Si seulement Luther avait été brûlé vif !

Luther_as_the_Devil's_Bagpipes,_1535Pour moi, je le dirai franchement et nettement, même avant d’expliquer toute ma pensée : si quelque chose me semble à regretter dans tout cela, c’est qu’on n’ait pas brûlé Jean Huss plus tôt, et que Luther n’ait pas été brûlé comme lui ; c’est qu’il ne se soit pas trouvé en Europe, au commencement de la réformation, un prince assez pieux et assez politique pour mouvoir une croisade contre les pays qu’elle avait infectés.
L’hérésie de Jean Huss fit périr plus de trois cent mille hommes, celle de Luther en a fait périr des millions, et il n’est pas encore temps de clore la liste des victimes : ces millions d’hommes sont morts sans aucune espèce de profit pour le genre humain ; ils ont légué des haines, des troubles, des sophismes, plus d’éléments de crime et de dissolution qu’il n’en faudrait pour faire périr un monde, si la miséricorde de Dieu ne veillait pas sur nous.
Quelque précieux que fussent les jours des hérétiques, ils ne valaient pas ce qu’ils ont coûté.
Louis Veuillot – Pèlerinages de Suisse (1838)
Publicités
Cet article a été publié dans Louis Veuillot, Protestantisme. Ajoutez ce permalien à vos favoris.