Destruction des ordres religieux

Au XVe siècle comme aujourd’hui, les moines furent attaqués par les humanistes de la Renaissance, parce qu’ils représentaient l’idéal chrétien du renoncement. Les humanistes poussaient l’individualisme jusqu’à l’égoïsme ; par leur voeu d’obéissance et de stabilité, les moines le combattaient et le supprimaient.
Les humanistes exaltaient l’orgueil de l’esprit ; les moines exaltaient l’humilité et l’abjection volontaires. Les humanistes glorifiaient la richesse : les moines faisaient voeu de pauvreté.
Les humanistes, enfin, légitimaient le plaisir sensuel; les moines mortifiaient leur chair par la pénitence et la chasteté.
La Renaissance païenne sentit si bien cette opposition qu’elle s’acharna contre les Ordres religieux avec autant de haine que nos sectaires modernes. Plus une observance religieuse était rigoureuse, plus elle excitait les colères de l’humanisme.
Jean Guiraud – L’Eglise et les Origines de la Renaissance (1902) – p. 305
« J’ai remarqué, et d’autres comme moi, que les endroits où il y a plus de couvents de moines, sont ceux où le peuple est le plus aveuglément attaché à la superstition (au christianisme). Il n’est pas douteux que si l’on parvient à détruire ces asiles du fanatisme, le peuple ne devienne un peu indifférent et tiède sur ces objets qui sont actuellement ceux de sa vénération. Il s’agirait de détruire les cloîtres, au moins de commencer à en diminuer le nombre… »
Frédéric II, Roi de Prusse – Lettre adressée à Voltaire (1767)
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