L’invention de la lutte des classes

La Restauration (1815-1830) avait inauguré le grand essor industriel qui devait se développer sous les régimes qui suivirent. Pendant ces quinze années, il n’y eut pas une grève importante. Partout l’accord régnait entre les patrons et les ouvriers.
« Pendant l’hiver de 1829 à 1830, dit M. Le Play, j’ai constaté, dans la plupart des ateliers parisiens, entre le patron et les ouvriers, une harmonie comparable à celle que je venais d’admirer dans les mines, les usines et les fermes du Hanovre. »
Mais, avec 1830, un esprit nouveau s’empara de l’industrie. Les économistes officiels mirent en honneur la théorie selon laquelle le travail n’est qu’une marchandise comme une autre. Beaucoup de patrons l’adoptèrent avec empressement, ne songèrent plus qu’à faire fortune, et exploitèrent leurs ouvriers au lieu de s’efforcer de les élever par leurs leçons et leurs exemples.
C’était la conséquence nécessaire de la diminution de l’esprit de foi et du progrès des doctrines naturalistes qui ne voient d’autre fin pour l’homme que la jouissance et le bien-être.
De leur côté, les ouvriers prêtaient l’oreille à ceux qui leur prêchaient le progrès, après l’avoir placé dans la facilité et la multiplication des jouissances, à ceux qui les excitaient au mépris du clergé et qui les mettaient en défiance contre la doctrine qui élève les âmes en leur montrant, pour but suprême de leurs efforts, les récompenses éternelles.
Ce que nous voyons n’est que le développement de ce qui se fit alors.
Henri Delassus – La conjuration anti-chrétienne (1910) – p. 236
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