Petite histoire du croissant

144548-633c1e04-19c2-11e3-b47b-9923c5873ce4Tout aurait commencé en l’an 1071, après la bataille de Manzikert, et la défaite de l’armée byzantine. Ce jour là, le Seldjoukide Alp Arslan errait sur le champ de bataille jonché de morts, lorsqu’il vit sur une mare de sang, le reflet du croissant de lune et d’une étoile. Il décida alors d’en faire son drapeau. Pour la suite, les Ottomans jusqu’aux Turcs d’aujourd’hui conservèrent l’étoile et le croissant comme symboliques premières de leur puissance. Avec bien sûr, des changements au fil des époques : portant sur la forme de la lune et le nombre de branches de l’étoile – passant de huit à cinq au XIXe siècle…
Mais alors, qu’en est-il du croissant de nos petits-déjeuners ?
On dit que la pâtisserie aurait été inventée à Vienne pour célébrer la fin du second siège de la ville par les troupes ottomanes (1683). Et telle est la narration : tandis que l’ennemi décidait d’attaquer la nuit afin de ne pas se faire remarquer, les boulangers viennois, levés avant l’aube donnèrent l’alerte. C’est pour immortaliser cette victoire qu’il leur fut permis de confectionner le «  Hörnchen » (petite corne en allemand) avec sa forme qui rappelle le symbole du drapeau ottoman. Cette même légende est parfois située à Budapest, alors partie de l’empire austro-hongrois, mais elle reste peu vraisemblable, puisque c’est les Turcs qui jouaient, dans cette bataille, le rôle des assiégés (1686).
Une autre version existe et attribue l’invention du croissant, toujours en 1683 à un cafetier de Vienne, nommé Kolschitsky, lequel aurait récupéré des sacs de café laissés par les Turcs lors de leur départ précipité, et aurait eu l’idée de servir ce café accompagné d’une pâtisserie en forme de croissant en souvenir du départ de l’occupant…
croissanDe fil en aiguille et de frontière en frontière…
En France, ce serait Marie-Antoinette d’Autriche, originaire de Vienne, donc, qui aurait officiellement introduit et popularisé le croissant. Cependant des gâteaux en forme de croissant existaient déjà dans notre pays. Dans l’inventaire du patrimoine culinaire français réalisé par le Centre national des arts culinaires, on découvre en effet la mention de « quarante gâteaux en croissant » servis à l’occasion d’un banquet offert par la reine de France en 1549 à Paris. Il se peut que l’intention ait alors été de commémorer l’alliance quelques décennies auparavant de François Ier avec Soliman le Magnifique
Ainsi voici l’histoire… et c’est bien ce que nous vous disions : côté croissant, nous devons tout aux Turcs !
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