Le communisme, un faux mysticisme mortel

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La crèche : une horrible invention communiste qui arrache les enfants à leurs mamans
8. Le communisme d’aujourd’hui, d’une manière plus accusée que d’autres mouvements semblables du passé, renferme une idée de fausse rédemption. Un pseudo-idéal de justice, d’égalité et de fraternité dans le travail, imprègne toute sa doctrine et toute son activité d’un certain faux mysticisme qui communique aux foules, séduites par de fallacieuses promesses, un élan et un enthousiasme contagieux, spécialement en un temps comme le nôtre, où par suite d’une mauvaise répartition des biens de ce monde règne une misère anormale.
On vante même ce pseudo-idéal, comme s’il avait été le principe d’un certain progrès économique: quand il est réel, ce progrès s’explique par bien d’autres causes, comme l’intensification de la production industrielle dans des pays qui en étaient presque privés, la mise en valeur d’énormes richesses naturelles, l’emploi de méthodes brutales pour faire d’immenses travaux à peu de frais.
Matérialisme évolutionniste de Marx
9. La doctrine, que le communisme cache sous des apparences parfois si séduisantes, a aujourd’hui pour fondement les principes du matérialisme dialectique et historique déjà prônés par Marx; les théoriciens du bolchevisme prétendent en détenir l’unique interprétation authentique. Cette doctrine enseigne qu’il n’existe qu’une seule réalité, la matière, avec ses forces aveugles; la plante, l’animal, l’homme sont le résultat de son évolution. De même, la société humaine n’est pas autre chose qu’une apparence ou une forme de la matière qui évolue suivant ses lois; par une nécessité inéluctable elle tend, à travers un perpétuel conflit de forces, vers la synthèse finale : une société sans classe.
Dans une telle doctrine, c’est évident, il n’y a plus de place pour l’idée de Dieu. il n’existe pas de différence entre l’esprit et la matière, ni entre l’âme et le corps: il n’y a pas de survivance de l’âme après la mort, et par conséquent nulle espérance d’une autre vie. Insistant sur l’aspect dialectique de leur matérialisme, les communistes prétendent que le conflit, qui porte le monde vers la synthèse finale, peut être précipité grâce aux efforts humains. C’est pourquoi ils s’efforcent de rendre plus aigus les antagonismes qui surgissent entre les diverses classes de la société; la lutte des classes, avec ses haines et ses destructions, prend l’allure d’une croisade pour le progrès de l’humanité.
Par contre, toutes les forces qui s’opposent à ces violences systématiques, quelle qu’en soit la nature, doivent être anéanties comme ennemies du genre humain.
Le sort de la personne humaine et de la famille
10. De plus, le communisme dépouille l’homme de sa liberté, principe spirituel de la conduite morale ; il enlève à la personne humaine tout ce qui constitue sa dignité, tout ce qui s’oppose moralement à l’assaut des instincts aveugles. On ne reconnaît à l’individu, en face de la collectivité, aucun des droits naturels à la personne humaine; celle-ci, dans le communisme, n’est plus qu’un rouage du système.
Dans les relations des hommes entre eux, on soutient le principe de l’égalité absolue, on rejette toute hiérarchie et toute autorité établie par Dieu, y compris l’autorité des parents.
Tout ce qui existe de soi-disant autorité et subordination entre les hommes dérive de la collectivité comme de sa source première et unique. On n’accorde aux individus aucun droit de propriété sur les ressources naturelles ou sur les moyens de production, parce qu’ils sont l’origine d’autres biens, et que leur possession entraînerait la domination d’un homme sur l’autre. Voilà précisément pourquoi ce genre de propriété privée devra être radicalement détruit, comme la première source de l’esclavage économique.
11. En refusant à la vie humaine tout caractère sacré et spirituel, une telle doctrine fait nécessairement du mariage et de la famille une institution purement conventionnelle et civile, fruit d’un système économique déterminé. On nie par conséquent l’existence d’un lien matrimonial de nature juridicomorale qui soit soustrait au bon plaisir des individus ou de la collectivité et, par suite, on rejette l’indissolubilité de ce lien. En particulier, le communisme n’admet aucun lien spécial de la femme avec la famille et le foyer.
En proclamant le principe de l’émancipation de la femme, il l’enlève à la vie domestique et au soin des enfants pour la jeter dans la vie publique et dans les travaux de la production collective au même titre que l’homme; le soin du foyer et des enfants est dévolu à la collectivité. Enfin on retire aux parents le droit de l’éducation, que l’on considère comme un droit exclusif de la communauté, c’est seulement au nom de la communauté et par délégation que les parents peuvent encore l’exercer. Ce que deviendrait la société.
12. Que deviendrait donc la société humaine fondée sur de tels principes matérialistes ? Elle serait une collectivité sans autre hiérarchie que celle du système économique. Elle aurait pour unique mission la production des biens par le travail collectif et pour unique fin la jouissance des biens terrestres dans un paradis où chacun  » donnerait selon ses forces et recevrait selon ses besoins « . C’est à la collectivité que le communisme reconnaît le droit ou plutôt le pouvoir discrétionnaire d’assujettir les individus au joug du travail collectif, sans égard à leur bien-être personnel, même contre leur propre volonté, et quand il le faut, par la violence. L’ordre moral aussi bien que l’ordre juridique ne serait plus, dès lors, qu’une émanation du système économique en vigueur; il ne serait fondé que sur des valeurs terrestres, changeantes et caduques.
Bref, on prétend ouvrir une ère nouvelle, inaugurer une nouvelle civilisation résultant d’une évolution aveugle :  » une humanité sans Dieu ! « 
13. Enfin quand l’idéal collectiviste sera devenu pour tous une réalité, au terme utopique de cette évolution, où la société ne connaîtra plus les différences de classes, l’Etat politique, aujourd’hui instrument de domination des capitalistes sur les prolétaires, perdra toute sa raison d’être et  » disparaîtra de lui-même « .
Cependant, en attendant cet âge d’or, le communisme considère l’Etat et le pouvoir politique comme le moyen le plus efficace et le plus universel pour arriver à ses fins.
14. Vénérables Frères, voilà le nouvel Evangile que le communisme bolchevique et athée prétend annoncer au monde, comme un message de salut et de rédemption ! Système rempli d’erreurs et de sophismes, opposé à la raison comme à la révélation divine: doctrine subversive de l’ordre social puisqu’elle en détruit les fondements mêmes, système qui méconnaît la véritable origine, la nature et la fin de l’Etat, ainsi que les droits de la personne humaine, sa dignité et sa liberté.
Pape Pie XI – Encyclique Divini Redemptoris – 1937
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