Libérer les âmes de l’esclavage avant de libérer les corps

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…et non « libérer les corps pour mieux asservir les âmes », comme le fait la F.: M.:
L’abolition de l’esclavage n’a pas été effectuée en un jour. On peut y voir un des soucis les plus constants, les plus pressants de l’Eglise de Rome ; mais réaliste comme elle l’était, il lui fallut procéder par étapes avant de réaliser son objet.
Elle s’attacha tout d’abord à la libération des âmes avant de réclamer pour les foules en servitude la pleine disposition de leur corps.
Mal nécessaire dans une société toute païenne, mal excusable aux temps médiévaux au cours desquels l’esclave, puis le serf furent incorporés étroitement à la famille, l’esclavage était florissant au siècle de Saint-Martin (IVè siècle). Ce qui fendait le cœur de tous, déjà humanisé par la doctrine évangélique, c’était le spectacle quotidien de cette multitude de prisonniers de guerre que traînaient derrière eux les généraux vainqueurs, les gouverneurs de provinces, les préfets d’Empire, les destinant aux travaux les plus rudes et souvent même à l’abattoir.
Et notez que ces hauts Seigneurs avaient été convertis, baptisés, qu’ils se disaient chrétiens. Le bon évêque défaillait et s’indignait à cette vue. Mais, non content de les consoler, de réconforter les victimes, de les soigner, de les nourrir, de les vêtir, il en appelait à leurs maîtres, si haut placés qu’ils fussent, et il ne craignait pas de parler fort.
Mais il priait surtout, comme chaque fois que l’affaire en valait la peine et dépassait ses trop faibles pouvoirs humains.
Henri Ghéon – Saint-Martin, l’évêque des païens (1941)
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