Pierre Teilhard de Chardin, le plus grand hérétique du XXè siècle

TeilhardLe relativisme moral et l’utilitarisme sont les philosophies dominantes de l’Occident moderne. La plupart de nos dilemmes politiques publics sont directement ou indirectement liés à l’acceptation généralisée de ces constructions post-Lumières. Une partie du blâme pour notre situation actuelle peut être jeté aux pieds du père Pierre Teilhard de Chardin, un prêtre jésuite qui a tenté d’imposer une « nouvelle religion » en combinant l’évolution darwinienne avec sa vision peu orthodoxe du théisme.
Comme Wolfgang Smith l’a écrit, Teilhard de Chardin eut pour but de démarrer une nouvelle religion. [1] Il l’a dit très clairement à plusieurs reprises. Dans une lettre à Léontine Zanta il écrit :
« Comme vous le savez déjà, ce qui domine mon intérêt et mes préoccupations est l’effort pour établir et répandre autour de moi une nouvelle religion (vous pouvez appeler cela un christianisme amélioré) dans laquelle le Dieu personnel cesse d’être le grand propriétaire néolithique d’autrefois, afin de devenir l’âme du monde ; notre scène culturelle et religieuse appelle à ce changement.» [2]
Dietrich von Hildebrand et Wolfgang Smith considèrent qu’une grande partie de l’hétérodoxie de Vatican 2 consiste en la circulation des conceptions scientifiques teilhardiennnes. [3] (en particulier en ce qui concerne l’évolution biologique) et par dérivation, des vues de Teilhard sur la religion.
Teilhard semble avoir rendu le transformisme [4] de l’évolution biologique acceptable pour certains théologiens catholiques qui souhaitaient embrasser ce qu’ils percevaient comme la science moderne de l’évolution. Traditionnellement, toute la notion avait été jugée hérétique, notamment ce qui concernait l’évolution biologique des êtres humains. Grâce à sa nouvelle religion, Teilhard a donné une patine de légitimité à l’ensemble du concept de l’évolution en théorisant l’existence du «point Oméga», qu’il finit par identifier avec Jésus-Christ.
Il semble que de nombreux théologiens catholiques furent dupés faute de différencier la réalité de la science biologique de la philosophie naturaliste qui prévaut (naturalisme métaphysique) qui à la suite des affirmations d’éminents biologistes, était pratiquement inséparables. [5] Cela les rendait « mûrs » pour le projet d’introduction de Teilhard de l’évolution dans le Christianisme.
La nouvelle religion de Teilhard était donc en grande partie dans l’esprit de certains des participants du Concile, certains explicitement et d’autres de manière plus implicite. On pourrait dire que cette doctrine était devenue à la mode. Malheureusement, aucune réfutation systématique de la théorie de Teilhard était disponible en 1962 avant le commencement de Vatican II. Le travail de Wolfgang Smith ne sera disponible qu’en 1988.
Dans un sens, quand le Pape Jean XXIII a appelé à un « aggiornamento » (une mise à jour, NdT), que ce soit reconnu à l’époque ou non, non seulement a-t-il ouvert les fenêtres de l’église catholique traditionnelle sur le monde, mais également pour tout ce que Teilhard avait promulgué de la nouvelle religion. C’est à ce dernier qu’incombent les effets désastreux post-Vatican 2 que les chrétiens déplorent. Malheureusement, l’hérésie de la Nouvelle Religion de Teilhard a été adoptée en partie ou en totalité par plusieurs générations de catholiques post-conciliaires étant donné que les notions erronées de Teilhard n’ont jamais été formellement désavouées. [6]
Le teilhardisme a effectivement sapé le principe de Création du catholicisme orthodoxe, la Chute et avec elle le concept de péché originel, la mort expiatoire de Christ sur la Croix et ainsi tout le principe du Salut / de rachat qui se fonde sur la crucifixion du Christ et sa résurrection corporelle littérale. On peut y voir l’effet du teilhardisme sur le principe de Création dans le Catéchisme de l’Église catholique de 1993 par exemple. Ce qui subsite après Teilhard ne comporte pratiquement aucune ressemblance avec le christianisme orthodoxe ; au mieux, il a créé une sorte de théisme panthéistique entrecoupé par des éléments hindouistes. [7]
Par ailleurs, il est surprenant que Teilhard n’ait jamais été défroqué étant données ses évidentes assertions hérétiques. L’idée selon laquelle il pourrait continuer à se présenter lui-même comme un prêtre catholique de l’ordre des Jésuites régulier est particulièrement déconcertante. La hiérarchie et les fidèles catholiques sont facilement égarés lorsque les membres de leur clergé restent en service malgré que leur hérésie ou apostasie soit avérée. Bien que le Vatican ait interdit à Teilhard d’enseigner la théologie et de diffuser ses opinions officiellement, il n’a jamais été contraint de les répudier comme hérésies.
Plaque_Teilhard_de_Chardin,_15_rue_Monsieur,_Paris_7Clairement ses écrits établissent que, à tout le moins, Teilhard fut l’hérétique sans doute le plus célèbre du 20e siècle. [8] Étant donné qu’il a essentiellement institué  une nouvelle religion, il était également un apostat de la foi. On se serait logiquement attendu à ce que Teilhard soit excommunié et défroqué pour ses seuls écrits n’ayant jamais paru prêts à se rétracter publiquement.
Il ne semble pas illégitime de se demander si en fonction de l’aveu même de Teilhard, ses vues ont été d’inspiration satanique :
«L’homme marchait dans le désert, suivi de son compagnon, quand la CHOSE fondit sur lui. Puis, soudain, un souffle d’air brûlant passa sur son front, franchi la barrière de ses paupières closes, et pénétra dans son âme. L’homme sentit qu’il cessa d’être simplement lui-même, un ravissement irrésistible s’empara de lui, comme si toute la sève de tous les êtres vivants, circulant à un seul et même moment, dans les limites trop étroites de son cœur, eut puissamment remodelé les fibres affaiblies de son être. Et dans le même temps l’angoisse de certains périls surhumain qui l’opprimaient, un sentiment confus que la force qui l’avait balayé était équivoque, trouble, l’essence combinée de tout mal et de toute bonté. Tu m’as appelé : me voici lassé des abstractions, des atténuations, de la verbosité de la vie sociale, vous vouliez vous opposer à  la Réalité entière et sauvage. Je vous attendais pour être sanctifiés. Et maintenant, je suis établi sur vous pour la vie ou pour la mort … Celui qui m’a vu une fois ne pourra jamais m’oublier: Il doit soit se damner avec moi ou me sauver avec lui-même. O vous qui êtes divin et puissant, quel est votre nom? Parlez. ». [9]
De l’avis de l’auteur, il ne fait aucun doute que le theilardisme soit d’origine satanique – une véritable « religion de l’homme ». Il est clair à partir des écrits de Wolfgang Smith en 1988 qu’il partageait cet avis mais a pris grand soin de l’exprimer de la manière la plus respectueuse et oblique possible.
Pourtant, en ces temps troublés, il apparaît qu’une certaine franchise devienne nécessaire fut elle presque grossière.
Une quantité importante de la confusion théologique d’aujourd’hui dans les milieux catholiques, y compris l’adoption généralisée du relativisme moral et l’utilitarisme dans l’Occident développé est sans doute due à l’enseignement de Teilhard de Chardin. [10]
À cet égard, il est heureux que Wolfgang Smith produise une réfutation systématique du teilhardisme sur des principes scientifiques ainsi que des motifs théologiques. [11] Il a démontré que la théorie de Teilhard repose sur de la science-fiction et n’a rien à voir avec la réalité ni ne reflète la compréhension scientifique du XXème et XXIème siècle. [12]
Les développements théologiques résultant de ces affirmations erronées sont tout aussi logiquement illégitimes. L’adage biblique que « vous les reconnaîtrez à leurs fruits » (Mt 7,16) est également applicable ici aussi. Seuls des « mauvais fruits » seront récoltés à partir de l’acceptation des idées de Teilhard, que ce soit d’un point de vue religieux ou strictement laïque.
Ainsi le teilhardisme se voit répudié face à l’histoire et le Christianisme traditionnel (orthodoxe) reste intact malgré les tentatives de l’homme pour le détruire. Les Chrétiens souhaitant se réclamer de l’orthodoxie devraient purger les enseignements de Teilhard de Chardin de leurs croyances. Cela est particulièrement vrai pour les catholiques romains. Teilhard était pour eux un loup dans la nuit, un cheval de Troie envoyé pour leur voler leur salut.
Source

NOTES :
[1] Wolfgang Smith. Teilhardism and the New Religion: A Thorough Analysis of the Teachings of Pierre Teilhard de Chardin. (Rockford, Ill., Tan Books and Publisher’s Inc., 1988), pp. 209-210. .
[2] Lettres à Léontine Zanta (Paris: Desclée de Brouwer, 1965), p. 127; cité par von Hildebrand-Trojan Horse in the City of God (Chicago: Franciscan Herald Press, 1967), p. 239.
[3] Qui était empétré dans les conceptions baconiennes de la science et acceptait entièrement le bifurcationnisme de Descartes
[4] On parle aussi de « Macro-évolution », dans lequel les grands plans d’organisation des animaux se seraient développés lentement et progressivement au cours d’ères totalement différentes, par exemple, les amphibiens et poissons, les oiseaux et les reptiles, etc…, dans la biologie évolutionniste c’est ce qu’on appelle « origine commune » avec modification. Il n’existe aucune preuve convaincante que cela s’est produit au-dessus du niveau du genre ou de l’espèce si froidement envisagé. Rappelons aussi que le Père Stanley Jaki a fait valoir que « origines » des questions par leur nature même, ne sont pas scientifique, mais philosophique au sens que la question de ce qu’on appelle macro-évolution est non-scientifique dès le départ depuis l’origine et le développement de la vie terrestre est scientifiquement irremplaçable.
[5] Ils ont également omis de suivre les implications théologiques de teilhardisme à leur conclusion logique(s).
[6] En outre, de nombreux documents conciliaires et post-conciliaires sont extrêmement difficiles à comprendre en ce sens qu’elles semblent représenter un amalgame disparate de vues-compromis. La clarté verbale qui était traditionnellement associée aux documents conciliaires dogmatiques manque clairement.
[7] Comme Wolfgang Smith l’a démontré, il n’existe aucune preuve de la science physique moderne que le « Point Oméga » existe dans la réalité. Il s’agit d’une fabrication complète. Teilhard n’a que faire de Dieu le Père ou le Saint-Esprit pour cette question.
[8] Toutes les conditions suivantes sont techniquement précises : Roman Imposter catholique, Extraordinaire Heretic, Subverter de la Foi.
[9] Pierre Teilhard de Chardin. Le coeur de la matière. (Traduction en anglais par William Collins Sons & Co. Ltd, et Harcourt Brace Jovanovich, Inc., 1978), pp 61 et 68, décrivant une « expérience mystique » personnelle en 1918 par lequel il avait récemment adopté. La « chose » que Teilhard placé en lettres capitales présente une ressemblance frappante avec quelque chose d’origine démoniaque bien qu’il l’appelle divin et puissant !
[10] Évidemment, beaucoup d’autres ont contribué notamment Jeremy Bentham, John Stuart Mill et leurs disciples.
[11] Teilhard a présenté à plusieurs reprises et de manière cohérente sa théorie scientifiquement vérifiable qui est manifestement absurde que Wolfgang Smith a bien décrit dans son livre.
[12] Teilhard suppose que Macroevolution (transformisme) est un fait établi sur la base du manque de preuves existant à l’époque. Alors que Microévolution est un fait (au niveau des espèces et éventuellement genre), «macroevolution » même en 2008 l’est pas. Il s’agit d’une inférence inductive (a posteriori) et un pas très bien reliée à la terre à celle basée sur toutes les preuves à la fois pour et contre qui existe actuellement (y compris le Cambrien soi-disant «explosion» ou biologique « Big Bang »). Rappelons également que la découverte de l’ADN a été faite après que Teilhard a développé sa théorie.
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