Les terribles conséquences du divorce

divorce[99] Tous les arguments que l’on a coutume d’apporter pour établir l’indissolubilité de l’union conjugale, et que nous avons indiqués plus haut, ont manifestement la même valeur pour exclure la nécessité ou la possibilité du divorce et pour refuser à quelque magistrat que ce soit le pouvoir de l’accorder : à tous les avantages de l’indissolubilité correspondent autant de dommages de l’autre côté, dommages très pernicieux tant pour les individus que pour la société humaine tout entière.
[100] Et, pour revenir aux enseignements de Notre prédécesseur [Léon XIII], il est à peine nécessaire de dire que les divorces sont la source d’autant de maux que l’indissolubilité conjugale apporte avec elle de bienfaits. D’un côté, en effet, avec le lien intact nous voyons les mariages tranquilles et en sécurité ; de l’autre, la perspective d’une séparation prochaine, le péril même d’un divorce éventuel rendent précaire l’union conjugale : ils y introduisent, en tout cas, des soupçons pleins d’anxiété.
D’un côté, la bienveillance mutuelle et la communauté des biens merveilleusement affermies ; de l’autre, misérablement affaiblies par la possibilité même de la séparation.
D’un côté, de très opportunes garanties pour la chaste fidélité conjugale ; de l’autre, de pernicieuses excitations offertes à l’infidélité.
D’un côté, la venue des enfants, leur protection, leur éducation efficacement protégées ; de l’autre, sujettes aux plus graves dommages.
D’un côté, la porte étroitement fermée aux inimitiés entre les familles et entre les proches ; de l’autre, les occasions qui s’en multiplient.
D’un côté, les semences de discordes plus facilement étouffées ; de l’autre, jetées plus largement et plus abondamment.
D’un côté, surtout, la dignité et la fonction de la femme, aussi bien dans la société civile que dans la société domestique, heureusement restaurées et remises en honneur ; de l’autre, indignement humiliées, car les épouses encourent alors le péril, « après avoir servi à assouvir la passion de leurs maris, d’être considérées comme abandonnées ».
[101] Et parce que, pour conclure par ces très graves paroles de Léon XIII, « rien n’est si puissant que la corruption des mœurs pour perdre les familles et pour ruiner la force des États, il est facile d’apercevoir que les divorces représentent le plus funeste des dommages pour la prospérité des familles et des États, car ils naissent de la dépravation générale des mœurs, et, l’expérience en fait foi, ils ouvrent la voie et la porte aux habitudes les plus vicieuses de la vie privée et de la vie publique. Et il deviendra évident que ces maux sont plus graves encore, si l’on considère qu’aucun frein ne réussira à maintenir dans des limites certaines, ou fixées d’avance, l’usage des divorces.
La force des exemples est bien grande, celle des appétits plus grande encore : leurs excitations auront forcément ce résultat que le désir morbide du divorce, se communiquant de proche en proche, gagnera de plus en plus les âmes ; telle une maladie qui se répand par contagion ; tel un fleuve qui, franchissant ses digues, inonde tout ».
[102] C’est pourquoi, comme on le lit dans cette même Encyclique, « si les choses ne changent pas, les familles et la société humaine devront craindre sans cesse qu’on en arrive misérablement à mettre toutes choses en question et en péril ».
À quel point se sont vérifiées ces prévisions formulées il y a cinquante ans, on en a la preuve dans la corruption qui grandit de jour en jour, et dans la dépravation inouïe de la famille dans les régions où le communisme domine sans conteste.
Pape Pie XI – Encyclique Casti Connubii – 1930
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