La pieuvre maçonnique infiltrée au Vatican

ob_420717_80-petite-pieuvre-grise-h-12-d-321La société romaine est sans conteste l’une des plus fermées, et les titres nobiliaires et aristocratiques suffisent à peine pour y entrer ; mais la société ecclésiastique est encore plus hermétique. Ce qui n’empêche pas la maçonnerie d’y pénétrer sans mal par la porte de service en faisant montre d’un mimétisme irréprochable.
Il n’est pas dans les habitudes de la maçonnerie de changer les méthodes en usage à l’endroit où elle se trouve. Au Vatican, dans le vaillant bastion de l’Église catholique, elle s’arme d’une patience diabolique et attend : elle attend son heure pour se hisser aux plus hauts échelons du pouvoir et du commandement. Cette secte, qui s’infiltre partout «où bat l’Histoire», comme disait Pavese, sait que le Vatican reste depuis toujours une antenne audacieuse qui capte et propage les messages les plus avancés. Réussir à lui transmettre l’épidémie spirituelle, c’est indirectement détruire les défenses immunitaires de la raison humaine. Le mot d’ordre est simple : «Croire le moins possible, sans être hérétique, pour obéir le moins possible, sans être rebelle», comme le disait Joseph de Maistre.
La main invisible de la maçonnerie au Vatican, au centre des puissances occultes entre la haute finance et la haute administration, n’est pas une légende : elle se fait sentir partout, dans les systèmes d’embauche et dans les méthodes de promotion, dans les campagnes de diffamation ou de louanges de tel ou tel monseigneur, suivant les besoins. Ainsi, ce centre qui, par mandat divin, devrait être un phare est de longue date dévoré de l’intérieur par des chancres qui le décomposent.
Une seule balafre au Jugement dernier de la chapelle Sixtine, et le monde entier s’empresserait de condamner la profanation. Or, l’infiltration maçonnique au Vatican est encore plus désacralisante parce qu’elle pervertit les esprits et dénature le coeur même du christianisme. L’esprit de contradiction et l’ambiguïté de la réalité désorientent les esprits impuissants à dominer le cours d’événements fluides et évanescents.
La pieuvre, qui n’a jamais été aussi bien placée dans le palais, possède le don d’ubiquité : elle est en haut et en bas, dedans et dehors. Sa présence opaque se révèle par ses longs tentacules, mais personne ne sait où elle se niche. Elle se sert d’émissaires sur place, de mercenaires obscurs qui ne dédaignent pas l’équivoque de cette pègre organisée, bien introduite dans ce milieu fait de misère et de noblesse. Quand elle doit frapper, ce n’est jamais un geste inconsidéré. Le filet est si dense que la victime ne sent que sa propre impuissance et comprend que réagir lui ferait plus de tort à elle qu’à la bête.
En Italie, un arrêt de justice a décidé qu’une partie en cause peut récuser un juge franc-maçon. Au Vatican, cette récusation ne sera jamais possible ; aucun haut dignitaire ne portera écrite sur le front son appartenance à la maçonnerie. Beaucoup de revues et de magazines ont évoqué ouvertement l’infiltration du Vatican par les maçons. Deux siècles durant, depuis Clément XII (1730-1740), qui par une bulle en prescrivit l’excommunication en 1738, jusqu’en 1974, où le père jésuite Giovanni Caprile, par un article indulgent paru dans la Civiltà cattolica (10 octobre 1974), s’efforça de rassurer les catholiques affiliés à la maçonnerie : «Si sa foi de catholique ne rencontre rien de systématiquement hostile, organisé dans le groupe maçonnique auquel il appartient, contre l’Eglise et ses principes doctrinaux ou moraux, il [le catholique franc-maçon] peut rester dans l’association. On ne devra plus le considérer comme excommunié. À l’égal des autres fidèles, il sera admis aux sacrements et pourra participer pleinement à la vie de l’Eglise. Il n’a aucun besoin d’une levée expresse de l’excommunication du moment que celle-ci, dans son cas précis, n’a pas lieu d’être».
32p1000359En vérité, cette «pleine participation à la vie de l’Eglise» d’un nombre important de catholiques et de prélats maçons était déjà une réalité depuis de longues années. A peine arrivé à l’archevêché de Milan, Mgr Montini choisit pour conseiller financier le très catholique maçon Michele Sindona. Par la suite, en tant que pape, il confia les finances catholiques de l’Institut pour les oeuvres de religion à l’indiscutable compétence crapuleuse et criminelle des catholiques maçons Michele Sindona et Roberto Calvi, qui s’appuyaient sur deux autres fidèles maçons de la loge P2, Licio Gelli et Umberto Ortolani.
En 1987, le journaliste maçon Pier Carpi confirma les propos du «frère» Fulberto Lauro selon lequel des cardinaux et des évêques adhéraient aussi incognito à la loge P2. Et de préciser : «On l’appelle la « loge ecclésiastique » et elle est en contact direct avec le grand maître de la loge unie d’Angleterre, le duc Michael de Kent. Cette loge agit au Vatican depuis 1971. Plus de cent frères cardinaux, évêques et monseigneurs de la curie y appartiennent. Ils parviennent à maintenir le secret le plus absolu, mais pas au point d’échapper aux enquêtes des hommes de la puissante organisation de l' »Opus Dei »» (L’Espresso, 12 décembre 1987).
Enfin la revue catholique mexicaine Proceso (n° 832, du 12 octobre 1992) signalait que la maçonnerie avait divisé le territoire du Vatican en huit quartiers, où fonctionnent quatre loges maçonniques de rite écossais, dont les adeptes, de hauts fonctionnaires du petit État, ne se connaîtraient pas, même s’ils pratiquent la poignée de main avec les trois petits coups sur le pouce. En l’occurrence, elles sont en contact avec d’autres loges maçonniques de certains pays ; de même, là où l’Eglise agit dans la clandestinité en raison du Coran, les relations avec l’Eglise locale passent secrètement via ces réseaux sectaires, qui rendent ainsi un service religieux à leurs frères du Vatican.
Bien qu’ils entretiennent des relations diplomatiques avec le Saint-Siège, les islamiques s’obstinent, au nom du Coran, à interdire toute forme de culte catholique et de prosélytisme. Les gouvernements respectifs désignent précisément comme ambassadeurs au Vatican les frères maçons les plus zélés et les plus actifs, leur donnant des instructions sur les différentes manières de procéder avec les ecclésiastiques honnis sans réserve, mais aussi avec ceux qui sont bien disposés envers la maçonnerie et qui, pour beaucoup, parviennent à se hisser à des niveaux de responsabilité au Vatican. De mèche avec eux, ils cherchent à «piloter» Jean-Paul II, vieux et malade, qui a tant de mal à se déplacer (c’est à peine s’il soulève le pied de quelques centimètres) et qui souffre de fréquentes amnésies.
La presse de toutes tendances et de sources diverses continue à livrer les noms et les prénoms de cardinaux et de hauts dignitaires, au Vatican ou dans les alentours, parmi ceux des autres prélats affiliés à la maçonnerie. En dehors de démentis sans conviction, cependant, aucun d’eux ne se donne la peine de porter plainte pour obtenir une nécessaire rétractation, sinon pour leur honorabilité personnelle, du moins pour la dignité de leur administration et la crédibilité de leur charge qui ne manquent pas de pâtir de ces soupçons. Leur silence ne confirme pas l’axiome quod gratis asseritur, gratis negatur (une affirmation gratuite se nie gratuitement) parce que ici, comme personne ne nie, tout porte à croire que « qui ne dit mot consent ».
Les Millénaires – Le Vatican mis à nu (2000)
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