De l’importance du devoir conjugal

russia10124 Le conjoint qui, sans raison valable, refuserait à l’autre l’acte conjugal commettrait-il une faute grave ?
Oui, celui qui, sans raison valable, refuse l’acte conjugal à son conjoint qui le sollicité sérieusement, commet un péché grave contre la justice, auquel s’ajoute souvent un péché grave contre la charité.
Péché grave contre la justice, puisque ce refus va contre l’essentiel du mariage.
L’Apôtre saint-Paul est formel sur ce point : « Qu’à l’égard de sa femme le mari remplisse son devoir, et que la femme agisse de même envers son mari. La femme ne peut disposer de son propre corps : il appartient à son mari. De même, le mari ne peut disposer de son propre corps : il appartient à sa femme. Ne vous soustrayez pas l’un à l’autre. » (1 Co 6-20)
Péché grave contre la charité. En effet, la meilleure preuve d’amour, la principale charité consiste pour chaque époux à faire tout ce qu’il peut pour éviter que l’autre ne tombe dans quelque péché. Or, très souvent, celui qui se refuse met l’autre en danger prochain de péché solitaire ou d’adultère, et c’est déjà un péché grave contre la charité que d’exposer quelqu’un sans raison adéquate, au risque d’une faute mortelle.
De plus, si le conjoint, frustré de son droit, tombe dans l’impureté, il conserve, bien sûr, toute sa responsabilité, mais l’autre, qui a commis l’injustice de se refuser est, lui aussi, responsable de cette faute dont il aura à rendre compte et qu’il devra confesser.
Donc, péché grave contre la justice, péché grave contre la charité et grave responsabilité dans le péché impur commis par le conjoint lésé, voilà de quoi se rend coupable celui qui, sans raison valable, refuse à son conjoint l’acte conjugal.
Femme catho123 Dans quel cas un conjoint peut-il se refuser à l’autre pour l’acte conjugal ?
En plus des cas prévus par la Question 122 (onanisme), où l’acte conjugal doit être refusé, il y en a d’autres où, sans être obligatoire, le refus est simplement permis.
Ainsi :
  1. Chaque fois que l’un ou l’autre a l’excuse d’un motif de santé sérieux, il peut se refuser à cet acte sans pécher.
  2. L’épouse peut également se refuser sans pécher :
    a) chaque fois que le mari, paresseux ou égoïste, ne prend pas raisonnablement sa part des charges de famille ;
    b) pendant ses règles ;
    c) vers la fin de sa grossesse, si elle craint pour l’enfant qu’elle porte ;
    d) durant les deux ou trois semaines que suivent les couches.
  3. L’un des époux peut sans pécher se refuser à l’autre qui s’est rendu coupable du péché d’adultère. Mais dès que l’innocent a pardonné sa faute au coupable, il ne peut plus lui refuser l’acte conjugal.
Enfin, on peut aussi, sans pécher, refuser l’acte conjugal si la demande est répétée trop souvent en un laps de temps assez restreint ; ou si l’autre, par ivresse ou autrement, a perdu l’usage de la raison.
Remarque importante :
L’acte conjugal est appelé par saint-Paul, devoir. Devoir si grand, écrit saint François de Sales, que l’apôtre ne veut pas qu’un des époux s’en puisse exempter sans le libre et plein consentement de l’autre, non pas même pour les exercices de la dévotion.
Refuser les relations sous prétexte de dévotion prouverait, au moins, qu’on a une fausse idée de cet acte qui, voulu par Dieu, est saint. Deux êtres ne peuvent s’unir entre eux selon Dieu, disait Mgr Gay, sans s’unir davantage à Dieu.
Abbé Barbara – Catéchèse catholique du mariage (1963)
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