Mgr Lefebvre face aux arguments sédévacantistes

media-285073-2Nous nous trouvons vraiment devant un dilemme excessivement grave, qui, je crois, n’a jamais été posé dans l’Église. Que celui qui est assis sur le Siège de Pierre participe à des cultes de faux dieux, je ne pense pas que cela soit jamais arrivé dans toute l’histoire de l’Église (Pâques 1986).
Si quelqu’un dit que le pape est apostat, hérétique, schismatique, selon l’opinion probable des théologiens (si c’était vrai), le pape ne serait plus pape et, par conséquent, nous serions dans la situation « Sede Vacante ». C’est une opinion ; je ne dis pas qu’elle ne puisse pas avoir quelques arguments en sa faveur, quelques probabilités (18-3-1977).
Il n’est pas impossible que cette hypothèse soit un jour confirmée par l’Église. Car elle a pour elle des arguments sérieux. Nombreux en effet sont les actes de Paul VI qui, accomplis par un évêque ou un théologien, il y a vingt ans, eussent été condamnés comme suspects d’hérésie, favorisant l’hérésie (24-2-1977).
Mais je ne pense pas que ce soit la solution que nous devons prendre, que nous devons suivre. Pour le moment, je pense personnellement que ce serait une erreur de suivre cette hypothèse (18-3-1977).
Mais cela ne veut pas dire pour autant que je sois absolument certain d’avoir raison dans la position que je prends ; je me place d’une façon prudentielle. C’est plutôt sous ce domaine-là que je me place, plus que sous le domaine purement théologique, purement théorique. Je pense que le bon Dieu nous demande d’avoir non seulement les idées claires au point de vue purement théorique et théologique, mais aussi dans la pratique, lorsque les choses sont très difficiles et sont délicates, et agir avec une certaine sagesse, une certaine prudence qui peut paraître un peu en contradiction avec certains principes, de n’être pas d’une logique absolue (5-10-1978).
Tant que je n’ai pas l’évidence que le pape ne serait pas le pape, eh bien, j’ai la présomption pour lui, pour le pape. Je ne dis pas qu’il ne puisse pas y avoir des arguments qui peuvent mettre en doute dans certains cas. Mais il faut avoir l’évidence que ce n’est pas seulement un doute, un doute valable. Si l’argument était douteux, on n’a pas le droit de tirer de conséquences énormes ! (16-1-1979).
La Fraternité Sacerdotale n’accepte pas [cette] solution, mais, appuyée sur l’histoire de l’Église et sur la doctrine des théologiens, pense que le pape peut favoriser la ruine de l’Église en choisissant et [en] laissant agir de mauvais collaborateurs, en signant des décrets qui n’engagent pas son infaillibilité, parfois même de son propre aveu, et qui causent un dommage considérable à l’Église. Rien n’est plus dangereux pour l’Église que des papes libéraux, qui sont dans une incohérence continuelle (13-9-1982).
Dans la pratique, cela n’a pas d’influence sur notre conduite pratique, parce que nous rejetons fermement et courageusement tout ce qui est contraire à la foi, sans savoir d’où cela vient, sans savoir qui est le coupable (5-10-1978).
Le Sel de la Terre n°79, Hiver 2011-2012 – Téléchargez l’article en pdf
Publicités
Cet article a été publié dans Doctrine, Mgr Lefèbvre, Sédévacantisme, Vatican II. Ajoutez ce permalien à vos favoris.