Des origines de l’Université moderne

Dans son ouvrage « L’Instruction publique et la Révolution », Duruy loue Napoléon d’avoir, par l’institution de l’Université, sauvé la Révolution et l’esprit révolutionnaire.
« Quelle merveilleuse conception que cette Université de France avec son grand-maître, son conseil, ses inspecteurs généraux, ses grades et sa puissante hiérarchie! quel trait de génie d’avoir compris qu’il n’était qu’une grande corporation laïque pour disputer les jeunes générations aux débris des vieilles corporations enseignantes et surtout à leur esprit ! Avant le 18 brumaire, on pouvait déjà prévoir le moment où la réaction aurait regagné dans le domaine de renseignement tout le terrain perdu depuis 1789.
Grave danger et qui ne tendait à rien moins qu’à remettre en question, dans un très prochain avenir, les principes de tolérance et d’égalité dont la conquête avait été le but de tant d’efforts et qui sont demeurés l’excuse de tant d’excès… 
Après avoir rivé le présent à la Révolution par le Code civil et le Concordat, il lui assurait l’avenir par l’éducation. De tous les services que Napoléon a rendus, je n’en sache pas de plus mémorable que d’avoir arraché l’enseignement aux pires ennemis du nouveau régime pour le confier à un corps profondément imbu des idées modernes. »
Henri Delassus – La conjuration anti-chrétienne (1910) – p. 211
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