Téléchargez « Le crime contre Dieu » du Dr Dor

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Le mouvement SOS Tout-Petits est né du désespoir car, pire que l’avortement, il y avait le silence dont il s’entourait. Non seulement nous pouvions et, dans une certaine mesure, on nous encourageait à tuer nos enfants, mais encore il fallait se taire. C’était les tuer deux fois. Un ministre disait que la loi était généralement acceptée, et c’était vrai, au moins en apparence.
Nous avions le meurtre, et nous avions l’anesthésie pour oublier le meurtre. Le plus triste était le silence, ou presque. Non du pape qui parlait beaucoup de ce sujet. Mais de nos évêques qui ne l’écoutaient guère.
J’avais participé à des réunions, des manifestations, distributions de tracts. Avec Jean-Bernard Grenouilleau, magistrat, un des fondateurs de Laissez-les-vivre, qui n’était jamais à court d’idées, nous avions été sur les plages d’été pour diffuser le Cri silencieux grâce à un rétroprojecteur et un écran placé à l’arrière d’une camionnette. Sur les portes de celle-ci, on avait affiché des images des victimes d’avortement. Les enfants qui passaient disaient ce que j’ai souvent entendu dans leur bouche depuis : « Si ma maman m’avait tué, je ne serais pas là« .
Cette évidence ne frappait que les enfants. La camionnette, une Renault rouge, n’avait jamais caché son appartenance. Elle finit au combat une nuit, en banlieue parisienne : elle fut incendiée.
Bien avant, en 1978, deux centres d’avortement avaient été occupés de façon pacifique par des jeunes gens du Mouvement chrétien de la jeunesse de France et de la Cité Catholique, l’une à Paris, à l’Hôtel-Dieu, l’autre au centre hospitalier de Lille. Cela fit du bruit. J’avais connu l’une des participantes de l’opération de l’Hôtel-Dieu, une belle jeune femme qui portait une superbe tresse. Elle fut prise par les cheveux et traînée dans les couloirs.
Nous étions en 1986. Que tenter ? Pourquoi ne pas reprendre ce qui avait été si bien fait en 1978. Nous avions le même esprit. Nous étions des catholiques fervents. L’initiative était française et non américaine. Je dois dire ici que, pas plus les opérations de 1978, que celles que nous avons pu faire par la suite n’ont été empruntées des Américains. Nous ne savions pas alors grand-chose d’eux et plus tard leur exemple nous a plus réconfortés que guidés. Il ne manquait aux interventions de Paris et de Lille que la répétition et aussi une certaine orchestration, puisque nous luttions contre le mur du silence.
Nos moyens étaient ceux de la guérilla, la surprise, le petit nombre, les armes à prendre chez l’adversaire, la publicité qui était presque entièrement dans leurs mains et la fragilité de leur conscience, celle-ci étant la plus redoutable pour eux. Ces moyens qui nous paraissent assez clairs maintenant, étaient à l’époque plus confus.
Dr Xavier Dor
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