Une grosse sottise

Il n’en est pas moins vrai que nous sommes en train de faire une grosse sottise. Cette mosquée en plein Paris ne me dit rien de bon.
Il n’y a peut être pas de réveil de l’islam, auquel cas tout ce que je dis ne tiens pas et tout ce que l’on fait se trouve être la plus vaine des choses. Mais s’il y a un réveil de l’Islam, et je ne crois pas que l’on puisse en douter, un trophée de la foi coranique sur cette colline Sainte-Geneviève où tous les plus grands docteurs de la Chrétienté enseignèrent contre l’Islam représente plus d’une offense à notre passé : une menace pour notre avenir (…).
La construction officielle de la mosquée et surtout son inauguration en grande pompe républicaine, exprime quelque chose qui ressemble à une pénétration de notre pays et à sa prise de position par nos sujets et nos protégés. Ceux-ci la tiendront immanquablement pour un obscur aveu de faiblesse (…).
J’aperçois, de ci de là, tel sourire supérieur. J’entends, je lis telles déclarations sur l’égalité des cultes et sur les races. On sera sage de ne pas les laisser se propager, trop loin d’ici, par des hauts parleurs trop puissants. Le conquérant trop attentif à la foi du conquis est un conquérant qui ne dure guère.
Nous venons de transgresser les justes bornes de la tolérance, du respect et de l’amitié. Nous venons de commettre le crime d’excès. Fasse le Ciel que nous n’ayons pas à le payer avant peu (…).
Charles Maurras, Action Française du 13 juin 1926
Cet article a été publié dans Charles Maurras, Islam. Ajoutez ce permalien à vos favoris.