Les mystérieuses origines de la secte des Rose-Croix

Andportraits2L’histoire des Rose-Croix est infiniment mystérieuse. Il semble que Jean Valentin Andrea, abbé d’Adelsberg, fut, sans le vouloir ! le fondateur de l’Ordre des Rose-Croix.
Cela commence par un roman que publie, en 1610, Andrea : Fama fraternitatis. Il y racontait l’histoire fabuleuse de Christian Rosencreuz qui aurait découvert un secret enfoui depuis des siècles, pouvant faire le bonheur de l’humanité.
Rosenkreuz fondait alors un collège secret, une loge, dont les membres devaient s’engager à la plus sévère discrétion. Les affiliés pratiquaient la bienfaisance, l’internationalisme et l’avancement de la vraie morale et de la vraie religion. C’est déjà le thème central de la Maçonnerie.
Le livre eut un grand succès, surtout en Angleterre où l’on crut à l’existence réelle des Rose-Croix (Rosen-Kreuz). En 1614, Andrea publia un nouvel ouvrage : La Réformation universelle du monde entier ; en 1616, La noce chimique de Christian Rose-Croix ; en 1617, la Rosa florescens dans lequel il fait l’apologie des Rose-Croix.
Si bien que l’on peut se demander si Andrea a été un simple romancier ou si, sous le voile du roman, il n’a pas diffusé la doctrine occulte. Nous avons vu que le procédé a été employé par d’autres. En tout cas, il faut croire que l’Eglise y pensa, qui ordonna à ce singulier abbé d’Adelsberg de cesser ses publications et de les désavouer.
« Andrea se retire à Strasbourg où il fit imprimer, en 1619 : Turis Babel, judiciorum de fraternitate Rosae Crucis Chaos. Dans cet ouvrage, Andrea proteste contre l’existence de la Société des Rose-Croix qui s’était réellement formée pour mettre sa fiction en pratique, déclare qu’il n’avait écrit qu’une série de romans dans ses œuvres précédentes et qu’il avait choisi le nom de Rose-Croix en s’inspirant du cachet de sa famille : une croix de Saint-André avec une rose entre chaque branche ; il se moquait des gens qui avaient cru à la réalité de son conte, qui avait assez duré, puisqu’il était parvenu à mystifier ses lecteurs.
Andrea a eu beau protester ; on ne voulut pas croire ses affirmations, et des sociétés inspirées de ses ouvrages se formèrent en Allemagne…
La France avait eu aussi sa société des Rose-Croix sous Louis XIII. (…)
130202-tablierrosecroix4En Angleterre, Robert Fludd se posa en défenseur de l’ordre des Rose-Croix, en le regardant comme l’antique symbole de la croix teinte de Jésus-Christ (…). Des sociétés de Rose-Croix se formèrent à Londres sous l’influence de Fludd dont elles adoptèrent les doctrines philosophiques. (…)
D’abord militaire, Fludd abandonna bientôt le métier des armes pour les sciences, les lettres, l’alchimie et la théosophie. Après avoir visité l’Allemagne, la France et l’Italie, il revint en Angleterre et se fit recevoir médecin.
Comme celle de Jacob Boehm, sa philosophie est inspirée de Paracelse et de Cornelius Agrippa de Nettesheim ; c’est un mélange des chimères de l’alchimie, des idées kabbalistiques et des traditions néo-platoniciennes et hébraïques recueillies dans les prétendus écrits de Mercure Trismégiste, mêlées aux ambitions et aux rêveries des Rose-Croix. (…) » (Gustave Bord – la franc-maçonnerie en France)
Jacques Ploncard d’Assac – Le secret des Francs-maçons (1979)
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