Pourquoi le socialisme ne résoudra jamais la question sociale

VallsCertains hommes professent l’opinion, et elle se répand parmi le peuple, que la question sociale, comme on dit, n’est qu’une question économique.
Il est très vrai, au contraire, qu’elle est avant tout une question morale et religieuse, et que, pour ce même motif, il faut surtout la résoudre d’après les règles de la morale et le jugement de la religion.
Admettons, en effet, que le salaire des ouvriers soit doublé, que la durée du travail soit réduite ; admettons même que les denrées soient à bas prix. Eh bien, si l’ouvrier, selon l’usage, prête l’oreille à des doctrines et s’inspire d’exemples qui le poussent à s’affranchir du respect envers Dieu et à se livrer à la dépravation des mœurs, il est inévitable qu’il voie ses ressources et le fruit même de ses travaux se dissiper.
L’expérience et la pratique montrent que, malgré la durée assez courte de leur travail et le prix assez élevé de leur salaire, la plupart des ouvriers de mœurs corrompues et sans principes religieux mènent une vie gênée et misérable. 
Enlevez aux âmes les sentiments que sème et cultive la sagesse chrétienne ; enlevez-leur la prévoyance, la tempérance, la patience et les autres bonnes habitudes naturelles, vains seront vos plus laborieux efforts pour atteindre la prospérité.
Tel est précisément le motif pour lequel Nous n’avons jamais engagé les catholiques à entrer dans des associations destinées à améliorer le sort du peuple ni à entreprendre des œuvres analogues, sans les avertir en même temps que ces institutions devaient avoir la religion pour inspiratrice, pour compagne et pour appui.
Pape Léon XIII – Encyclique « Graves de communi re » – 1901
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