La peste libérale infiltrée dans l’Eglise… déjà en 1775 !

PieVI6. (…) Quelque chose de beaucoup plus grave exige Notre discours, et même, requiert en abondance nos larmes : il s’agit de ce mal pestilentiel que la sauvagerie de notre époque a généré.
Unanimes, en rassemblant toutes nos forces, préparons le remède nécessaire afin que, par Notre négligence, cette peste ne grandisse dans l’Église, au point d’en devenir incurable.
Il semble en effet qu’en ce moment arrivent ces « jours dangereux » prophétisés par l’Apôtre Paul, jours dans lesquels « les hommes en effet, seront égoïstes, cupides, fanfarons, orgueilleux, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, impies, sans cœur, implacables, calomniateurs, sans frein, cruels, ennemis du bien, traîtres, emportés, gonflés d’orgueil, amis du plaisir plus qu’amis de Dieu, sous les dehors de la piété dont ils auront renié le pouvoir ;[…] toujours en quête d’apprendre, sans jamais pouvoir parvenir à la connaissance de la […], eux aussi font opposition à la vérité, hommes à l’esprit perverti, réprouvés pour ce qui est de la Foi. » (2 Tim. 3,3-5).
Ceux-là s’érigent en maîtres « absolument menteurs », comme les appelle le prince des Apôtres, Pierre, et ils introduisent des principes de perdition ; ils nient ce Dieu qui les a rachetés, se procurant à eux-mêmes une ruine rapide.
Ils disent êtres des sages, et ils sont au contraire devenus stupides ; leur cœur est terni et ignorant. Vous-mêmes, qui avez été placés comme scrutateurs dans la maison d’Israël, voyez clairement quel triomphe accompagnait cette philosophie pleine de tromperies [Voltaire et cie], qui sous un nom honnête cache sa propre impiété, et qui, et avec quelle facilité, attire à elle et séduit tant de peuples.
Qui pourra parler de l’iniquité des dogmes et des désirs intenses qu’elle tente d’insinuer ? Ces hommes, alors qu’ils veulent faire croire qu’ils cherchent la sagesse, « parce qu’ils ne la cherchent pas de la bonne manière, tomberont »; en outre, « ils tombent dans des erreurs si grandes, qu’ils ne parviennent même pas à avoir la sagesse commune » (Lattanzio, Divine istituzioni, lib. III, cap. 28, Parigi,1748). (Lattanzio, Institutions Divines, livre III, chap. 28, Paris,1748).
Ils arrivent même au point de déclarer de façon impie soit que Dieu n’existe pas, soit qu’il est vain, et fainéant, qu’il ne s’occupe pas du tout de nous, et qu’il ne révèle rien aux hommes.
Pour que l’on ne doive pas s’émerveiller si quelque chose est saint ou divin, ils déblatèrent que tout cela a été inventé et imaginé par l’esprit de personnes qui ne s’y connaissent pas, qui sont préoccupées par une peur inutile de l’avenir, et qui sont attirées par la vaine espérance de l’immortalité.
D'après_Maurice_Quentin_de_La_Tour,_Portrait_de_Voltaire,_détail_du_visage_(château_de_Ferney)Or ces menteurs savants adoucissent et occultent l’immense perversité de leurs dogmes par des paroles et des expressions tellement séduisantes, que les plus faibles – qui sont la majorité – sont comme pris à l’hameçon, trompés de façon affreuse ; et soit ils abjurent complètement la Foi, soit ils la laissent vaciller en grande partie, en suivant une doctrine acclamée et ils ouvrent les yeux vers une fausse lumière qui leur fait plus de mal que les ténèbres mêmes.
Il est évident que notre ennemi, qui a envie et qui est capable de nuire, de même qu’il a pris l’aspect du serpent pour tromper les premiers hommes, de même il a armé les langues certainement menteuses, dont le Prophète (Ps. 119) lui-même demande que son âme soit libérée : du venin de cette fausseté qui a servi d’arme pour séduire les fidèles. Ainsi en est-il de ceux qui « s’insinuent humblement, capturent doucement et tuent secrètement » (Saint Léon M., Sermon XVI, chap. 3). Il s’ensuit tant de corruption des mœurs, tant de licence dans la façon de penser et de parler, tant d‘arrogance et de témérité dans chaque action !
7. En vérité, ces philosophes pervers, après avoir répandu ces ténèbres et après avoir extirpé des cœurs la religion, cherchent surtout à faire en sorte que les hommes dissolvent tous ces liens par lesquels ils sont unis entre eux et avec leurs souverains en les obligeant à faire ce qu’ils veulent ; ils proclament jusqu’à la nausée que l’homme naît libre et qu’il n’est assujetti à personne.
Donc la société est une foule d’hommes ineptes, dont la stupidité se prosterne devant les prêtres (qui les ensorcellent) et devant les rois (qui les oppriment), à tel point que la collusion entre le sacerdoce et l’empire n’est rien d’autre qu’une épouvantable conjuration contre la liberté naturelle de l’homme.
Ceux qui ne voient pas ces folies, et d’autres semblables qui sont couvertes de plusieurs couches de mensonges, procurent d’autant plus de tort à la tranquillité et à la paix publique que l’impiété de ces auteurs est punie tardivement.
Et ils abîment d’autant plus les âmes, rachetées par le Sang du Christ, que d’autant plus se répand, comme le chancre, leur prédication, et celle-ci s’installe dans les académies publiques, dans les maisons des puissants, dans les palais des rois, et elle s’insinue –et c’est horrible à dire – jusque dans les milieux sacrés.
8. C’est pourquoi, Vénérables Frères, Vous qui êtes le Sel de la Terre, les gardiens et les pasteurs du troupeau du Seigneur, vous qui devez combattre les batailles du Seigneur, levez-vous, armez-vous de votre épée, qui est la parole de Dieu.
Chassez de vos terres la contagion inique. Jusqu’à quand garderons-nous cachée l’injure faite à la Foi commune et à l’Église ?
S.S. le Pape Pie VI – Encyclique Inscrutabile Divinae – Donnée à Rome, en la Basilique Saint Pierre, le 25 décembre 1775
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