Le séditieux est celui qui excite la sédition

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Le « mariage » des invertis : un exemple (parmi tant d’autres !) de sédition politique
ARTICLE 1 : La sédition est-elle un péché spécial ?
Objections :
1. Apparemment non. En effet, d’après S. Isidore, « le séditieux est celui qui jette la dissension parmi les esprits et provoque des discordes ». Or, celui qui fait commettre un péché ne commet pas un péché différent de celui qu’il suscite. Il semble donc que la sédition ne soit pas un péché spécial, distinct de la discorde.
2. La sédition implique une division. Or, le mot même de schisme se prend de la scission, nous l’avons vu plus haut. Le péché de sédition ne semble donc pas distinct du péché de schisme.
3. Tout péché spécial, distinct des autres, ou bien est un vice capital, ou bien découle d’un vice capital. Or, la sédition n’est pas comptée parmi les vices capitaux, ni non plus parmi les vices qui proviennent des vices capitaux, comme on le voit dans « Les Morales » de St Grégoire où ces deux catégories de vices sont énumérées. Donc la sédition n’est pas un vice spécial, distinct des autres.
En sens contraire, dans la 2e épître aux Corinthiens (2 Co 12,20), les séditions sont distinguées des autres péchés.
Réponse :
La sédition est un péché spécial qui, par un côté coïncide avec la guerre et la rixe, et, par un autre côté, en diffère. Elle coïncide avec elles en ce qu’elle implique une certaine contradiction. Mais elle en diffère sur deux points.
D’abord, parce que la guerre et la rixe impliquent une attaque réciproque, en acte. Or, on peut appeler sédition soit une attaque de ce genre, en acte, soit sa préparation. C’est pourquoi la Glose, à propos du texte des Corinthiens, dit que les séditions sont  » des soulèvements en vue du combat « , ce qui a lieu quand les hommes se préparent au combat et le recherchent.
La seconde différence, c’est que la guerre se fait à proprement parler contre les ennemis du dehors, comme une lutte de peuple à peuple.
La rixe, elle, se fait d’un particulier à un autre particulier, ou d’un petit groupe à un autre.
La sédition, au contraire, se produit à proprement parler entre les parties d’un même peuple qui ne s’entendent plus; lorsqu’une partie de la cité, par exemple, se soulève contre une autre.
Voilà pourquoi la sédition, parce qu’elle s’oppose à un bien spécial, à savoir l’unité et la paix de la multitude, est un péché spécial.
Solutions :
1. On appelle séditieux celui qui excite la sédition. Et parce que la sédition implique une certaine discorde, le séditieux est celui qui cause non pas une discorde quelconque, mais celle qui divise les parties d’un même peuple. D’autre part, le péché de sédition n’est pas seulement en celui qui sème la discorde, mais aussi en tous ceux qui, d’une manière désordonnée, sont divisés entre eux.
2. La sédition diffère du schisme en deux points. D’abord parce que le schisme s’oppose à l’unité spirituelle de la multitude, qui est l’unité de l’Église, alors que la sédition s’oppose à l’unité temporelle ou séculière du peuple, par exemple de la cité ou du royaume. En outre, parce que le schisme ne comporte pas de préparation à une lutte corporelle et n’implique qu’un désaccord spirituel, alors que la sédition implique la préparation à une lutte corporelle.
3. La sédition, comme le schisme, est contenue dans la discorde. Tous deux sont une certaine discorde, non des particuliers entre eux, mais entre une partie du peuple et une autre partie. 
St Thomas d’Aquin – Somme théologique – Questions IIa IIae Qu 42
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