Livres deutérocanoniques

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JEAN-BAPTISTE (le catholique) : Je me permettrai de vous demander si vous avez des Bibles de la traduction de Sacy.
LE COLPORTEUR (le protestant) : J’en ai certainement. Et pourquoi, je vous prie, me faites-vous cette demande ?
JEAN-BAPTISTE : Je voudrais avoir une de ces Bibles de Sacy qu’on a fait apostasier pour les rendre protestantes, afin de vous en soumettre certains textes qui auraient rapport à ce que vous venez de me déclarer, savoir : qu’il fallait suivre toute la Bible et rien que la Bible. Je m’aperçois, au reste, que vous me prenez pour un ignorant auquel on en impose par un air de suffisance. J’ai besoin surtout de vous faire prouver, par la Bible, vos avancées étranges, et comme vous venez, je pense, pour me faire protestant, il n’est que juste que vous me prouviez que la Bible condamne les catholiques et est en faveur des protestants.
LE COLPORTEUR, passablement intrigué : Quoi ! vous connaissez la Bible traduite par M. le Maître de Sacy ? certainement j’en ai… Et c’est avec plaisir que je vais vous en donner une.
Aussitôt, le colporteur va à son paquet, l’ouvre et en prend une Bible de Sacy qu’il vient présenter à Jean-Baptiste, en lui adressant ces paroles : la bible traduite par M. de Sacy, est très répandue parmi nous : c’est une très bonne traduction.
Jean-Baptiste parcourt cette Bible en silence, pendant environ cinq minutes ; puis il va à une armoire, en tire quatre volumes, in-folio, proprement enveloppés, et vient les poser sur la table près de laquelle était le colporteur.
LE COLPORTEUR : Quels sont donc ces livres ?
JEAN-BAPTISTE : C’est la Bible de Sacy, monsieur ; je m’en sers pour m’affermir dans ma foi ; elle m’a été prêtée par mon vénérable curé ; elle est déjà très ancienne, édition de 1715, comme vous pouvez le voir sur le frontispice. Je l’ai mise sur la table pour la confronter avec celle que vous venez de m’offrir, car, en parcourant la vôtre, j’ai cru m’apercevoir qu’elle n’était pas semblable à celle que je possède. Veuillez, monsieur le colporteur, m’aider à en faire la comparaison. Dites-moi, ajouta Jean-Baptiste, si la vôtre contient Tobie, Judith, la Sagesse, l’Ecclésiastique, Baruch, le premier et le second tome des Maccabées ? De plus, votre Bible contient-elle les six chapitres d’Esther et les deux de Daniel qu on m’a dit manquer dans les Bibles protestantes ?
LE COLPORTEUR : Non, mon ami, ma Bible de Sacy ne contient pas les livres que vous venez de nommer, ni les fragments d’Esther et de Daniel.
JEAN-BAPTISTE : Comment donc est-il arrivé que votre édition ne renferme pas ce que renferme la mienne ?
LE COLPORTEUR : Ceux qui, au commencement du XVIè siècle, ont fondé la religion protestante, ont jugé à propos de ne regarder comme inspirés que les seuls livres de l’Ancien Testament qui sont contenus dans le Canon attribué à Esdras.
JEAN-BAPTISTE : Qui a donné à ces hommes le droit de changer ce que toute l’antiquité chrétienne avait admise ? Dans le temps d’effervescence religieuse où ils vécurent, il a pu se faire qu’on les ait cru sur parole ; mais aujourd’hui que l’histoire a mis à nue leur vie scandaleuse et leur doctrine désastreuse, peut-il se rencontrer un homme qui se respecte tant soit peu, qui veuille admettre ce qu’ils ont décidé et soutenir ce qu’ils ont réglé ? Car tous ceux qui ont une connaissance, même élémentaire, des motifs qui les faisaient agir, savent pourquoi ils ont retranché un si grand nombre de livres du catalogue des écrits divinement inspirés.
Afin que vous ne les ignoriez pas, Mr le colporteur, je vais vous les donner ; les voici :  » Le motif principal de cette étrange innovation, dit l’auteur de l’ouvrage intitulé : La Bible mutilée, était d’enlever aux catholiques plusieurs des livres inspirés par lesquels ils défendaient, à l’exemple des anciens pères, les dogmes que la réforme avait attaqués comme autant d’erreurs introduites dans l’Eglise romaine ; telle que la liberté de l’homme, la nécessité et le mérite des bonnes oeuvres, l’admissibilité de la justice, l’intercession et le culte des anges et des saints, la prière et le sacrifice pour les morts, et, par suite, le purgatoire. « 
Vous pouvez juger maintenant, monsieur le colporteur, quels étaient les vrais motifs qui ont engagé les scandaleux fondateurs du protestantisme à retrancher les livres qui manquent dans votre bible. Ils n’avaient pas d’autre but, pour mutiler le livre divin, que celui de faire la guerre à l’Eglise catholique qui les avaient chassés de son sein à cause de leurs erreurs ; ils voulaient se mettre à l’aise et s’affranchir de toute contrainte morale ; prendre des épouses nonobstant leur voeu de chasteté et puis enfin se livrer sans remords à tout ce qui pouvait flatter leur orgueil satanique ou leurs passions déréglées. Vous pouvez, en vérité, vous glorifier de marcher à la suite de tels hommes !
Et puis, ajouta Jean-Baptiste, vous osez venir offrir une semblable bible à des catholiques ? Une Bible, dit Mgr Rendu, que vous avez pris soin de mutiler, de changer, de corriger, d’interpréter, de falsifier, et de torturer pour la réduire à exprimer vos opinions ? Une Bible qui ne ressemble à elle-même que comme le Sauveur des hommes se ressemblait en sortant de la main des bourreaux, quand un magistrat infidèle, vint le montrer au peuple en disant : Voici l’homme !
Abbé Mailloux – Le petit arsenal du catholique (1875)

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