Saint Pie X et la presse

Pie X s’adressait à M. le chanoine Ardant, directeur de la Croix de Limoges, admis en audience « Ah ! la Presse, s’écria le Pape, on ne comprend pas encore son importance. Ni les fidèles, ni le clergé ne s’y dévouent comme il faudrait.
Les vieux disent quelquefois que c’est une oeuvre nouvelle et qu’autrefois on sauvait bien tout de même les âmes sans s’occuper de journaux. C’est bientôt dit autrefois ! autrefois ! Mais ces mauvaises têtes ne font pas attention qu’autrefois le poison de la mauvaise Presse n’était pas répandu partout et que, par conséquent, le contrepoison des bons journaux n’était pas également nécessaire.
Il ne s’agit pas d’autrefois. Nous ne sommes plus à autrefois ; nous sommes à aujourd’hui. Eh bien, c’est un fait qu’aujourd’hui le peuple chrétien est trompé, empoisonné, perdu par les journaux impies. En vain, vous bâtiriez des églises, vous prêcheriez des missions, vous fonderiez des écoles, toutes vos bonnes oeuvres, tous vos efforts seraient détruits si vous ne saviez pas manier en même temps l’arme défensive et offensive de la presse catholique, loyale, sincère. »
Le Pape s’animait en parlant. Ses yeux brillaient et je me rappelais les efforts qu’il avait faits étant patriarche de Venise, pour soutenir son journal « la Difesa », dont il disait : « Si les ressources me manquaient, je vendrais ma croix pectorale plutôt que de laisser tomber cette oeuvre nécessaire. »
L’audience accordée à M. le chanoine Ardant se termina avec cette parole : « Allez, mon fils, rappelez-vous bien qu’à l’heure actuelle la Presse est une oeuvre capitale.»
Augustin LEMANN – Un fléau plus redoutable que la guerre, la peste, la famine (1908)
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