Quand Rome périra…

ISRAEL-PALESTINIAN-VATICAN-POPEQuand cette demeure [c’est-à-dire Rome] périra, il n’y aura plus de demeures. Il restera des casernes, des prisons, des bouges pompeux ; mais plus de foyers, plus de lieu où l’homme possède une couche honorée et puisse abriter un berceau : et bientôt les asiles immondes où se sera réfugiée une humanité avilie s’affaisseront sur elle.
C’est alors que les hommes se disputeront l’abri des rochers et s’entretueront à l’entrée des tanières ; mais les rochers tomberont pour les écraser et les tanières les vomiront dehors ; et ceux qui auront trouvé une sépulture seront vomis du sépulcre.
La terre est la créature de Dieu : elle ne voudra plus abriter cette race qui aura rejeté le Fils de Dieu.
Quoi ! Celui qui a racheté l’humanité au prix de la croix, le Maître de toutes choses sera banni de ce monde qu’il a créé ! Quoi ! pas un coin de terre qui soit à lui, pas une pierre où reposer sa tête ! Ils auront fait cela ; ils lui auront dit : — Va-t’en de notre domaine ! va-t’en dans ton ciel, si tu es Dieu ! […]
Déjà toutes les créatures gémissent du péché de l’homme qui a détruit leur beauté première : elles élèveront la voix vers Dieu unanimement. Elles lui diront : Seigneur, c’est assez ! mettez fin à notre honte. Car nous sommes les oeuvres de vos mains, et nous avons été créées pour vous rendre témoignage, et vous nous avez donné une voix qui publie vos grandeurs, et que l’espèce humaine a entendue longtemps ; mais voici que notre langage n’est plus écouté. […]
Seigneur, pourquoi le pain et le vin sur cette terre, où désormais vous n’avez plus de sacrifices ? Pourquoi l’huile, lorsqu’il n’y a plus d’onctions ? Pourquoi l’encens et la cire, quand les feux du sanctuaire sont éteints !
Pourquoi des fleurs, quand Marie n’a plus de fêtes ? Pourquoi la terre, quand vous n’y habitez plus ? Pourquoi les hommes, quand le ciel ne recueille plus de saints ?
Maintenant que la prière légitime ne traverse plus en chantant les sphères inférieures pour monter jusqu’à vous, toute cette vaste machine du monde, que vous aviez créée si parfaite, n’est plus consolée du désordre qu’y a jeté l’ennemi. Elle souffre et se lamente et crie vers vous. Seigneur, vos créatures sont fatiguées et vous demandent leur repos !
Louis Veuillot – Le parfum de Rome (1851)
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