La guerre moderne est d’abord psychologique et subversive

I-Grande-10852-la-guerre-psychologique-et-les-nouveaux-collabos.netCe qui importe ici, à l’occasion de l’histoire de la subversion dans la guerre, c’est de souligner que, jusqu’au cours de la Seconde Guerre mondiale, la subversion a été utilisée comme auxiliaire de la guerre classique, celle qui se déroule et se conclut sur le terrain et par les armes.
Un changement radical semble s’être opéré depuis une vingtaine d’années : une nouvelle conception de la guerre étrangère estompe peu à peu la conception traditionnelle, et dans cette nouvelle forme de guerre, la subversion est devenue l’arme principale.
En effet, la stratégie de la guerre totale d’aujourd’hui exclut le recours à l’intervention étrangère armée : au lieu d’engager des troupes sur les frontières de la nation à conquérir, on suscitera, à l’intérieur de ce État, et par l’action d’agents subversifs entraînés, un processus de pourrissement de l’autorité pendant que de petits groupes de partisans, présentés comme « émanant du peuple même » et constitués « spontanément », engageront un nouveau type de lutte sur place avec l’intention affichée de commencer une « guerre révolutionnaire de libération » et avec, en fait, l’intention d’accélérer le processus de pour­rissement de l’État dans le pays visé, puis de prendre le pouvoir.
La conception classique faisait de la subversion et de la guerre psychologique une machine de guerre parmi les autres pendant le temps des hostilités, et elles s’arrêtaient à leur fin. Les États d’aujourd’hui, coincés par cette dis­tinction archaïque, n’ont pas compris que la guerre psychologique fait éclater la distinction classique entre guerre et paix.
C’est une guerre non-conventionnelle, étrangère aux normes du droit international et des lois connues de la guerre, c’est une guerre totale qui déconcerte les juristes et qui poursuit ses objectifs à l’abri de leur code.
Comme le dit Mégret : « La distinction classique entre la paix et la guerre sera, dès lors, mise en échec par la guerre psychologique (…), affranchie des barrières des temps, des lieux et des conventions, force immatérielle et, de ce fait, insaisissable, susceptible de toutes les incarnations et de toutes les métamorphoses. »
Le but de la guerre reste le même : expansion territoriale et occupation d’un autre pays ou installation, dans ce pays, d’un gouvernement allié ou soumis,… mais les moyens ont changé.
Héritière de von Clausewitz et de Hitler, mise au point par Mao Tsé-toung, la guerre moderne est psychologique d’abord, et le rapport avec les armes classiques est inversé.
Aujourd’hui, c’est le combat sur le terrain (la guérilla) qui est devenu l’auxiliaire de la subversion.
Roger MUCHIELLI – La subversion (1976)
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