Le Concile Vatican II et l’irruption du diable

Paul VICombien de fois j’avais remarqué que Paul VI allait contre ses prédécesseurs, accompagné de quantité d’applaudissements mondains illusoires ; combien de fois n’avais-je pas considéré son grand dessein qui, pourtant, s’opposait à la foi de la Tradition catholique, au point de me remettre en mémoire ce qu’écrivait saint Pie X :
« Le triomphe de Dieu sur les individus et sur toute la société n’est rien d’autre que le retour à Dieu des égarés à travers le Christ, et au Christ à travers son Église : voilà Notre programme. »
Alors que tout à l’opposé, le programme de Paul VI était de provoquer le naufrage du Règne de Dieu par un oecuménisme universel de foi en l’homme, et d’un culte de l’homme qui mène forcément à un humanisme déiste au service de l’ONU maçonnique. Je me souviens de cette confidence bizarre que fit Paul VI aux pèlerins, en ce mercredi 12 avril 1967 :
« Mais voilà un étrange phénomène qui se manifeste en Nous : voulant vous réconforter, en un certain sens voilà que se communique à Nous la senteur du danger auquel nous voudrions porter remède ; il nous vient à l’esprit, en même temps que la conscience de Notre insuffisance, le souvenir des faiblesses de Simon, fils de Jean, appelé et fait Pierre par le Christ… le doute… la crainte… la tentation de plier la foi à la mentalité moderne… » (D.C. n°1493 col.786-787)
Malheureusement, l’Église du Christ, durant son pontificat, a dépéri justement à cause de son action innovatrice, réformatrice, perturbatrice. Et il s’en apercevait si bien lui-même, qu’en termes déconcertants, le 7 décembre 1968, il dut l’admettre :
« L’Église se trouve en une heure d’inquiétude, d’autocritique, on dirait même d’auto-destruction. C’est comme un bouleversement intérieur, aigu et complexe, auquel personne ne se serait attendu après le Concile. On pensait à une floraison, à une expansion sereine des concepts mûris pendant les grandes assises conciliaires. Il y a bien cet aspect dans l’Église, il y a la floraison, mais… on doit bien plus remarquer l’aspect douloureux. Comme si l’Eglise se frappait elle-même. » (D.C. n°1531 p.12)
Et le 29 juin 1972, son jugement sur ce qui se passait dans l’Eglise fut encore plus noir : « Par quelque fissure est entrée la fumée de Satan dans le temple de Dieu : c’est le doute, l’incertitude, la problématique, l’inquiétude, la confrontation. On ne se fie plus à l’Église ; on se fie au premier prophète profane qui vient nous parler sur quelque journal ou d’un mouvement social, pour le rejoindre et lui demander s’il a la formule de la vraie vie. Et nous ne remarquons pas que nous en sommes déjà nous-mêmes les propriétaires et les maîtres. Le doute est entré dans nos consciences, et il est entré par des fenêtres qui devaient au contraire être ouvertes à la lumière… Dans l’Église aussi règne ce climat d’incertitude. On croyait qu’après le Concile viendrait une journée de soleil pour l’histoire de l’Église. C’est au contraire une journée de nuages qui est venue, une journée de tempête, d’obscurité, de recherche, d’incertitude. Nous prêchons l’oecuménisme et nous nous détachons toujours plus des autres. Nous cherchons à creuser des abîmes au lieu de les combler…
Comment est-ce arrivé ? Nous vous confions notre pensée : il y a eu l’intervention d’un pouvoir adverse. Son nom est le diable, cet être mystérieux dont il est fait allusion dans la lettre de saint Pierre. Si souvent, d’autre part, dans l’évangile, sur la bouche même du Christ, revient la mention de cet ennemi des hommes. Nous croyons en quelque chose de surnaturel (correction postérieure : ‘préternaturel’), venu dans le monde justement pour troubler, suffoquer le Concile oecuménique tout entier, et pour empêcher que l’Église n’explose dans une hymne de joie pour avoir récupéré la conscience d’elle-même. » (D.C. n°1613 p.658)

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Paul VI admit donc lui-même l’oeuvre de Satan dans l’Église conciliaire et postconciliaire… Mais qu’a-t-il fait pour sauver cette Église du Christ de la domination de Satan dont il avait constaté la réalité dévastatrice ? Rien, alors qu’il avait lui-même jeté la barque de Pierre dans la tempête.
N’aurait-il pas dû lui-même en personne, par des gestes décisifs et énergiques, la déséchouer des bas-fonds où il l’avait lancée ? Tout au contraire, il s’en excusa et s’en lava les mains comme Pilate :
« Le pape ne croit pas devoir tenir d’autre ligne qui ne soit celle de la confiance en Jésus-Christ, qui tient plus que quiconque à son Église. C’est lui qui calmera la tempête. Combien de fois le Maître n’a-t-il pas répété : « Ayez confiance en Dieu. Croyez en Dieu et croyez en moi ! » Le pape sera le premier à exécuter ce commandement du Seigneur et à s’abandonner, sans angoisse ni anxiété inopportune, au jeu mystérieux de l’invisible mais très certaine assistance de Jésus à son Église. » (Le 7 décembre 1968 – D.C. n°1531 p.12)
Pilate ne se serait pas exprimé autrement. Trois ans avant, quand Paul VI bouleversa tout pour réformer, changer, modifier, n’était-ce pas lui qui gouvernait, qui imposait ses idées, créant ainsi toutes les prémisses de cette tempête sur l’Église ? Et alors, il n’avait pas le droit de se croiser les bras, d’abandonner le gouvernail de la barque de Pierre, en prétendant que Dieu fasse Lui-même le miracle du sauvetage.
Don Luigi Villa – Paul VI Bienheureux ? (2009)
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