La voie de l’antéchrist

Le libéralisme n’est pas une hérésie ordinaire. Il a été très justement appelé par l’abbé Chesnel « les droits de l’hérésie propre, personnelle de Satan », puisqu’elle consiste, pour la créature, à usurper à son profit l’indépendance et la souveraineté qui n’appartiennent qu’à Dieu, de toute éternité, et dans l’ordre des temps à Notre-Seigneur Jésus- Christ.
On voit par là en quoi le libéralisme moderne diffère de tout ce qui a précédé en fait de révolte et de péché. C’est le péché lui-même, le dernier terme et le plus haut degré du péché. Le libéralisme appelle « l’homme de péché », il prépare les voies à l’antéchrist.
La séduction libérale a aveuglé presque toutes les intelligences ; les dernières notions du vrai christianisme achèvent de s’effacer dans les esprits. Quelle transformation dans les idées, dans les mœurs, dans les croyances, depuis les juristes régaliens du XIVè et du XVè siècles jusqu’à nos jours, en passant par Luther, par Voltaire et Jean-Jacques Rousseau et par Lamennais le grand séducteur des catholiques ! Ils sont les fils de la même idée, les agents de la même séduction. Leur apparition successive marque les étapes du mouvement révolutionnaire.
Le dernier venu, Lamennais, n’est pas le moins dangereux et le moins funeste. Il est le père et le chef de l’école à la fois catholique et révolutionnaire, de la pacification, de l’adaptation, de l’union enfin et de la fusion entre le christianisme et la Révolution.

 

Henri Delassus – La conjuration anti-chrétienne (1910) – p. 244
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