Le pantalon pour femmes, un dégoûtant symbole révolutionnaire gay et lesbien !

pour-la-femme-saint-laurent-hedi-slimae-confectionneChristine Bard est peu suspecte d’appartenir au camp réactionnaire. Professeur d’histoire à l’Université d’Angers, elle préside l’association Archives du féminisme. Elle est également coordinatrice scientifique de Muséa, « musée virtuel d’histoire des femmes et du genre », pour lequel elle a notamment conçu l’exposition « Femmes au masculin ».
La lecture de son ouvrage « Histoire politique du pantalon » démontre donc ce que d’aucuns suspectaient, à savoir la volonté chez les plus ardents promoteurs de ce vêtement auprès de la gent féminine de « viriliser les femmes ».
Dans la perspective du gender, la volonté de milieux féministes et de couturiers homosexuels d’imposer le pantalon comme un vêtement féminin comme les autres ne fut pas anodine. « Le costume reflète l’ordre social et le crée ».
Avec lucidité, Christine Bard affirme : « Le vêtement a, parmi ses différentes fonctions bien analysées par le psychanalyste anglais John Carl Flügel, celui de permettre une lecture immédiate de l’individu ». Et d’insister : « Le pantalon est le marqueur du sexe/genre le plus important pour l’histoire occidentale des deux derniers siècles ».
C’est pourquoi, dans l’esprit féministe, « le pantalon s’inscrit dans une dynamique de remise en cause des mythes structurant les deux genres ».
La femme en pantalon devient « un symbole politique de la lutte pour l’égalité des sexes ». La guerre mondiale « a entraîné un vacillement des valeurs ». Ce vacillement, « l’avènement d’une mode androgyne, à la garçonne, le symbolise ».
L’auteur souligne le rôle des vedettes du cinéma ou de la littérature comme Françoise Sagan, « au charme androgyne, qui est souvent photographiée en jean, pieds nus, décontractée… ».
224607-documentaire-pierre-thoretton-amour-fouLe rôle du couturier homosexuel Yves Saint-Laurent (1936-2008) est également détaillé : « dès sa première collection, alors qu’il travaillait chez Dior, il avait valorisé une certaine androgynie… ». L’auteur précise que, dans les années 70, le pantalon féminin trouve, comme avant-guerre, dans les femmes homosexuelles ses plus grandes avocates : Carole Nissoux, Paula Dumont, Elula Perrin, Suzette Trition,etc…
Catherine Valabrègue, journaliste connue pour son engagement aux côtés du Planning Familial, estime que « la désexualisation de l’habillement répond sans doute au souci d’abolir la distance entre les sexes. (…) On est parfois tenté pour s’adresser aux femmes d’inventer le troisième sexe. (…) Ainsi voyons-nous au travers de la mode se dessiner dans la jeune génération le souci d’échapper à la contrainte des images traditionnelles de l’homme et de la femme. »
Christine Bard tire cette conclusion : « Le pantalon féminin est une image forte de rupture avec la Tradition, dans un contexte particulier qui la rend possible et souhaitable ». Le jean « est bien sûr associé à la libération sexuelle et à un style de vie bohème. Devenu symbole de révolte, il participe à la contre-culture occidentale. »
Alain Escada – Théorie du genre, stop ! (2014)
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