Le paganisme revient, mais sous la tutelle du judaïsme

6513375-jacques-attali-l-homme-qui-murmure-a-l-oreille-de-hollandeLa tradition catholique professe la connaissance certaine d’un Etre absolument parfait, qui librement et dans le temps a tiré le monde du néant et à qui doit retourner la créature. […]
La créature doit retourner à Dieu, de qui elle est sortie, mais par une grâce, par un don qui lui est accordé gratuitement et qui doit la rendre divine. […] Le Fils de Dieu est venu et il a, dans ce but, pris la nature humaine. Dès lors Jésus-Christ est le signe du salut pour le monde. […]
Sans la grâce du christianisme, la raison n’aurait pu éviter la confusion et les ténèbres qui accompagnent la tradition cabalistique et gnostique dans le problème des relations de la nature et de la grâce, du monde et de l’Église. […] Avec la chute gnostique, l’homme est devenu incapable de contempler les vérités qui sont au-dessus de lui, et il s’est changé en un « homo faber » enclin et porté à ne considérer que ses besoins matériels.
[…] L’homme ancien absolutise la réalité des forces naturelles, l’homme moderne celle des forces techniques. Aussi l’homme ancien divinise-t-il et sacralise-t-il la nature, tandis que l’homme moderne dans le processus de sécularisation divinise tout l’effort technique. La technologie devient technocratie et technolâtrie.
Le miracle gréco-romain qui, en privilégiant la raison et la loi naturelle, se libère en quelque sorte des erreurs gnostiques, se produit comme une préparation providentielle à l’Évangile. La grandiose vision théologique du Moyen Age n’aurait pas été possible sans le vaste travail de systématisation entrepris par Aristote, qui porta à son point ultime l’idée grecque d’un monde ordonné comme un chœur. Le Kosmos est suspendu par l’amour à un Bien suprême, qui est Dieu. […]
La Chrétienté du Moyen Age est, en ce sens, héritière directe du Kosmos grec et sa transposition au niveau supérieur du surnaturel.
Mais la rechute de l’âge moderne dans les erreurs gnostiques ne peut plus se produire dans l’innocence païenne. Il pourra apostasier le christianisme et retourner au paganisme, mais ce sera là un paganisme placé sous un autre signe, en quelque sorte surnaturel.
Après le Christ la lutte s’engage entre deux forces typiquement surnaturelles : l’une est un surnaturalisme et messianisme charnel ; l’autre, un surnaturalisme spirituel. La lutte s’engage entre la Synagogue et l’Église. Le paganisme revient, mais sous la tutelle du judaïsme.
Abbé Julio Meinvielle – De la cabale au progressisme – 1970
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