Il nous faut revêtir le vêtement de noce

bapteme-du-christ-giottoQuel est le vêtement de noce dont parle l’Évangile ? Très certainement cette robe est une chose que seuls possèdent les bons, ceux qui doivent participer au festin. Seraient-ce les sacrements ? le baptême ? Sans le baptême, personne ne parvient jusqu’à Dieu, mais certains reçoivent le baptême et n’arrivent pas jusqu’à Dieu. Peut-être est-ce l’autel ou ce que l’on reçoit à l’autel ? Mais en recevant le corps du Seigneur certains mangent et boivent leur propre condamnation (1Co 11,29). Qu’est-ce donc ? le jeûne ? Les méchants jeûnent aussi. La fréquentation de l’église ? Les méchants vont à l’église comme les autres.
Qu’est-ce donc que ce vêtement de noce [saint Matthieu 22,1-14] ? L’apôtre Paul nous dit : « Les préceptes n’ont d’autre fin que la charité qui naît d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sans feinte » (1 Tm 1,5).
Le voilà le vêtement de noce. Il ne s’agit pas de n’importe quel amour, car souvent on voit des hommes malhonnêtes en aimer d’autres, mais on ne voit pas chez eux cette charité « qui naît d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sans feinte » : or, c’est cette charité-là qui est le vêtement de noce.
« J’aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, dit l’apôtre Paul, s’il me manque l’amour, je ne suis que de l’airain qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, connaître tous les mystères et toute la science, et avoir la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien » (1 Co 13,1-2). J’aurais beau avoir tout cela, dit-il, sans le Christ « Je ne suis rien » .
Combien de biens sont inutiles, si un seul bien vient à manquer ! Si je n’ai pas l’amour, j’aurais beau distribuer tous mes biens, confesser le nom du Christ jusqu’à verser mon sang (1 Co 13,3), cela ne servirait à rien, puisque je peux agir ainsi par amour de la gloire. « S’il me manque l’amour, cela ne sert à rien. »
Voilà le vêtement de noce. Examinez-vous : si vous l’avez, approchez avec confiance du banquet du Seigneur.
Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord), le plus grand des Pères de L’Eglise et docteur de celle-ci – Sermon 90 ; PL 38, 559s
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