Les principaux chefs chouans pendant la Révolution

Jean Chouan (1757 – 1794)
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Il joue un rôle actif dans la contre-révolution, favorise l’émigration. Sa tête étant mise à prix, il tente en vain, en mars 1793, de gagner l’Angleterre. En octobre 1793, il rejoint l’armée des Vendéens à Laval et participe aux combats jusqu’à la sanglante défaite du Mans, le 12 décembre 1793.Il se replie alors dans sa forêt de Misedon, où il continue la lutte sur un terrain qui lui est plus favorable que celui d’une bataille rangée. Mais le ravitaillement est difficile dans un pays sillonné par les troupes républicaines. En juillet 1794, il est reconnu dans une ferme ; poursuivi, il attire sur lui le feu des républicains pour permettre à sa belle-sœur, enceinte, de s’échapper. Grièvement blessé, il parvient à regagner la forêt mais meurt de ses blessures ; sa tombe n’a pas été retrouvée.
La famille de Jean Chouan connut un sort aussi tragique, au service de Dieu et du roi : un de ses frères mourut à la guerre, un autre fut guillotiné, ainsi que ses deux sœurs. Seul survécut René, qui reçut des Bourbons une pension de 400 francs et mourut en 1846, laissant une postérité.
Henri de la Rochejaquelein (1772 – 1794)
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« Henri de Larochejaquelein avait alors vingt ans. C’était un jeune homme assez timide, et qui avait peu vécu dans le monde ; ses manières et son langage laconique étaient remarquables par la simplicité et le naturel; il avait une physionomie douce et noble; ses yeux, malgré son air timide, paraissaient vifs et animés ; depuis, son regard devint fier et ardent. Il avait une taille élevée et svelte, des cheveux blonds, un visage un peu allongé, et une tournure plutôt anglaise que française. Il excellait dans tous les exercices du corps, surtout à monter à cheval. M. de La Rochejaquelein était chef des paroisses qui sont autour de Châtillon. Il avait un courage ardent et téméraire, qui le faisait surnommer l’Intrépide. Dans les combats, il avait le coup d’œil juste, et prenait des résolutions promptes et habiles. Il inspirait beaucoup d’ardeur et d’assurance aux soldats. On lui reprochait de s’exposer sans aucune nécessité, de se laisser emporter trop loin, d’aller faire le coup de sabre avec les ennemis. Dans les déroutes des républicains, il les poursuivait sans aucune prudence personnelle.
On l’exhortait aussi à s’occuper davantage des discussions du conseil de guerre. En effet, il les trouvait souvent oiseuses et inutiles; et après avoir dit son avis, il lui arrivait parfois de s’endormir; mais il répondait à tous les reproches: « Pourquoi veut-on que je sois un général ? Je ne veux être qu’un hussard, pour avoir le plaisir de me battre. » Malgré ce goût pour les combats, il était cependant rempli de douceur et d’humanité. Le combat finit, nul n’avait plus d’égards et de pitié pour les vaincus. Souvent en faisant un prisonnier, il lui offrait auparavant de se battre en corps à corps avec lui. » — Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein, Mémoires.
Jean-Nicolas Stofflet (1753 – 1796)
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« Stofflet était à la tête des paroisses du côté de Maulévrier. Il était Alsacien (sic), et avait été soldat. Lors de la révolte, il était garde-chasse au château de Maulévrier : il avait alors quarante ans; il était grand et robuste. Les soldats ne l’aimaient pas, parce qu’il était dur et brutal; mais ils lui obéissaient mieux qu’à personne, et cela le rendait fort utile. Les généraux avait grande confiance en lui ; il était actif, intelligent et brave. À la fin de mauvais conseillers se sont emparés de son esprit, l’on gouverné et lui ont inspiré un orgueil, une vanité qui ne lui était pas naturel, et qui lui ont fait commettre de grandes fautes et causé beaucoup de tort au parti. Alors il était, comme tout le monde, dévoué à faire le mieux possible, sans songer à lui. » — Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein, Mémoires.
Jacques Cathelineau (1759 – 1793)
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« Cathelineau commandait les gens du Pin-en-Mauge et des environs. C’était, comme je l’ai dit, un simple paysan qui avait fait quelque temps le métier de colporteur pour le commerce des laines. Jamais on a vu un homme plus doux, plus modeste et meilleur. On avait pour lui d’autant plus d’égards, qu’il se mettait toujours à la dernière place. Il avait une intelligence extraordinaire, une éloquence entraînante, des talents naturels pour faire la guerre et diriger les soldats: il était âgé de trente-quatre ans. Les paysans l’adoraient, et lui portaient le plus grand respect. Il avait depuis longtemps une grande réputation de piété et de régularité; tellement que les soldats l’appelaient le Saint de l’Anjou, et se plaçaient quand il le pouvaient auprès de lui dans les combats, pensant qu’on ne pouvait être blessé à côté d’un si saint homme. »— Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein, Mémoires.
François de Charette (1763 – 1796)
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Condamné à mort, il est fusillé le 29 mars 1796 sur la place Viarme à Nantes. Une croix, à l’angle de la Place Viarme et de la rue Félibien, commémore cette exécution. Il ordonnera lui-même de faire feu par sa célèbre réplique « lorsque je fermerai les yeux, tirez droit au cœur » il refusa d’ailleurs de se faire bander les yeux, dans un dernier effort au moment où les soldats ont tiré, il s’est jeté en avant.
Louis de Lescure (1766 – 1793)
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Il unissait à une admirable piété une grande bravoure, ce qui faisait que, tout en s’exposant avec intrépidité, il évitait toujours de verser du sang. Il portait souvent pendu à son côté un grand sabre remarquable par son ancienneté. Ses pistolets étaient rarement chargés. S’il poursuivait les fuyards, il les excitait à fuir promptement, pour éviter d’être tués. Personne n’était plus humain. Il a sauvé infiniment de prisonniers de la mort. S’il donnait son avis, c’était toujours par de bon motif ; mais on lui reprochait la chaleur avec laquelle il soutenait son opinion dans le conseil, ce qui peut quelquefois entraîner autant que la solidité des raisons. » — Comtesse de La Bouëre, Mémoires.
Charles de Bonchamps (1760 – 1793)
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Monsieur de Bonchamp, chef de l’armée d’Anjou, était un homme de trente-deux ans: il avait fait la guerre dans l’Inde avec distinction, comme capitaine d’infanterie, sous Monsieur de Suffren. Il avait une réputation de valeur et de talent que je n’ai jamais entendu contester une seule fois ; il était reconnu pour le plus habile des généraux ; sa troupe passait pour mieux exercée que les autres; il n’avait aucune ambition, aucune prétention ; son caractère était doux et facile ; il était fort aimé dans la grande armée et on lui accordait une entière confiance. Mais il était malheureux dans les combats : il a paru rarement au feu sans être blessé et son armée était ainsi souvent privé de sa présence ; c’est aussi pour cette cause que je n’ai jamais été porté à le voir. » — Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein, Mémoires
Maurice d’Elbée (1752 – 1794)
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« A un physique agréable et distingué, d’Elbée joignait les talents nécessaires à un chef de parti. Militaire consommé, il avait formé les vendéens à la manière de combattre la plus convenable à la localité et au génie de ce peuple. Ce chef de parti avait toutes les qualités pour jouer un grand rôle. […] D’Elbée a donné la preuve de ses talents dans l’exécution des plans. Ses lieutenants ont été battus à chaque fois qu’ils se sont écartés de ses principes. D’Elbée avait le don de la parole. Il s’exprimait avec grâce et facilité. Son éloquence était douce et persuasive. Il savait varier ses formes et ses tons. Il prenait souvent vis-à-vis des rebelles celui d’un inspiré, et il avait tellement acquis leur confiance et leur attachement, qu’après sa mort, j’ai vu des prisonniers vendéens verser des larmes, lorsqu’ils entendaient prononcer son nom. » — Louis Marie Turreau
Bernard de Marigny (1754 – 1794)
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« M. de Marigny fut nommé général de l’artillerie. Il s’entendait parfaitement à cette partie de l’art militaire: pendant la guerre contre l’Angleterre, il avait pris part à plusieurs débarquements, et il avait plus d’expérience que la plupart des officiers; mais il s’échauffait au point de perdre complètement la tête; aussi a-t-il nui quelquefois aux succès de l’armée, à laquelle cependant ses talents ont bien plus souvent servi. Il faut encore attribuer à cette espèce d’égarement et de vertige sa dureté et son inhumanité envers les vaincus.
Presque jamais il n’en épargnait aucun, quelque représentation qu’on pût lui faire; il était fortement persuadé que cela était utile au parti. Au milieu de ses cruautés, il continuait à se montrer, avec ses camarades et ses soldats, l’homme le meilleur et le plus affable; aussi était-il fort aimé; on ne pouvait s’empêcher de lui être très-attaché. »— Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein, Mémoires.
Georges Cadoudal (1771 – 1804)
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Georges Cadoudal, né à Brech le 1er janvier 1771, et mort guillotiné le 25 juin 1804 à Paris est un général chouan, maréchal de France à titre posthume, commandant de l’Armée catholique et royale de Bretagne. Son charisme et son intransigeance en font un personnage important de la contre-révolution soutenu indéfectiblement par sa conviction religieuse et la cause royale.
En juin 1793, Georges Cadoudal rejoint l’armée vendéenne à Chalonnes-sur-Loire, peu de temps après la bataille de Saumur.Le 29 juin, les Vendéens attaquent Nantes afin d’insurger la Bretagne. Cadoudal participe à la bataille de Nantes mais l’offensive échoue, les 30 000 Vendéens sont repoussés par 12 000 Républicains.
Pendant la suite de la guerre, Cadoudal prend part aux batailles livrées par la division de Bonchamps, la meilleure de l’armée vendéenne. Cadoudal reçoit le grade de capitaine de cavalerie.
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