Davila, le réactionnaire authentique (3)

11883_solitude_440x2602(36) Ceux qui professent que le noble est vil finissent par prêcher que le vil est noble.
(47) Méfions-nous de ceux qui ont besoin de certificats d’origine pour prouver leur noblesse.
(58) L’homme cultivé a le devoir d’être intolérant.
(66) Un par un, les hommes sont peut-être notre prochain, mais en troupeau, sûrement pas.
(68) Le châtiment de celui qui se cherche est qu’il se trouve.
(76) Le type de l’idiot contemporain est caractérisé par la fougue avec laquelle il se proclame dénué de préjugés.
(77) La plus abominable des perversions modernes est la honte de paraître ingénus si nous ne flirtons pas avec le mal.
(81) Celui qui parle de sa «génération» avoue son appartenance à un troupeau.
(88) L’humanité actuelle a remplacé le mythe d’un âge d’or passé par celui d’un futur âge de plastique.
(89) Il suffit de considérer ce que les éditeurs publient, pour être pris de vertige en songeant à ce qu’ils refusent.
(111) Quand le dialogue est le seul recours, la situation est perdue.
(120) Le marxisme, plus qu’un diagnostic, est un symptôme.
(126) Inutile, comme une révolution.
(137) Les révolutionnaires ne détruisent, en définitive, que ce qui rendait tolérables les sociétés contre lesquelles ils se révoltent.
(142) Le prolétariat tend vers la vie bourgeoise comme les corps vers le centre de la terre.
(142) L’individu se déclare membre d’une collectivité quelconque afin d’exiger au nom de celle-ci ce qu’il a honte de réclamer en son nom propre.
(143) Une stupidité ne cesse pas d’être stupide parce que quelqu’un est mort pour elle.
(154) La civilisation consiste toujours à s’habiller, pas à se déshabiller.
(156) Le malheur du moderne n’est pas de devoir vivre une vie médiocre, mais de croire qu’il pourrait en vivre une qui ne le soit pas.
(185) Il existe aujourd’hui tant de publics différents que n’importe quel livre, aussi médiocre soit-il, trouve des illettrés qu’il séduit.
war(189) L’idiot, pour être parfait, doit être un peu cultivé.
(197) Les révolutions ne sont pas les locomotives, mais les déraillements de l’histoire.
(203) Pour nous préserver de l’abrutissement, il suffit d’éviter les conversations de jeunes et les divertissements d’adultes.
(205) Le XVIIIe siècle a légué au XIXe tout son patrimoine, sauf le bon goût.
(212) On appelle mentalité moderne le processus de disculpation des péchés capitaux.
(222) La civilisation agonise, quand l’agriculture renonce à être un mode de vie pour devenir industrie.
(224) Les hommes, dans leur immense majorité, croient choisir, quand on les pousse.
(230) Un destin bureaucratique attend les révolutionnaires, comme la mer attend les fleuves.
(232) Le révolutionnaire veut changer la donne ; le contrerévolutionnaire, le jeu.
(292) Dieu a inventé les outils, le diable les machines.
(311) La capacité de survivre dans certaines conditions est une preuve de l’infériorité de celui qui y parvient.
(324) Une brusque expansion démographique rajeunit la société et multiplie ses âneries.
(428) «Justice populaire» est l’euphémisme pour carnage.
(455) L’historien marxiste ne cherche pas pour découvrir mais pour confirmer.
Nicolas Gomez Davila – ESCOLIOS A UN TEXTO IMPLICITO (1977) – TOME 2
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