De la perfection chrétienne dans le couple

Mariage célébré dans une église[21] Notre-Seigneur n’a d’ailleurs pas seulement voulu condamner, toute forme de polygamie et de polyandrie, successive ou simultanée, ou encore tout acte déshonnête extérieur ; mais, pour assurer complètement l’inviolabilité des frontières sacrées de l’union conjugale, il a prohibé aussi les pensées et les désirs volontaires concernant toutes ces choses : « Et moi je vous dis que quiconque arrête sur une femme des regards de concupiscence a déjà commis l’adultère dans son cœur ».
Ces paroles de Notre-Seigneur ne peuvent être infirmées même par le consentement de l’autre conjoint ; elles promulguent, en effet, une loi divine et naturelle qu’aucune volonté humaine ne saurait enfreindre ou fléchir.
[22] Bien plus, afin que le bien de la fidélité conjugale resplendisse de tout son éclat, les rapports intimes entre les époux eux-mêmes doivent porter l’empreinte de la chasteté, en sorte que les époux se comportent en tout suivant la règle de la loi divine et naturelle, et qu’ils s’appliquent toujours à suivre la volonté très sage et très sainte de leur Créateur avec un sentiment profond de respect pour l’œuvre de Dieu.
[23] Cette foi de la chasteté, comme saint Augustin l’appelle très justement, s’épanouira plus aisément et avec plus d’attrait et de beauté morale, dans le rayonnement d’une autre influence des plus excellentes : celle de l’amour conjugal qui pénètre tous les devoirs de la vie conjugale et qui tient dans le mariage chrétien une sorte de primauté de noblesse : « Car la fidélité conjugale requiert que l’homme et la femme soient unis par un amour particulier, par un saint et pur amour ; ils ne doivent pas s’aimer à la façon des adultères, mais comme Jésus-Christ a aimé l’Église : c’est cette règle que l’Apôtre a prescrite quand il a dit : Époux, aimez vos épouses comme le Christ a aimé son Église ; et le Christ a assurément enveloppé son Église d’une immense charité, non pour son avantage personnel, mais en se proposant uniquement l’utilité de son épouse ».
Nous disons donc : « la charité », non pas fondée sur une inclination purement charnelle et bien vite dissipée, ni bornée à des paroles affectueuses, mais résidant dans les sentiments intimes du cœur, et aussi – car l’amour se prouve par les œuvres – manifestée par l’action extérieure.
Cette action, dans la société domestique, ne comprend pas seulement l’appui mutuel : elle doit viser plus haut – et ceci doit même être son objectif principal, – elle doit viser à ce que les époux s’aident réciproquement à former et à perfectionner chaque jour davantage en eux l’homme intérieur : leurs rapports quotidiens les aideront ainsi à progresser jour après jour dans la pratique des vertus, à grandir surtout dans la vraie charité envers Dieu et envers le prochain, cette charité où se résume en définitive « toute la Loi et les Prophètes ».
Car enfin, dans n’importe quelle condition et n’importe quel état de vie honnête, tous peuvent et tous doivent imiter l’exemplaire parfait de toute sainteté que Dieu a présenté aux hommes dans la personne de Notre-Seigneur, et, avec l’aide de Dieu, parvenir au faîte de la perfection chrétienne, comme le prouve l’exemple de tant de saints.
Pape Pie XI – Encyclique Casti Connubii – 1930
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