Pourquoi le bon Dieu a-t-il Ses préférences ?

CHAMPS-DE-FLEURSLongtemps je me suis demandé pourquoi le bon Dieu avait des préférences, pourquoi toutes les âmes ne recevaient pas une égale mesure de grâces.
Je m’étonnais de le voir prodiguer des faveurs extraordinaires à de grands pécheurs comme saint Paul, saint Augustin, sainte Madeleine et tant d’autres qu’il forçait, pour ainsi dire, à recevoir ses grâces. Je m’étonnais encore, en lisant la vie des saints, de voir Notre-Seigneur caresser du berceau à la tombe certaines âmes privilégiées, sans laisser sur leur passage aucun obstacle qui les empêchât de s’élever vers lui, ne permettant jamais au péché de ternir l’éclat immaculé de leur robe baptismale. Je me demandais pourquoi les pauvres sauvages, par exemple, mouraient en grand nombre, sans même avoir entendu prononcer le nom de Dieu.
Jésus a daigné m’instruire de ce mystère. Il a mis devant mes yeux le livre de la nature ; et j’ai compris que toutes les fleurs créées par lui sont belles, que l’éclat de la rose et la blancheur du lis n’enlèvent pas le parfum de la petite violette, n’ôtent rien à la simplicité ravissante de la pâquerette. J’ai compris que, si toutes les petites fleurs voulaient être des roses, la nature perdrait sa parure printanière, les champs ne seraient plus émaillés de fleurettes.
Ainsi en est-il dans le monde des âmes, ce jardin vivant du Seigneur. Il a trouvé bon de créer les grands saints qui peuvent se comparer aux lis et aux roses ; mais il en a créé aussi de plus petits, lesquels doivent se contenter d’être des pâquerettes ou de simples violettes destinées à réjouir ses regards divins lorsqu’il les abaisse à ses pieds. Plus les fleurs sont heureuses de faire sa volonté, plus elles sont parfaites.
Ste Thérèse de l’Enfant Jésus – Histoire d’une âme, chapitre 1. (1898)
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