Réflexion sur la conduite à tenir dans le combat

camelotsduroi-6-2-34
Vincent Reynouard, l’auteur de ce texte a malheureusement apostasié, par charité, nous devons prier pour sa conversion : voir ici
Le piège dans lequel tombent réactionnaires et conservateurs
En se désolidarisant du fascisme révolutionnaire, les « réactionnaires » et les « conservateurs » tombent dans le piège tendu par la République. Les « conservateurs » se font finalement les complices de l’idéal jacobin (en se disant partisans de l’ordre, mais dans le cadre de la république démocratique, des droits de l’homme, du respect des libertés individuelles etc.) ; les « réactionnaires » stérilisent leur combat en se crispant sur un passé définitivement révolu (l’Ancien Régime, la France coloniale, la France de Pétain…).
La vraie Tradition n’est pas l’immobilisme
Ces derniers oublient que la vraie Tradition n’est pas l’immobilisme, l’idéalisation d’un passé révolu. Elle est processus, c’est-à-dire effort toujours renouvelé pour que la réalité sociale, politique, intellectuelle, doctrinale, culturelle, artistique tende vers la perfection (autrement dit : s’approche davantage de son concept ou de son essence). Et cela vaut même pour la Sainte Eglise, qui nomme son propre devenir « évolution homogène de formulation du dogme » [défini par St Vincent de Lérins, repris par le Concile Vatican I en 1870].
Caractères des vrais révolutionnaires de l’ultra-droite
De sorte que la pointe du combat révolutionnaire d’ultra-droite, que nous avons vocation à incarner, ne sera le fait ni de passéistes bornés et antifascistes, ni de braillards déguisés en SS, mais des pères de famille sérieux, appliqués à leur devoir d’état, d’une moralité irréprochable, solidaires et dévoués les uns pour les autres, émancipés du romantisme, travailleurs et soucieux du salut de leur âme, mais en même temps pratiquant les vertus de la révolution permanente, poussant jusqu’à son terme, et sans concession, la logique des principes qu’ils savent vrais et immuables.
Ces principes, ils ne les confondent pas, parce qu’ils les savent intemporels, avec les formes obsolètes de leur réalisation imparfaite dans le passé.
Ces hommes, par raison et non par sentiment, seront :
fascistes et non unilatéralement monarchistes ;
catholiques intransigeants et non vaguement spiritualistes ;
révolutionnaires et non conservateurs (et même, plutôt, révolutionnaires parce que conservateurs) ;
raisonnablement critiques et non adorateurs d’un passé adorné ;
– explicitement corporatistes, antilibéraux et anticommunistes, antidémocrates et partisans de la dictature,
antisionistes — comme l’était la revue Esprit en 1933, et qui aimerait bien le faire oublier aujourd’hui (voici ce que l’on peut lire dans la huitième livraison de la revue Esprit (1er mai 1933, pp. 152-3) : « Le sionisme est une solution que nous ne pouvons accepter. La Palestine est un pays arabe ; les terres utilisées par une culture proprement dite comme les terres dites incultes et les terres utilisées par l’élevage appartiennent aux Arabes ; on peut envisager un rendement supérieur de ces terres, mais les mesures qui seraient alors à prendre ne peuvent légitimement être prises que par un état arabe […] ; on ne peut songer à mutiler le futur état arabe au profit d’un état artificiellement créé par importation. ») — et radicalement ennemis de la judéo-maçonnerie.
En même temps ils seront rigoureux et modestes, sans ostentation, bons époux et bons pères.
Oui, les véritables extrémistes de notre temps ne sont ni les « tradis » crispés, ni les braillards amateurs de costumes, de formules littéraires romantiques et d’attitudes avantageuses ; ce sont les pères de famille réservés et sérieux, que la conscience de la décadence oblige, sous la pression de la seule raison, à se faire radicalement révolutionnaires.
Si saint Thomas d’Aquin revenait aujourd’hui, c’est à un fascisme chrétien que ressemblerait sa philosophie du bien commun. Et si les amateurs d’extrémisme ostentatoire étaient lucides, c’est à la philosophie du catholicisme qu’ils se référeraient. Car c’est elle qui — bien comprise — se révèle la plus novatrice et la plus révolutionnaire.
C’est cela qu’il faut faire comprendre à tous, aux passéistes racornis et aux attentistes comme aux activistes de café et de salon. Il y a aujourd’hui, dans la nébuleuse de la droite antiparlementaire, des « révolutionnaires en paroles » qui, dans les faits, pactisent avec l’esprit libéral. Il y a surtout des pères de famille réactionnaires qui, par antifascisme et antinazisme, ne sont pas révolutionnaires et se condamnent à l’impuissance. Parfois même, ils se font objectivement complices des faiseurs de décadence.
Vincent Reynouard – Lettre à Jean-Marie Le Pen (2006)
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