Méditations sur les vertus de la confession

miserere-confessionJe considérerai, pour m’exciter et m’affectionner à la pratique de la confession fréquente, l’excellence des actes que l’on exerce en s’approchant du sacrement de Pénitence. Je m’attacherai à bien comprendre que Notre-Seigneur Jésus-Christ a institué ce sacrement dans son Eglise, afin que les fidèles trouvent dans leurs péchés même une occasion de pratiquer les plus hautes vertus, et un moyen non seulement de regagner ce qu’ils ont perdu, mais encore de tirer de leurs pertes les plus précieux avantages.
Les principaux de ces actes sont au nombre de sept.
Le premier est un acte de foi. Nous croyons fermement que le pouvoir de pardonner les péchés, pouvoir qui n’appartient en propre qu’à Dieu seul, a été communiqué aux prêtres, et qu’ils ont entre les mains les clefs du ciel, afin d’en faire descendre les grâces et les dons célestes qui justifient les pécheurs et les rendent dignes d’entrer dans le royaume promis aux justes.
Le second est un acte d’espérance au-dessus de toute espérance humaine. Car l’aveu qui, devant les tribunaux de la terre, est une cause de condamnation, devient, à ce tribunal du ciel, un titre à l’absolution et au pardon.
Le troisième est un acte de charité. Cette vertu inspire au pécheur un vif regret d’avoir offensé l’infinie bonté de Dieu et d’avoir perdu Sa grâce et Son amitié. Elle lui fait en même temps concevoir le désir de se réconcilier avec son Seigneur, afin de L’aimer et de Le servir désormais parfaitement.
Le quatrième est un acte héroïque d’humilité. Le pécheur s’humilie non seulement devant Dieu, mais aussi devant les hommes. Il révèle à un homme les fautes secrètes les plus capables de lui causer de la honte et de la confusion ; et cette confusion, il l’accepte pour l’amour de Dieu, content que d’autres le connaissent comme il se connaît lui-même.
Le cinquième est un acte d’obéissance d’autant plus excellente qu’elle est plus ardue. En effet, le pécheur repentant se soumet au confesseur comme à un supérieur, disposé à lui obéir en tout ce qu’il ordonnera en sa qualité de représentant de Jésus-Christ.
Le sixième est un acte de rigoureuse justice. Le pénitent est à la fois accusateur, accusé, témoin, juge, exécuteur de la sentence ; il se soumet au jugement du ministre de Dieu, non par contrainte, mais spontanément, prêt à venger lui-même par un saint zèle les outrages dont il s’est rendu coupable envers la divine Majesté, et à réparer le dommage qu’il a pu causer au prochain.
Le septième est un acte éclatant de courage qui consiste à se vaincre soi-même et à surmonter cette inclination qui porte les hommes à cacher leurs fautes, à les défendre, à les excuser, à l’exemple d’Adam, dont nous sommes tous en ce point les héritiers. Aussi celui qui triomphe de ce défaut est-il, selon la parole de Job, plus qu’un homme. Nous voyons en effet qu’il faut quelquefois faire un plus grand effort sur soi-même pour confesser humblement une faute que l’on a commise, que pour résister à la tentation quand elle nous porte à la commettre. C’est de même le sentiment de saint Grégoire, qu’il est ordinairement nécessaire de déployer plus d’énergie pour manifester une faute dont on s’est rendu coupable, que de repousser les instigations du démon pour ne point devenir coupable, et que, par conséquent, une humble confession n’est pas moins admirable que la pratique des autres vertus.
Tels sont les sept actes héroïques qui accompagnent d’ordinaire la confession et qui la rendent également méritoire devant Dieu, glorieuse devant les anges, et estimable dans l’opinion d’un sage confesseur.
Chacun doit donc s’efforcer de faire ces actes avec une grande ferveur, afin d’obtenir une grâce abondante, et s’appliquer cette parole de l’Ecclésiastique : Donnez et recevez, pour justifier votre âme. Et puisque Dieu veut bien vous remettre les sept péchés capitaux et vous communiquer avec sa grâce les sept dons du Saint-Esprit, offrez-lui les sept actes de vertu qui disposent l’âme à recevoir l’infusion de ces précieux dons.
Souvenez-vous que l’enfant de la Sunamite, ressuscité par Élisée, ouvrit sept fois la bouche avant d’être rappelé à la vie, et excitez dans votre coeur les sept affections qui portent le Seigneur à vous accorder une vie nouvelle, spirituelle et parfaite.
Vénérable Père Louis Du Pont (Jésuite) – MÉDITATIONS SUR LES MYSTÈRES DE NOTRE SAINTE FOI (1605)
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