Saint Louis face au Talmud

DisputationSaint Louis, sous son chêne, voulut rendre la justice à tous, même aux Juifs. « Pourquoi sont-ils donc partout si détestés ?» se demandait-il. Peut-être en écrivit-il au pape à ce sujet. Ce pape, Grégoire IX, qui s’était posé la même question, lui conseilla de faire examiner le Talmud. Ce que Louis IX fit : il convoqua les rabbins à une assemblée présidée par Guillaume d’Auvergne, le 24 juin 1240.
La Cour y assistait avec la reine Blanche. Prélats et clercs des diocèses voisins avaient tenu à assister aux débats. Bernard Lazare donne les noms d’un des rabbins qui vinrent défendre leur livre saint : Yéhiel de Paris. On laissa discuter ces saints hommes aussi longtemps qu’ils le voulurent. Bernard Lazare affirme que, dans ces controverses qui eurent lieu à diverses époques et dans différents pays, les rabbins étaient autrement subtils, adroits et forts que leurs adversaires chrétiens.
Il n’empêche qu’en l’occurrence, Yéhiel fut obligé de reconnaître que le Talmud ordonnait aux Juifs des pratiques fort préjudiciables, aux non-Juifs, qu’ils fussent chrétiens ou païens. Dans ce capharnaüm de lois pénales et hygiéniques, de racontars obscènes et scatologiques, d’apologues enfantins ou cyniques, les prélats présents durent découvrir sans enthousiasme qu’on comparait les églises à des cloaques, que Jésus-Christ était en enfer et qu’il avait été le fils adultérin d’un soldat nommé Pandara.
Le roi, après ce débat, a-t-on dit, proclama qu’on ne pouvait pas discuter avec des gens pareils. Et Joinville lui prête ce langage : « Nuls, s’il n’est très bon clerc ne doit despouctes a ans (disputer avec eux) ; mais li homs lays (mais l’homme laïc) quand il entend médire de la loy crestienne, ne doit pas défendre la loy crestienne, ne mais de l’épée (mais prendre l’épée) de quoy il doit donner parmi le ventre dedans, tant comme elle y peut entrer ».
Le vieux guerrier franc parlait encore chez Louis IX que les statues pieuses de Saint-Sulpice représentent si infidèlement avec une allure de jeune sous-diacre tout frais émoulu du séminaire. Bernard Lazare tira parti de cette déclaration énergique pour innocenter cette prescription du Talmud : « Le meilleur des goym, tue le ! »
Aux époques barbares et guerrières, selon lui, il n’est question que de tuer son adversaire, et les rédacteurs du Talmud, dont certaines parties sont très anciennes, ont parlé comme saint Louis. Le malheur est que le Talmud ne met pas de dates et qu’on apprend encore dans les écoles israélites contemporaines que tuer le non-Juif est un exercice agréable à Jéhovah. Petlioura s’en est aperçu. Von Rath aussi, à l’ambassade d’Allemagne.
Au temps de saint Louis, ce pieux verset contribua pour sa part à faire ordonner par le pape Grégoire IX que partout le Talmud serait brûlé. Le rabbin Yéhiel ne fut point inquiété.
Mais les rabbins en sauvèrent des exemplaires. Il y en a dans des bibliothèques de non-Juifs qui sont imprimés d’hier. M. René Gérard, fondateur de l’Institut d’étude des questions juives de la rue de La Boétie, vous en montrera tant que vous en voudrez.
Jean Drault – Histoire de l’antisémitisme (1944)
Publicités
Cet article a été publié dans Antijudaïsme, Église et Talmud, Divers chrétiens contemporains, Doctrine, Judaïsme, Moyen-Age, Saint Louis, Saints de France, Talmud. Ajoutez ce permalien à vos favoris.