Debout, soldats du Christ !

messico_cristeros-32« Debout, soldat du Christ, debout, et secouez la poussière dont vous êtes couvert ; retournez au combat dont vous vous êtes éloigné ; reprenez part à la lutte après avoir commencé par fuir ; redoublez de courage, et vous triompherez avec plus de gloire.
Le Christ compte un bon nombre de soldats qui, après avoir commencé la lutte avec ardeur, ont tenu bon jusqu’à la fin et ont remporté la victoire ; mais il en compte bien peu qui, après s’être enfuis, sont revenus au combat qu’ils avaient abandonné, pour faire à leur tour prendre la fuite à l’ennemi devant lequel ils avaient eux-mêmes tourné le dos.
Tout ce qui est rare est précieux, aussi je me réjouis à la pensée que vous pouvez être du petit nombre de ces derniers combattants dont la gloire paraîtra d’autant plus grande qu’ils comptent fort peu d’imitateurs.
D’ailleurs si vous avez tellement peur, pourquoi du moins craignez-vous là même où il n’y a rien à craindre, tandis que vous n’avez pas, peur là où il y a tant à trembler ? Auriez-vous la pensée que vous avez échappé aux mains des ennemis parce que vous avez pris la fuite ?
Mais votre adversaire vous poursuit l’épée dans les reins si vous fuyez, tandis que c’est à peine s’il ose vous attaquer quand vous lui résistez ; il ne manque pas de courage pour frapper par derrière, mais il n’en a pas autant pour attaquer en face. A présent que vous avez jeté vos armes loin de vous, vous prolongez sans défiance votre sommeil jusque bien avant dans la matinée: hélas ! n’est-ce pas le matin que le Christ s’est levé du tombeau ?
Sachez donc que privé de vos armes vous êtes plus accessible à la crainte en même temps que vous en inspirez beaucoup moins à l’ennemi. Une foule de gens armés environnent votre maison, et vous dormez ! les voilà qui franchissent le fossé, ils se fraient un passage dans la haie, déjà ils se précipitent par la porte de derrière : est-il plus sûr pour vous qu’ils vous trouvent seul plutôt qu’au milieu des autres, sans armes et dans votre lit, plutôt que sous les armes et dans la plaine ?
Réveillez-vous donc, prenez vos traits, courez vous joindre à vos compagnons d’armes que vous avez abandonnés pour fuir ; que la crainte qui vous a d’abord séparé d’eux vous ramène de nouveau dans leurs rangs ! Soldat efféminé, si vous avez trouvé vos armes trop dures et trop pesantes, l’ennemi qui vous presse et les traits qui volent de tous côtés vous ferait oublier le poids de votre bouclier, de votre casque et de votre cuirasse.
Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) – Lettre I à Robert son neveu
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