Rebelle sans cause

La révolte peut être légitime quand elle agit sur une culture dans laquelle on ne trouve plus la moindre justification supérieure, une culture vide et absurde, mécanisée et standardisée, tendant elle-même vers le sub-personnel, vers le monde amorphe de la quantité.
Mais quand il s’agit de « rebelles sans drapeau », quand la révolte n’a, pour ainsi dire, d’autre but qu’elle-même, le reste n’étant que prétexte, quand elle s’accompagne de formes de déchaînement, de primitivisme, d’abandon à un état élémentaire et inférieur (sexe, ébriété, violence gratuite et souvent criminelle, exaltation complaisante du vulgaire et de l’anarchique), alors il n’est pas hasardeux d’établir un lien entre ces phénomènes et ceux qui, à un plan différent, relèvent des forces du chaos qui émanent des crevasses toujours plus visibles de l’ordre subsistant.
Julius Evola – « Il Conciliatore » (15 novembre 1967)
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