Imiter la patience du Seigneur

1172_511277272271941_423738300_nNotre Seigneur a été un modèle incomparable de patience : il a supporté un « démon » parmi ses disciples (Jn 6,70) jusqu’à sa passion ; il a dit : « Laissez croître l’un et l’autre jusqu’à la moisson, de peur qu’en arrachant l’ivraie, vous ne déraciniez le bon grain » (Mt 13,29) ; pour figurer l’Eglise, il a prédit que le filet ramènerait toujours sur le rivage, c’est-à-dire jusqu’à la fin du monde, toutes sortes de poissons, bons et mauvais.
Il a fait connaître de plusieurs autres manières, soit ouvertement, soit par paraboles, qu’il y aurait le mélange des bons et des méchants. Et pourtant il affirme qu’il faut veiller sur la discipline de l’Eglise quand il dit : « Prenez-y bien garde ; si votre frère a péché contre vous, allez et reprenez-le entre vous et lui seul ; s’il vous écoute, vous aurez gagné votre frère » (Mt 18,15)…
Mais aujourd’hui, nous voyons des hommes qui ne considèrent que les préceptes rigoureux, qui commandent de réprimer les perturbateurs, de « ne pas donner aux chiens les choses saintes » (Mt 7,6), de traiter comme un publicain celui qui méprise l’Eglise (Mt 18,17), de retrancher du corps le membre scandaleux (Mt 5,30). Leur zèle intempestif trouble tellement l’Eglise qu’ils voudraient arracher l’ivraie avant le temps, et leur aveuglement les rend eux-mêmes ennemis de l’unité de Jésus Christ…
Prenons garde de ne pas laisser entrer dans notre cœur ces pensées présomptueuses, de chercher à nous séparer des pécheurs pour ne pas nous souiller à leur contact, de vouloir former comme un troupeau de disciples purs et saints ; nous ne ferions que rompre l’unité, sous le prétexte de ne pas fréquenter des méchants.
Au contraire rappelons-nous les paraboles de l’Ecriture, ses paroles inspirées, ses exemples frappants, où il nous est montré que, dans l’Eglise, les méchants seront toujours mêlés aux bons, jusqu’à la fin du monde et au jour du jugement, sans que leur participation aux sacrements soit nuisible aux bons, du moment que ceux-ci n’auront pas participé à leurs péchés.
Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord), le plus grand des Pères de l’Glise et docteur de celle-ci – Sur la foi et les œuvres, ch. 3-5 
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