Le Maréchal Pétain, l’amiral Darlan et la « collaboration »

1085677004_1[1]Allocation radiophonique de l’amiral Darlan le 22 novembre 1942 :
Le Maréchal Pétain est et reste l’image vivante de la France, mais après l’occupation de la zone non-occupée par les Allemands, il a perdu sa liberté d’action. Après l’armistice, la politique suivie par le Maréchal a été la seule possible, parce qu’elle permettait à la France de continuer à vivre et parce qu’elle lui évitait de voir l’Afrique occupée par l’Axe.
Si cette politique n’avait pas été si habilement menée, les Allemands auraient occupé l’Afrique depuis longtemps déjà. Et si cette occupation avait eu lieu, les événements les plus récents permettent de supposer fortement que les Alliés auraient éprouvé d’autant plus de difficultés à aider la France à retrouver sa liberté.
Je sais pertinemment que j’interprète honnêtement les idées du Maréchal : je continue à suivre ses instructions d’autrefois lorsque j’accepte le secours des Américains et de leurs Alliés pour la liberté et le rétablissement complet de la souveraineté de la France. Je sais d’ailleurs que le Maréchal partage mes sentiments d’amitié envers les peuples des Etats-Unis et, en aucun cas, on ne me fera croire que le vainqueur de Verdun est de connivence avec les usurpateurs qui ont ravi à la France l’Alsace, la Lorraine, la Savoie, Nice, la Corse et l’Afrique du Nord (Tunisie).
C’est sous la pression allemande que le Maréchal a transmis une partie de ses pouvoirs à Laval. Or, nous avons prêté serment solennel au Maréchal, pas à Laval, et ce serment, nous le respecterons au moins dans son esprit.
Amiral-DarlanTélégramme du 14 avril 1942 de Robert Murphy (consul américain à Alger) au Département d’Etat :
Pendant son séjour en Afrique du Nord, j’ai eu plusieurs conversations avec Alain Darlan, le fils de l’amiral Darlan, qui paraît être dans la confidence de son père. Samedi soir, j’ai dîné avec lui et l’amiral Fénard. Ils ont consacré leurs efforts à exposer les propositions suivantes : le maréchal Pétain et l’amiral Darlan sont convaincus de la victoire américaine. Ils veulent être avec nous et croient que nous sommes pour la restauration de l’Empire français. Ils détestent les Allemands et abhorrent les Italiens. Ils ne peuvent faire plus à l’heure actuelle qu’essayer de maintenir l’unité de la nation française et permettre à sa population de subsister.
La flotte française ne tombera jamais dans les mains de l’Axe, et de toute évidence le personnel naval français ne se battra jamais avec ou pour l’Axe. Le maréchal Pétain et l’amiral Darlan sont déterminés à empêcher l’Afrique du Nord de tomber sous la coupe de l’Axe. Nous, Américains, m’ont-ils répété, nous devrions nous montrer plus compréhensifs et mois durs lorsque des concessions sont faites à l’Axe du moment que les objectifs les plus importants sont réalisés. […]
L’ardeur et l’apparente sincérité des paroles du jeune Darlan et de Fenard et leur désir non caché de voir la France coopérer avec les Etats-Unis sont très encourageantes.
Advertisements
Cet article a été publié dans 39-45, Maréchal Pétain, Nationalisme. Ajoutez ce permalien à vos favoris.