40 règles pour l’action contrerévolutionnaire (3/5)

stock-footage-office-and-teamwork-concept-group-of-business-people-having-a-meeting-and-showing-thumbs-upRappel : règles 1 à 8 / règles 9 à 16
17 – Faites souscrire
Autre forme non seulement précieuse mais indispensable de l’action individuelle : la collecte des fonds nécessaires (abonnements, souscriptions, dons, etc.).
Certes, il est toujours désagréable de faire des appels d’argent. Raison de plus pour que nos amis s’évertuent.
Combien se sont entendu dire : « je suis avec vous et professe les mêmes idées. Je regrette de ne pouvoir me joindre à vous mais je n’ais pas une minute… ».
Faites donc comprendre à ce « monsieur-extrêmement-pris » et qui regrette de ne pouvoir participer à l’action, qu’en souscrivant, qu’en s’abonnant, qu’en donnant, non seulement il y participe mais qu’il l’aide puissamment. Sans exercer une pression indiscrète, il est toujours bon que tous soient au courant des besoins de l’action et qu’on sache qu’une façon très sûre d’y subvenir est de ne pas la laisser sans ressources financières.
18 – L’animation
Normalement – car il est des circonstances où un militant très rayonnant est condamné à rester solitaire (celui par exemple qui voyage beaucoup) – normalement, l’animation de petits groupes, cercles ou cellules est le fruit naturel de l’action individuelle, entretenue régulièrement.
Nous disons bien : action individuelle car, malgré l’existence de groupes, cercles ou cellules, ces derniers n’en dépendent pas moins d’une animation purement individuelle. Rien d’organique au sens institutionnel du mot. Que la pression amicale du responsable fléchisse ou disparaisse, lesdits groupes, cercles ou cellules s’étiolent ou meurent. Parce qu’ils ne dépendent réellement que du zèle d’un seul.
D’où le classement que nous en faisons au premier degré ; réservant pour le second degré de l’action l’étude des groupes, mouvements ou organismes ayant une existence plus institutionnelle, une assise plus collective. Moins dépendante, en un mot, de l’impulsion d’un simple individu.
 19 – Efficacité des groupes, cercles, cellules
Le bienfait de ces groupes, cercles, cellules du premier degré est qu’ils ne dispensent pas de l’effort personnel, de la réflexion solitaire, tout en offrant l’avantage d’écarter les périls de l’isolement. Ils sont enfin les éléments indispensables, les antennes rêvées d’une action vraiment « capillaire ». La doctrine y est assimilée d’une façon vivante, au cours de discussions familières. Ce qui aurait échappé à celui-ci se trouve mis en lumière par celui-là.
On y prend l’habitude de parler avec une relative aisance de la doctrine appliquée aux questions sociales et politiques. On y prend conscience de l’intérêt qu’elles peuvent susciter. L’initiative personnelle peut y garder sa liberté tout en bénéficiant des avantages d’un travail où l’on se sent moins seul, où l’on se sent plus fort. Le découragement y est moins brutal.
20 – La cellule, pépinière de futurs chefs
On ne doit jamais perdre de vue que le travail en cellule est le fondement, la grande réserve, la formule du plus sûr rendement.
Bien se dire qu’on n’a jamais vu d’état-major remporter victoire sans troupes. Or, c’est un fait que de notre côté les travaux d’état-major sont ordinairement plus prisés que les soins apportés à la formation d’une troupe, pépinière de futurs chefs.
Travail en cellule :
Nous appelons « cellules » la normalisation de relations amicales. Un groupe d’amis se retrouvant, aussi assidûment que possible pour s’enrichir en commun par un approfondissement doctrinal stimulé et orienté par des publications « ad hoc » : tel est le mode d’organisation idéal.
Et qu’on se garde bien de caporaliser, d’enrégimenter, sous prétexte d’unité. Le tout premier besoin est que les idées passent, que le plus grand nombre possible de personnes – et les plus variées aussi – soient atteintes.
Ainsi chacun doit pouvoir susciter d’autres cellules aux quatre coins de France et du monde. Deux cellules de la même ville, de la même rue, peuvent (à la limite) s’ignorer sans inconvénients, et être en relations suivies avec d’autres cellules éloignées de plusieurs centaines de kilomètres. N’est-ce point là un phénomène continuel et très normal des relations amicales, familiales ou professionnelles ?
Autrement dit, chacun peut susciter une cellule ou un cercle aux antipodes et l’animer (par correspondance ! le cas existe) en n’ayant besoin pour toute autorité que de celle de son propre zèle et de sa résolution.
Ainsi pourrons-nous voir le développement de réseaux qui auront toute la force et la souplesse de la vie.
images21 – Règles simples
On peut dire que l’essentiel tient en quelques règles simples :
– Stimuler les passifs par des questions directes.
– Empêcher les bavards ou les « savants » de gêner toute autre participation que la leur.
– Contrôler la répercussion des théories avancées ou des situations évoquées sur la sensibilité du groupe.
– Empêcher que cette sensibilité s’attache plus à l’accessoire qu’à l’essentiel.
– Contrôler la compréhension de chacun et sa participation.
– Veiller à la persévérance et à la continuité du travail.
22 – Tenir
Tels membres qui disparaissent ne doivent pas être portés nécessairement comme ayant « lâché ». Ils peuvent avoir pris du champ, être allés digérer une proposition difficile. On sera surpris de les voir reparaître, définitivement acquis, après un certain temps.
Si le travail est sérieux, la doctrine sûre, on ne peut douter du résultat. La vérité chemine insensiblement. Elle tenaille l’esprit, même rebelle. Elle prépare les cœurs. En conséquence : ne jamais manquer de revenir auprès de telles personnes rebutées lors des premiers contacts. La persévérance de ces démarches est un facteur important de la propagation des idées.
Ne pas oublier que le succès attire. Beaucoup ne viendront pas au début, sans objection sérieuse. Tenez six mois, un an. Vous les verrez rejoindre pour cette seule raison : vous avez tenu.
23 – Périodicité des rencontres
Le plus souvent possible. La difficulté réside dans la juste détermination de ce dernier mot, l’excès pouvant briser le groupe auquel on demande trop.
Certes, il importe que les membres de la « cellule » se réunissent, se rencontrent régulièrement et assez fréquemment. Se garder de croire, pourtant, qu’il n’y a cellule qu’aux heures de ces réunions ou de ces rencontres. La cellule est essentiellement un noyau d’hommes qui se veulent agissants et rayonnants. Et ce n’est pas forcément au cours de leurs rencontres qu’ils le seront le plus… Leur réunion n’a pour but que de perfectionner leur formation, de renforcer leur union, de favoriser leur concertation, etc.
Cela dit, l’expérience prouve qu’une bonne fréquence est celle de la rencontre hebdomadaire. Les réunions bimensuelles sont un minimum. Au-delà, le travail n’est plus sérieux. A la moindre absence le trou à combler est de deux mois : formation nulle. Nous refusons de croire à l’efficacité des cercles qui ne se réunissent pas au moins tous les quinze jours.
24 – Importance numérique de la cellule
Une dizaine maximum. A l’extrême limite : une douzaine. Reste que dans un groupe de cinq à huit le travail est plus facile, plus agréable même que dans un cercle trop important ou étriqué. Pas de règle fixe cependant, la recherche formaliste d’un mieux entraînant souvent des catastrophes.
Jean Ousset – L’action (1968) – Chapitre III : Notes pour l’action individuelle (1er degré)
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