Saint-Rémi, Clovis, et la naissance du Royaume de France

clovis1_fComme s’il voulait que notre Pays ne fut étranger à aucun des grands événements chrétiens, Dieu permit qu’il fut mêlé au triomphe de l’Eglise sur l’Empire Romain. L’homme choisi par le Christ pour être le sauveur de la chrétienté fut Constantin l’Empereur des Gaules. Et c’est sur notre sol, à la tête de ses légions, composées en partie d’hommes de chez nous que la croix lumineuse lui apparût avec cette fulgurante promesse de victoire; In hoc signo vinces ! [Par ce signe tu vaincras] et qu’il se convertit. (1)
« Quand le temps fut arrivé, que l’Empire Romain devait tomber en Occident, Dieu, qui livra aux Barbares une si belle partie de cet Empire, et celle où était Rome, devenue le Chef de la Religion, destina à la France des Rois qui devaient être les défenseurs de l’Eglise. Pour les convertir à la Foi, avec toute la belliqueuse Nation des Francs, Il suscita un Saint Rémi, homme apostolique, par lequel Il renouvela tous les miracles qu’on avait vus éclater dans la fondation des plus célèbres Eglises, comme le remarque Saint Rémi lui-même dans son testament.
Ce grand Saint et ce nouveau Samuel, appelé pour sacrer les Rois, sacra ceux de France, en la personne de Clovis, comme il dit lui-même, pour être les perpétuels défenseurs de l’Eglise et des pauvres », qui est le plus digne objet de la Royauté. Il les bénit et leurs successeurs, qu’il appelle toujours ses enfants, et priait Dieu, nuit et jour, qu’ils persévérassent dans la Foi : prière exaucée de Dieu avec une prérogative bien particulière, puisque la France est le seul Royaume de la Chrétienté qui n’a jamais vu sur le trône que des Rois enfants de l’Eglise. (Bossuet: « Politique tirée de l’Ecriture Sainte » L. v. VII, art. 6, 14e prop.)
Le savant Cardinal Baronius écrit dans ses « Annales ecclésiastiques » (Caesar Baronius, Annales ecclesiastici, 1593-1607, tome IV, pages 420. Bibli. Nat. H. 106.) :
« A la chute de l’Empire d’Occident, trois races de barbares occupaient les Gaules : les Goths, les Burgondes et les Francs. Tout marchant à la dérive, la Divine Providence destina à survivre et à s’épanouir dans les âges futurs, le seul de ces peuples où devait s’épanouir aussi, au plus haut degré, le culte de la piété, de cette piété dont Childéric fut la fleur et Clovis le fruit.
Pour protéger son Eglise naissante contre les flots envahissants de l’hérésie (l’Arianisme) et de la barbarie qui régnaient sur tous les trônes d’Orient et d’Occident… Dieu paraît avoir institué les Rois de France et les a fait s’élever sur les ruines des peuples non Catholiques disparus. C’est pour cela que tous les peuples entachés d’hérésie furent expulsés ou absorbés par les Francs, suivant la parole de Notre Seigneur : tout arbre que n’a point planté mon Père sera arraché« .
remiC’est pour cela que le Royaume des Francs s’est épanoui dans une riche et luxuriante végétation arrosée par sa piété… Tout cela est d’une évidence qui se touche du doigt.
Il ne fallait rien moins qu’un tel Saint (Rémi), d’une telle vertu, d’une telle inspiration divine pour amener des ténèbres de la gentilité à la lumière de l’Evangile, la noble Nation des Francs et son très illustre Roi. Comme il ne fallait rien moins qu’un tel Roi (Clovis), pour illustrer le premier de tous et à jamais, son royaume de l’impérissable éclat de la religion du Christ, pour entourer d’un amour sans défaillance, d’une protection perpétuelle, cette même religion du Christ.
C’est ce que reconnaissait le Pape Pélage II :
« Ce n’est pas en vain, ce n’est pas sans une admirable disposition que la Providence a placé la catholique France aux portes de l’Italie et non loin de Rome, c’est un rempart qu’Elle ménageait à toutes deux (Migne. – Patrologiae cursus completus, patres latini, tome LXXII, page 706, Bibl. Nat. A, de 112 à 329.) ».
Mission providentielle de la France, proclamée par Grégoire IX écrivant à Saint Louis (Labbe. – Tome XI, p. 366 et 367. Lettre rappelée par Saint Pie X le 13 décembre 1908 lors de la béatification de Jeanne d’Arc (actes de Pie X, t. V, p. 204 et 205.)) :
« De même qu’autrefois la tribu de Juda reçut d’en haut une bénédiction toute spéciale parmi les autres fils du Patriarche Jacob; de même le ROYAUME DE FRANCE EST AU-DESSUS DE TOUS LES AUTRES PEUPLES, COURONNÉ PAR DIEU LUI-MÊME DE PRÉROGATIVES EXTRAORDINAIRES. LA TRIBU DE JUDA ÉTAIT LA FIGURE ANTICIPÉE DU ROYAUME DE FRANCE« .
Marquis de la Franquerie – La mission divine de la France (1926)
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(1) La tradition bourguignonne place l’apparition de la Croix dans la région de Paray-le-Monial (cf. le musée du Hiéron à Paray-le-Monial), d’autres disent que ce fut lorsqu’il traversait les Alpes.
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