La prière est le trésor des pauvres

CroixAh ! je le sais maintenant, pourquoi j’ai tant souffert ! Que ne peuvent-ils [les bourgeois] me reprendre ces vains avantages, et rendre à tous mes frères les pauvres ce qu’ils avaient jadis, ce qui leur a été enlevé, ce qu’il me faudra déplorer toute ma vie de n’avoir point eu plus tôt : la connaissance de Dieu, ce pain de chaque jour ; l’amour de Dieu, ce repos de toutes les heures ; la prière enfin, cette espérance de tous les instants, cette inépuisable richesse, ce secours infaillible ! C’est là le trésor du pauvre, c’est là l’égalité, c’est là l’ordre, la fortune, la joie !
C’est là tout ce qu’il faut, et tout ce que votre Charte (que je ne méprise point d’ailleurs) ne donnera jamais !
Si, grâce à une éducation chrétienne, véritable apanage que la société doit à tout homme naissant en pays chrétien, il y avait eu pour moi un seul souvenir d’innocence, de candeur et de foi dans le son des cloches du dimanche ! combien je vous en serais plus reconnaissant, ô bourgeois ! que de la place que vous m’avez prétendu faire, et que vous ne faites en réalité qu’à ceux qui sauraient bien se la faire sans vous !
Louis Veuillot – Rome et Lorette (1841)
Publicités
Cet article a été publié dans Doctrine, Economie / Social, Louis Veuillot, Méditations. Ajoutez ce permalien à vos favoris.