Le baptême ou le bateau

SOUTH AFRICA POPE SHENOUDA
Une solution infiniment plus humaine que la version musulmane (« La valise ou le cercueil »)
Quelques mots maintenant sur ce qu’on a appelé la persécution des Maures d’Espagne. Après la prise de Grenade, Ferdinand et Isabelle s’étaient engagés à laisser aux Maures la propriété de leurs mosquées et le libre exercice de leur religion.
Les souverains espagnols ne pensèrent point qu’ils violeraient leur parole en donnant aux deux évêques les plus vertueux de leurs États, à Ximénès et Talavera, la mission de gagner les Maures au christianisme par la persuasion et l’instruction.
Que l’on accordât aux convertis des avantages civils et matériels extraordinaires, les Maures de vieille roche pouvaient le regretter ; mais, certes, ce fait ne constituait d’aucune manière une violation du traité fait avec eux. Furieux à la vue des résultats obtenus par ces moyens de conversion, les Maures y répondirent par des insurrections menaçantes dans l’Albaycin, les Alpujarres et la Sierra Vermeja.
Ils annulaient ainsi les premiers le contrat de 1492, et les rois d’Espagne étaient évidemment déliés des promesses qu’ils leur avaient faites : ceux-ci avaient désormais le droit de considérer les Maures comme des rebelles, et de les traiter en conséquence.
Cependant ils voulurent se montrer cléments, et pour tout châtiment ils mirent les insurgés dans l’alternative de se faire chrétiens ou d’émigrer, sans préjudice de leur fortune, sauf à payer un impôt de dix florins par tête. Presque tous prirent le parti de rester et reçurent le baptême, de sorte que l’ancien royaume de Grenade ne compta plus de Maures mahométans.
Ces derniers cependant étaient encore nombreux dans les provinces de Castille et de Léon. Ferdinand et Isabelle ne les traitèrent pas d’abord aussi sévèrement que leurs compatriotes de Grenade : ils se bornèrent à leur défendre tout contact avec les Moriscos, ou Maures baptisés. Mais peu après, le 12 février 1502, un édit royal les mit dans l’alternative d’embrasser le christianisme ou de partir pour l’exil. La majorité, cette fois encore, se fît baptiser.
Abbé Charles Barthélémy – Erreurs et mensonges historiques (1863)
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