je les connais, ils devraient « marcher »… ».
Qu’on sache donc qu’une telle façon d’agir est d’un effet à peu près nul. Neuf fois sur dix les documents envoyés connaîtront la caisse aux papiers avant d’avoir été lus. On ne sait d’où ils viennent. On craint une indiscrétion dans la communication des adresses. Résultat dérisoire.
Une lettre amicale annonçant l’envoi à la personne qu’on connaît et expliquant le travail à faire est la seule façon d’agir en pareil cas. L’effort qu’elle demande est très souvent payé de succès. Qu’on ait le courage de l’accomplir. Pas de démarche anonyme.
Jean Ousset – L’action (1968) – Chapitre III : Notes pour l’action individuelle (1er degré)
Publié dans Contrerévolution, Jean Ousset

Le paganisme revient, mais sous la tutelle du judaïsme

6513375-jacques-attali-l-homme-qui-murmure-a-l-oreille-de-hollandeLa tradition catholique professe la connaissance certaine d’un Etre absolument parfait, qui librement et dans le temps a tiré le monde du néant et à qui doit retourner la créature. […]
La créature doit retourner à Dieu, de qui elle est sortie, mais par une grâce, par un don qui lui est accordé gratuitement et qui doit la rendre divine. […] Le Fils de Dieu est venu et il a, dans ce but, pris la nature humaine. Dès lors Jésus-Christ est le signe du salut pour le monde. […]
Sans la grâce du christianisme, la raison n’aurait pu éviter la confusion et les ténèbres qui accompagnent la tradition cabalistique et gnostique dans le problème des relations de la nature et de la grâce, du monde et de l’Église. […] Avec la chute gnostique, l’homme est devenu incapable de contempler les vérités qui sont au-dessus de lui, et il s’est changé en un « homo faber » enclin et porté à ne considérer que ses besoins matériels.
[…] L’homme ancien absolutise la réalité des forces naturelles, l’homme moderne celle des forces techniques. Aussi l’homme ancien divinise-t-il et sacralise-t-il la nature, tandis que l’homme moderne dans le processus de sécularisation divinise tout l’effort technique. La technologie devient technocratie et technolâtrie.
Le miracle gréco-romain qui, en privilégiant la raison et la loi naturelle, se libère en quelque sorte des erreurs gnostiques, se produit comme une préparation providentielle à l’Évangile. La grandiose vision théologique du Moyen Age n’aurait pas été possible sans le vaste travail de systématisation entrepris par Aristote, qui porta à son point ultime l’idée grecque d’un monde ordonné comme un chœur. Le Kosmos est suspendu par l’amour à un Bien suprême, qui est Dieu. […]
La Chrétienté du Moyen Age est, en ce sens, héritière directe du Kosmos grec et sa transposition au niveau supérieur du surnaturel.
Mais la rechute de l’âge moderne dans les erreurs gnostiques ne peut plus se produire dans l’innocence païenne. Il pourra apostasier le christianisme et retourner au paganisme, mais ce sera là un paganisme placé sous un autre signe, en quelque sorte surnaturel.
Après le Christ la lutte s’engage entre deux forces typiquement surnaturelles : l’une est un surnaturalisme et messianisme charnel ; l’autre, un surnaturalisme spirituel. La lutte s’engage entre la Synagogue et l’Église. Le paganisme revient, mais sous la tutelle du judaïsme.
Abbé Julio Meinvielle – De la cabale au progressisme – 1970
Publié dans Abbé Meinvielle, Antijudaïsme, Mondialisme, Paganisme, Progressisme

Dialogues avec Soljénitsyne [vidéo]

Quelques textes du grand Soljénitsyne
Publié dans Alexandre Soljenitsyne, Communisme, Révolutions

Vous avez peur de la Saint-Barthélémy ?

st-bathc3a9lemy[voir aussi : la vérité sur les mensonges historiques dont l’Eglise est victime : ici]
Est-ce la Saint-Barthélemy qui vous empêche de bien vivre ?
Et avez-vous peur, si vous devenez bon chrétien, que l’on vous engage à massacrer vos voisins s’ils ne servent pas le bon Dieu ?
Le massacre de la Saint-Barthélemy a été un de ces excès déplorables que l’irritation des guerres civiles, l’astuce de la politique, la fureur de quelques fanatiques, la dureté des mœurs de ce temps, peuvent seules expliquer.
La Religion est bien loin d’approuver tout ce qu’on fait en son nom et tout ce qui se couvre de son manteau sacré.
Il faut dire, du reste, que ses ennemis ont singulièrement dénaturé ce crime. Ils l’ont présenté comme l’œuvre de la Religion, tandis qu’il n’est l’œuvre que de la haine et du fanatisme, que blâme la Religion.
Ils l’ont représenté comme exécuté par les prêtres, tandis ce que pas un seul n’y prit part. Il y en eut même plusieurs, entre autres l’Evêque de Lisieux, qui sauvèrent tout ce qu’ils purent de huguenots, et qui intercédèrent pour eux auprès du roi Charles IX, etc.
Si un fait est avéré maintenant et hors contestation, c’est que la Saint-Barthélémy est, avant tout, un coup d’État politique, que la Religion en a été le prétexte bien plutôt que la cause, et que l’astucieuse Catherine de Médicis, mère de Charles IX, chercha bien plus à se débarrasser d’un parti qui gênait et inquiétait chaque jour d’avantage le gouvernement, qu’à procurer la gloire de Dieu.
Il a plu à un poète de l’école voltairienne de représenter le Cardinal de Lorraine « bénissant les poignards des catholiques. » Malheureusement ce Cardinal était à Rome en ce moment, pour l’élection du Pape Grégoire XIII, successeur de saint Pie V, qui venait de mourir.
Mais ces messieurs n’y regardent pas de si près.
Mentez, mentez toujours, osait écrire Voltaire à ses amis, il en restera quelque chose !" (Lettre au marquis d’Argens).
Depuis trois siècles la haine des protestants et, plus tard, des voltairiens, contre l’Eglise, a tellement altéré son histoire, qu’il est très difficile d’y découvrir la vérité.
On arrange les faits, on ajoute, on retranche, on invente, au besoin. On impute à l’Eglise des crimes qu’elle déteste. On fait peser sur la Religion des accusations odieuses.
Méfiez-vous, en général, des faits historiques où la Religion joue un rôle ridicule ou barbare ou ignoble. Il se peut qu’ils soient vrais ; et alors il faut porter tout le blâme sur l’homme faible ou vicieux qui a oublié son caractère de prêtre ou d’évêque ou même de pape, et qui, devant faire le bien, a fait le mal ; mais il se peut aussi (et c’est le plus ordinaire) que ces faits soient, sinon inventés complètement, du moins tellement travestis et exagérés, que l’on peut, avec justice, les taxer de mensonge.
Il est fort commode d’attaquer l’Eglise de cette façon ; mais est-ce légitime ? Est-ce loyal ? Est-ce sincère ?
Mgr de Ségur – Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion (1852)
Publié dans Mgr de Ségur, Protestantisme, Saint Barthélémy