L’Etat doit être soumis à l’Eglise !

« Les paroles de l’Evangile nous l’enseignent : en elle et en son pouvoir il y a deux glaives, le spirituel et le temporel (Lc 22,38 ; Mt 26,52). Les deux sont donc au pouvoir de l’Eglise, le glaive spirituel et le glaive matériel.
Cependant l’un doit être manié pour l’Eglise, l’autre par l’Eglise.
L’autre par la main du prêtre, l’un par la main du roi et du soldat, mais au consentement et au gré du prêtre. 
Or il convient que le glaive soit sous le glaive, et que l’autorité temporelle soit soumise au pouvoir spirituel…
Que le pouvoir spirituel doive l’emporter en dignité et en noblesse sur toute espèce de pouvoir terrestre, il nous faut le reconnaître d’autant plus nettement que les réalités spirituelles ont le pas sur les temporelles… 
Comme la Vérité l’atteste : il appartient au pouvoir spirituel d’établir le pouvoir terrestre, et de le juger s’il n’a pas été bon…
Si donc le pouvoir terrestre dévie, il sera jugé par le pouvoir spirituel ; et si un pouvoir spirituel inférieur dévie, il le sera par celui qui lui est supérieur ; mais si le pouvoir suprême dévie, c’est par Dieu seul et non par l’homme qu’il pourra être jugé, comme l’atteste l’Apôtre : « L’homme spirituel juge de tout, et n’est lui-même jugé par personne » (1 Co 2,15). »
Pape Boniface VIII – Bulle « Unam sanctam », 18 novembre 1302
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