Comment l’Angleterre devint-elle protestante ?

1tud henviiiDe 1509 à 1547, l’Angleterre fut gouvernée par le roi Henri VIII. Ce roi régnait en Angleterre au moment où Luther inaugurait sa Réforme en Allemagne. Prince non seulement catholique mais zélé pour la vérité à répandre, il avait écrit contre l’hérésie un livre qui lui avait mérité du Pape en 1521 le nom de « défenseur de la foi ».
Il était marié légitimement avec Catherine d’Aragon. Mais après 24 ans de mariage, il trouva que son épouse n’avait plus la fraîcheur d’antan. De jour en jour il s’aperçut par les yeux du cœur, le démon aidant, qu’une princesse plus jeune avait plus d’attrait : Anne de Boleyn.
Ce n’était pas sa secrétaire, mais elle gravitait à la cour. Du coup la passion s’empara du roi. Comme il était bien avec le Pape Clément VII, il voulut lui faire annuler son mariage avec Catherine d’Aragon, l’épouse légitime. Le Pape fit étudier le dossier. Mais le mariage avec Catherine était bel et bien valide et par conséquent indissoluble.
Voyons la chose de plus près. Qu’est-ce que Dieu dit depuis la création de l’homme et de la femme et que Notre Seigneur Jésus-Christ répète dans ce beau chapitre 19 de Saint Matthieu que je vous ai cité ? « N’avez-vous pas lu que Celui qui a fait l’homme au commencement les a faits mâle et femelle et qu’il a dit : A cause de cela l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils seront deux dans une seule chair. Ainsi ce que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare pas. »
Ces quelques versets où se trouvent résumées l’histoire de la création de l’espèce humaine et l’institution du mariage pour la propager, montrent l’admirable suite du plan divin : un seul homme, une seule femme et encore la femme est-elle tirée de l’homme, de sorte qu’ils ne sont pour ainsi dire qu’une personne unique.
Voilà pourquoi le Pape Clément VII n’a pas voulu se charger la conscience parce qu’un Pape, hélas, peut aussi commettre des péchés mortels ; c’est la raison pour laquelle ils se choisissent la plupart du temps un confesseur qui est très instruit en théologie morale et très surnaturel de surcroît.
Clément VII Pape, n’a pas cédé au roi d’Angleterre Henri VIII. Ce dernier se fâche. Il coupe les ponts avec Rome et veut entraîner toute la Grande-Bretagne avec lui. Il épouse Anne de Boleyn. En 1531, il se fait nommer chef de l’Eglise anglicane. L’indique archevêque Thomas Cranmer se met du côté du plus fort, humainement, politiquement, financièrement. Il se prête aux caprices du monarque.
La situation se dégrade d’année en année. Pour une femme ! La conduite d’Henri VIII rappelle celle des plus odieux tyrans de la Rome païenne. Il épousa 6 femmes, en répudia 2, en envoya 2 autres à l’échafaud : l’une était Anne de Boleyn. Décidément, l’amour désordonné finit toujours mal, souvent dès ce monde !
Mais ce n’est pas tout. 72 000 Anglais payèrent de leur vie leur résistance aux volontés du tyran, dont 20 Evêques : le bien connu Saint John Fisher, Saint Thomas More, et des centaines de prêtres ! Henri VIII joignit à la cruauté l’avarice et la spoliation, et la malheureuse Angleterre souffrit le martyre pendant 14 ans.
Toutefois il ne voulait que se débarrasser de Rome : il inaugura le schisme mais sans vouloir introduire l’hérésie. Il retint les dogmes et les pratiques catholiques. C’est après sa mort que l’hérésie protestante vint se greffer sur le schisme anglican.
Abbé Marziac – Des Evêques français contre Mgr Lefebvre (1989)
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