L’Eglise doit-elle être de son temps ?

Guy-Gilbert-La-UneOn répète volontiers que l’Eglise doit être de son temps. Sauf respect, c’est au moins une niaiserie. L’Eglise est de son temps, en a toujours été, en sera toujours, parce qu’elle est de tous les temps. Si c’est là ce qu’on veut dire, on ne fait qu’une dépense de paroles inutiles.
 Malheureusement, dans la gnose libérale, ces mots insignifiants reçoivent un sens qui fait horreur. L’Eglise doit être de son temps, même quand le « temps » veut qu’elle ne soit pas ; et par une conséquence naturelle, Dieu aussi doit être de son temps : c’est-à-dire que Dieu aussi doit couler dans le sablier, finir avec l’heure, et ne recommencer avec elle que si la main de l’homme daigne le retourner !
En d’autres termes, il n’y a pas d’Eglise, et l’homme crée Dieu. Ces formules caractérisent l’époque qui les admet. Nous traversons véritablement une orgie de sottise.
Louis Veuillot – L’Illusion libérale (1866) – Téléchargez le livre en pdf
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