Pourquoi l’Amérique juive déclara-t-elle la guerre à l’Irak ?

20070109.WWW000000275_1774_1Le régime de Saddam Hussein était le dernier à incarner le rêve nationaliste arabe, qui fut porté en son temps par Nasser. Or, le nationalisme arabe, qui vise à l’unité des Arabes dans une seule nation, de l’Atlantique au Golfe, est incompatible avec la survie d’Israël. Israël ne pouvait donc admettre l’existence d’une sorte de Prusse arabe, capable un jour d’unifier au moins les Arabes du Mashrek.
Saddam Hussein finançait les groupes palestiniens radicaux ; il rêvait d’offrir la puissance nucléaire aux Arabes (non en 2003, car il n’en avait plus les moyens depuis la guerre du Golfe, mais en 1990). Il représentait donc un danger pour la suprématie qu’Israël s’était employé à obtenir au fil de trois guerres successives contre les Arabes, en 1948-1949, en 1967 (avec la guerre dite « des Six Jours ») et en 1973.
Pour les Israéliens, l’établissement d’une paix durable ne saurait être envisagé sans un bouleversement profond de la carte.
Fins connaisseurs du Moyen-Orient, ils savaient que l’effondrement du régime baasiste signifierait du même coup celui de l’identité nationale irakienne et la résurgence des logiques communautaires, ethniques et religieuses.
Or, seul un Moyen-Orient formé de petits États ethniques (Kurdes) ou communautaires (Arabes sunnites, Arabes chiites, alaouites de Syrie, maronites et druzes du Liban…) pourrait sortir Israël de l’isolement et lui offrir des alliés potentiels (maronites et druzes du Liban), ou lui permettre d’instrumentaliser les oppositions séculaires (chiites et sunnites).
Aymeric Chauprade – Chroniques du choc des civilisations (2013)
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