L’homme est un débiteur insolvable

EgliseLa loi naturelle de l’humanité est que l’homme sur la terre est un débiteur insolvable.
Un débiteur, parce que si pauvre et si malheureux qu’il soit, il a immensément reçu, la vie, l’éducation, un langage qu’il n’a pas inventé, un certain état de connaissances scientifiques, d’équipements économiques, sociaux, sanitaires ; et quelquefois une vraie nationalité, et une religion.
Un débiteur insolvable, parce que si génial qu’il soit, il ne pourra jamais rendre à sa famille et à la société l’équivalent de ce qu’il en a gratuitement reçu. A la différence des animaux, le petit d’homme a eu besoin, dès sa naissance et pendant longtemps, d’être soigné, nourri, protégé, et aussi d’être instruit et éduqué, il avait tout à recevoir et à apprendre, ce n’est que peu à peu qu’il est devenu capable de rendre service à son tour et peut-être d’inventer.
Tout homme a ainsi par nature une dette envers ses parents, sa famille, ses ancêtres, sa patrie, sans lesquels il n’aurait même pas l’existence d’un sauvage, il ne serait rien.
Cette dette, il ne peut s’en acquitter que très faiblement. Il ne peut rendre autant, comme le sens naturel de la justice le réclame. Il ne peut y répondre que par un effort de justice infirme et insuffisant. Cette justice imparfaite consiste, ne pouvant les rétribuer, à honorer ceux dont on a tout reçu. Elle est le premier commandement de la table des devoirs envers autrui :
« Tes père et mère honoreras, afin de vivre longuement sur la terre que le Seigneur t’a donnée. »
Jean Madiran – Une civilisation blessée au cœur (2002)
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