Le Protestantisme, doctrine abominable et absurde

D. Votre Protestantisme me parait une véritable tour de Babel.
R. Ce serait peu de chose, s’il n’était qu’une tour de Babel. Mais ce qu’il y a de plus déplorable, c’est qu’il enseigne une doctrine horrible, en théorie, et immorale en pratique, c’est-à-dire une doctrine outrageante pour Dieu, outrageante pour l’homme, funeste pour la société et contraire au bon sens aussi bien qu’à la pudeur.
D. Pourriez-vous justifier une accusation aussi grave ?
R. Rien n’est plus facile. Il suffit d’ouvrir les œuvres de Luther, de Zwingle et de Calvin, qui furent les chefs des réformateurs et les fondateurs du Protestantisme, pour trouver en cent endroits ces odieuses insinuations : que Dieu est l’auteur du péché ; que Dieu force l’homme à pécher pour le punir ensuite ; que Dieu a prédestiné une grande partie des hommes à la damnation éternelle, sans avoir la prévision du moindre démérite de leur part.
C’est là encore que l’on apprend : qu’avec de la foi, quelques énormités qu’on commette d’ailleurs, on ne cesse pas de plaire à Dieu ; que les élus, quand ils accumuleraient crimes sur crimes, sont incapables de se damner ; qu’il n’est pas nécessaire de bien vivre pour se sauver : que l’homme, en vertu du péché originel, est devenu une machine privée du libre arbitre : qu’il fait le bien, tout autant que le mal, par une véritable nécessité.
Là encore vous lirez : qu’il est permis de se révolter contre les souverains qui s’opposent à de semblables doctrines décorées par ces prétendus réformateurs du titre blasphématoire de pur Evangile. En un mot : leurs ouvrages sont pleins de mille autres abominations et absurdités du même genre.
D. Ces doctrines me font horreur. Ne sont-elles pas dans un sens plus mauvaises que celles des Païens ?
R. Oui, sans doute. Ni les Païens ni les Turcs n’ont jamais avancé de telles monstruosités.
Abbé Peronne – Le Protestantisme (1857)
Publicités
Cet article a été publié dans Abbé Peronne, Protestantisme. Ajoutez ce permalien à vos favoris.