Retour sur la doctrine « Hors de l’Eglise, point de salut »

Road-to-HeavenRappel de l’explication de Mgr de Ségur
« Hors de l’Eglise, point de salut » n’est pas un adage ou commérage de bigotes, c’est une phrase de saint Cyprien (IIIè siècle, mort en 258). Et c’est la position de tous les Papes, reprise par tous les Conciles, particulièrement le 4è de Latran (1215).
C’est la doctrine enseignée par les Pères de l’Eglise, saint Irénée, saint Jérôme, saint Augustin, saint Ambroise.
Un des meilleurs textes d’encycliques me semble être le suivant, du Pape Pie IX dans Quanto conficiamur du 10 août 1863 :
« Et ici, Fils chéris et vénérables Frères, il faut rappeler de nouveau et blâmer l’erreur très grave où sont malheureusement tombés quelques catholiques : ils croient que les hommes vivants dans l’erreur et séparés de la vraie foi et de l’unité catholique peuvent parvenir à la vie éternelle.
Cela est tout à fait contraire à la doctrine catholique. Nous le savons et vous le savez, ceux qui souffrent d’une ignorance invincible à l’égard de notre très sainte religion, et qui observent avec soin la loi naturelle et ses préceptes gravés par Dieu dans le coeur de tous, qui sont disposés à obéir à Dieu, qui mènent une vie honnête et juste, ceux-là peuvent, par l’efficacité de la lumière divine et de la grâce, acquérir la vie éternelle ; puisque Dieu, qui voit parfaitement les esprits, les âmes, les pensées et les habitudes de tous, les scrute et les connait, ne souffre pas, dans sa bonté et dans sa clémence souveraines, que quelqu’un qui n’est point coupable d’une faute volontaire soit puni par des supplices éternels.
Mais parfaitement connu aussi est le dogme catholique : hors de l’Église catholique nul ne peut être sauvé, et les contumaces rebelles à l’autorité et aux définitions de l’Église, ceux qui demeurent opiniâtrement hors de l’unité de cette Église et séparés du Pontife romain, successeur de Pierre, à qui la garde de la vigne a été confiée par le Sauveur, ceux-là ne peuvent obtenir le salut éternel ». (Acta Pii IX, I, III, 613. – D.-B., 1677). »
Abbé Marziac – Soleil levant ou soleil couchant ? (1979)
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St Thomas d’Aquin, De veritate, Question 14, article 11, ad 1, sur la question « est-il nécessaire de croire explicitement ? » :
[ Objection : ] il est possible qu’un homme soit élevé dans la forêt, ou même parmi les loups ; et un tel homme ne peut rien connaître de la foi explicitement.
[ Réponse de St Thomas : ] il revient à la divine providence de procurer à tout homme les choses nécessaires au salut, pourvu qu’il n’y ait pas d’empêchement du côté de cet homme. Car si quelqu’un, élevé de la sorte, suivait la conduite de la raison naturelle dans l’appétit du bien et la fuite du mal, il faut tenir pour très certain que Dieu ou bien lui révélerait par une inspiration intérieure les choses qui sont nécessaires pour croire, ou bien lui enverrait quelque prédicateur de la foi…
St Thomas d’Aquin, Sentence, II, 28, question 1, article 4, ad 4 :
Si quelqu’un, né parmi les nations barbares, fait ce qu’il peut, Dieu Lui-même lui montrera ce qui est nécessaire pour son salut, soit par l’inspiration, soit en lui envoyant un prédicateur.
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Le baptême selon l’étymologie grecque signifie « ablution » ou « immersion » dans l’eau, se distingue en baptême d’eau, de feu (de désir) et de sang (martyr). Plus bas nous traiterons du baptême d’eau ; qui très probablement selon saint Thomas, Salman, le Maître des Sentences, Soto, Vasquez etc., fut institué avant la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, au temps où le Christ fut baptisé par saint Jean.
Mais le baptême de feu (de désir) est une parfaite conversion à Dieu par la contrition ou l’amour de Dieu par dessus tout avec le voeu explicite ou implicite du vrai baptême d’eau : ce dont il supplée la force, selon le concile de Trente quand à la rémission du péché, mais pas quant à l’impression du caractère, ni quant à la suppression de toute la peine du péché. Il est dit de feu, parce qu’il arrive par l’impulsion du Saint-Esprit, qui est représenté par une flamme. »
Et plus loin : « Le baptême de sang est l’effusion du sang, ou la mort pour la Foi ou pour une haute vertu chrétienne ; comme l’enseignent S. Thomas, Viva, Croix avec Aversa, Gobat etc… Mais ce baptême est comparable au vrai baptême, parce qu’il remet la faute et la peine quasiment ex ope oprato à l’instar du Baptême. On dit « quasiment » car le martyr n’agit pas directement comme les sacrements, mais en vertu d’un certain privilège, à cause de l’imitation de la Passion du Christ. »
Saint Alphonse de Liguori, docteur de l’Eglise (texte approuvé par le pape saint Pie X)
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